Publié dans Politique

Madagascar en deuil - Le Père de la démocratie tire sa révérence

Publié le vendredi, 13 octobre 2017

L’ancien président, Zafy Albert a tiré sa révérence à l’âge de 90 ans, hier vers midi. Malgré son évacuation à l’île de La Réunion avant – hier où il devait pourtant subir une opération chirurgicale, le Professeur a fini par succomber à sa maladie.

Une grande perte pour le monde politique malagasy. L’homme au chapeau de paille a tiré son dernier
« pao – tsatroka ».  Le père de la démocratie s’en est allé après avoir lutté contre un Avc qui a obstrué un de ses vaisseaux sanguins cérébraux. Rappelons qu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral (Avc) systémique qui lui a valu une hospitalisation à la Polyclinique d’Ilafy. La maladie s’est par la suite compliquée d’un Avc hémorragique, nécessitant son évacuation à l’hôpital Saint – Pierre, à La Réunion.
Sa dépouille mortelle arrivera au pays cet après – midi à entendre les explications du Premier Ministre Mahafaly Olivier Solonandrasana au cours d’une conférence de presse hier à Mahazoarivo. Le chef du Gouvernement était entouré des proches et membres de la famille du défunt dont son neveu, Serge Zafimahova. Le corps sera par la suite amené à sa résidence sise à la villa La Franchise à Ivandry puis au Palais des sports et de la Culture à Mahamasina pour recevoir les hommages des citoyens, dimanche. Pour organiser les présentations de condoléances, des consignes seront conjointement données par l’Etat et la famille du défunt à titre de mesures préventives en cette saison pesteuse.
Deuil national
Le patron de la Primature a également annoncé que le drapeau Malagasy sera mis en berne à partir de ce jour tandis que le jour d’inhumation sera décrété jour de deuil national. Pour l’instant, la date précise n’est pas encore connue.
« Tous les frais relatifs au rapatriement du corps jusqu’à l’inhumation seront pris en charge par l’Etat », a également déclaré le numéro deux de l’Exécutif. L’organisation d’une cérémonie d’hommage dont un culte œcuménique, prévu normalement lundi prochain, ainsi qu’une remise de médaille honorifique a aussi été annoncée.
Né le 1er mai 1927 à Ambilobe (Antsiranana), Zafy Albert a fait un parcours brillant dans le monde de la médecine. Diplômé de l’Université de Montpellier, il a obtenu une spécialité en chirurgie thoracique mais décrocha aussi des licences de mathématique et de physique. Il fut parmi les pionniers de la chirurgie cardiaque à Madagascar. Dans son parcours politique, il a déjà occupé le poste de ministre de la Santé et des affaires sociales au sein du gouvernement de Gabriel Ramanantsoa. En 1975, il s’est effacé de la scène politique pour exercer la fonction d’enseignant avant de faire un grand retour pendant la manifestation populaire de 1991, la plus grande après celle de 1972.  C’est ainsi qu’il fut nommé premier ministre du gouvernement insurrectionnel. Il fut arrêté le 27 juillet 1991 et placé en détention à Manjakandriana avec feue Bao Andriamanjato pour être libéré 72 heures après. A la suite de la convention du Panorama, il est nommé président de la Haute autorité de l’Etat (Hae) le 21 novembre 1991 puis accèdera à la magistrature suprême du pays en 1993. Il porta alors le titre de Premier président de la 3ème République. Un mandat qui a été écourté en 1996 où il fut empêché par le parlement. Un véritable coup bas politique avalisé par la Haute Cour constitutionnelle. Malgré cette fin peu glorieuse, il fut quand même couronné du titre de Père de la démocratie.  Il laisse derrière lui son épouse, Thérèse Zafimahova, et ses trois enfants  ainsi que ses petits – enfants.
Sandra R.

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Editorial

  • Noyautage indécent
    A la guerre comme à la guerre ! On attaque. On neutralise. Et tous les moyens sont bons. Le pouvoir en place, en position de force, ne lésine pas sur toutes les astuces pour terrasser l'adversaire, l'opposition. La presse, le quatrième pouvoir dit-on, l'une des armes les plus efficaces entre les mains des deux camps, constitue la cible idéale. Le mode opératoire, vieux comme le monde, consiste à étouffer les médias indépendants ou proches du camp d'en face.

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