Publié dans Politique

Veillée funèbre de Albert Zafy - Cri d’un citoyen écœuré

Publié le mardi, 17 octobre 2017

Ce scénario aurait pu être celui d’un court métrage, mais malheureusement, il s’agit de faits authentiques que j’ai vécus samedi dernier, au Palais des sports où les gens se sont rendus pour présenter leurs condoléances à la famille de l’ex-président défunt, Albert Zafy.

Comme tout le monde, je me suis présenté à l’entrée de la grande salle du palais des sports pour rendre  hommage à l’ex-président Albert Zafy, puisque c’est là que sa dépouille a été emmenée pour les présentations de condoléances. Des responsables de la détection de la peste y grouillaient, brandissant les pistolets thermomètres, si l’on peut l’appeler ainsi, qui servent à prendre la température des gens.
A mon passage, une dame m’a visé avec l’instrument dont elle tenait le bout  du canon à environ cinq centimètre de ma tempe. Puis, après quelques secondes, elle l’enleva et consulta l’écran d’affichage de ma température. Elle m’annonça 37°5C. Après une petite hésitation, alors que j’ai déjà fait quelques pas pour entrer, elle me rappela pour me signifier que ma température est suspecte et que je devais me présenter dans la salle de dépistage.
Là, un médecin m’a reçu, et m’a fait savoir que ma température est en dessus de la normale et que de ce fait, je devais passer une enquête. Ce qui fut fait. A toutes ses questions sur les éventuels maux et signes susceptibles de faire partie de ceux de la peste, j’ai répondu par la négative, selon la réalité.
Toux, fièvre, crachats sanguinolents et bien d’autres signes effrayants, le médecin en question me les demandait avec un regard brillant et intéressé, visiblement à l’affût du moindre cas suspect, comme s’il avait un quota à atteindre.
Puis soudain, une de ses collègues s’approcha avec le « pistolet-thermique » à la main. Le médecin qui m’a reçu s’empressa de lui annoncer la « bonne nouvelle d’un cas suspect » qu’est le mien, tout en me précisant qu’à ma température de 37°5C, il fallait ajouter 5°C car parait-il, le petit instrument censé être infaillible, n’a pas été bien étalonné.
A cette suggestion, la dame lui a fait savoir que ce n’était plus le cas car cet inconvénient a été réglé, et que le pistolet affichait la température réelle et précise. Cependant, pour se rassurer, la dame lui proposa de refaire le test. Le premier, elle l’effectua au niveau de ma tempe. Résultats : 36.8°C . Puis elle le refait au niveau de mon cou. 37°C pile ! J’ai observé le médecin qui affichait manifestement un air apparemment dépité, tout en me grommelant de manière à peine audible et inintelligible, pour ne pas reconnaître son erreur : « Il faut quand même nous prévenir au cas où vous sentirez un ou plusieurs de ces signes… ».
Des « invulnérables » de la peste
Mais l’histoire ne s’arrête pas là car, comble de la coïncidence, une équipe de la Primature conduite par le Premier ministre en personne, est entrée dans la salle de dépistage. J’ai saisi l’occasion pour lancer au médecin « Et eux, pourquoi vous ne leur faites pas passer le test ? ». Il m’a répondu : « Ce serait quand même assez difficile… ». Et là, surpris par cette réponse aussi irréfléchie que déplacée, je lui ai dit « Monsieur, que ce soit un balayeur ou une haute personnalité, un humain reste un humain, susceptible d’attraper une maladie, et il faut le tester ».
Par la suite, j’ai appris par ces responsables de la santé même, que toute personne présentant une température plus élevée que la normale lors du test, devait être refoulée, et n’est pas autorisée à entrer dans la grande salle du palais des sports. Et là, j’ai compris la gravité de la sanction qui sera infligée à celui osant annoncer qu’une personnalité de l’Etat - à plus forte raison, si c’était le Premier ministre - a été testé positif. Cela aurait été de l’ « indélicatesse », voire de l’ « offense », passible de « sanctions regrettables », non seulement pour l’agent de la santé concerné, mais également le corps du ministère de la Santé toute entière.
Nandrianina

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