Publié dans Politique

Epidémie de peste - La barre des 100 décès bientôt atteinte

Publié le jeudi, 19 octobre 2017

L’épidémie de peste n’en finit pas à Madagascar. Le nombre de décès des suites de cette maladie bat des records avec 95 morts depuis la fin du mois d’août dernier, selon les chiffres officieux du ministère de la Santé publique hier. Le décompte est insoutenable. L’épidémie a débuté il y a presque deux mois. La propagation de la maladie suit un rythme constant ces derniers temps. A ce rythme, la barre des 100 décès devrait être atteinte en cette fin de semaine. Le nombre de cas pourrait alors avoisiner les 1000. Combien de morts et de cas faut-il encore pour que le régime Rajaonarimampianina songe à repenser sa politique ? Il s’agit de sauver des vies actuellement.  Telle a été la réaction de bon nombre d’observateurs à l’annonce de l’approche de la barre symbolique. La propagation de la maladie continue de créer la psychose, notamment dans la Capitale où les habitants se sont rués sur les pharmacies pour acheter des masques et les gels désinfectants pour mains.  

Force est pourtant de constater que contrairement à il y a deux semaines où ils étaient sur tous les fronts, les tenants du régime Rajaonarimampianina semblent avoir baissé la garde, englués qu’ils sont dans d’autres problèmes. Le bilan risque de s’alourdir de jour en jour. Dans la Grande île, la question de l’épidémie ne semble pas être la vraie priorité, reléguée au second plan, loin derrière d’autres secteurs jugés prioritaires comme le remplacement du Président du Sénat Honoré Rakotomanana et autres dépenses de prestige sans impact direct sur le quotidien des populations comme ce déplacement à Rome, jugé inutile par bon nombre d’observateurs… Dans ces conditions, il sera toujours difficile de vaincre la peste, étant donné que la lutte contre une épidémie du genre requiert une vigilance de tous les instants.
En outre, les gouvernants semblent ne pas avoir de vision à long terme pour lutter contre l’épidémie.  Il est vrai que les dirigeants actuels excellent dans la prise de mesures de circonstance pour donner  l’illusion de s’occuper des problèmes de fond des populations alors qu’il n’en est rien. C’est donc, avant tout, une question de gouvernance, de vision et d’engagement politique et ensuite de moyens humains et matériels car, là où l’on met la priorité, l’on se donne et l’on trouve les moyens de sa politique.
Dans le cas précis de la peste, l’on peut se demander si les autorités malgaches n’ont pas quelque peu fait preuve de négligence, et s’il y a eu un réel suivi de l’épidémie sur le terrain. Or, tant qu’il y aura un foyer de peste quelque part, la menace de la propagation restera permanente. La dimension socioculturelle rend l’efficacité de la lutte beaucoup plus incertaine étant donné que certaines populations, fortement attachées à leurs valeurs culturelles, ne sauraient s’empêcher certains réflexes comme la manipulation des cadavres,  quand ce n’est pas une dénégation de l’existence même de la maladie qui l’emporte dans les esprits.  Ces populations ne se gêneraient donc pas de cacher des malades à la maison pour s’en occuper à la traditionnelle quand il n’est pas impossible pour elles de déroger aux rites funéraires ancestraux lorsque ces malades viennent à passer de vie à trépas.  Tous ces ingrédients, ajoutés à la pauvreté et à l’ignorance des populations d’une part, à la négligence et au manque de vision des pouvoirs publics d’autre part, font que la lutte  contre la peste est des plus difficiles.  D’où la nécessité d’un renforcement de la campagne de communication et de sensibilisation à l’endroit des populations afin d’éviter une trop grande propagation de la bactérie, et une plus grande implication des pouvoirs publics aux côtés des organismes internationaux et partenaires du pays qui s’affairent sur le terrain pour  porter assistance et réconfort aux populations, non sans difficultés…
Recueillis par  L.A.

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Editorial

  • Futiles doublons
    Madagascar, un archi-pauvre pays, se permet le luxe d’avoir deux ou trois instances administratives pour s’occuper d’un même secteur d’activité. Parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète, la Grande île malmène les maigres possibilités financières entre ses mains. La notion d’austérité échappe totalement à nos pauvres dirigeants. Le peu que l’on dispose doit être géré scrupuleusement et consciencieusement. Trois grands domaines sont principalement touchés par l’ineptie du gaspillage de l’argent public : l’environnement, le tourisme et le transport. Des secteurs d’activités qui nécessitent, chacun pour leur part, une meilleure gestion. Les deux premiers, grands pourvoyeurs de devises, ont besoin d’un ensemble de stratégies bien ficelé. Tandis que le troisième, le transport, exige un traitement particulier. L’environnement, un patrimoine particulièrement riche et endémique qui ne demande qu’être traité de façon méthodique et rationnel, se trouve tiraillé par le ministère de l’Environnement et de la Forêt (Mef), d’une part, et…

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