Publié dans Politique

Ministère de la Santé publique - 788 agents privés de salaire en pleine épidémie de peste

Publié le jeudi, 19 octobre 2017

Une épidémie aussi préoccupante que la peste affecte des agents du ministère de la Santé publique (MinSan). Selon de source sûre, 788 d'entre eux seront privés de salaire à partir de ce mois d'octobre. Les affectés sont répartis dans tout Madagascar et les 22 directions régionales de la Santé publique sont toutes touchées. Des médecins-chefs et des paramédicaux sont même concernés.

La décision vient du ministère des Finances et du Budget qui, après vérification à l'aide d'un logiciel de contrôle financier, a constaté que des agents de santé sont déclarés non répertoriés dans la base de données du MinSan. Une liste avec des identifications complètes, faisant mention des numéros matricules des écartés, est établie à cet effet.
Ceux dont le solde est marqué « à rayer » à partir de ce mois sont classés en trois catégories. La première comprend des fonctionnaires retraités alors que ceux en exercice en constituent la deuxième. Quant à la troisième, les noms des agents qui sont à l'étranger mais qui continuent à percevoir leur salaire à Madagascar y figurent. Ils sont vus comme des déserteurs.
Réquisitionnés
La nouvelle intervient en cette saison où la lutte contre l'épidémie de peste bat son plein. Pourtant, tous les membres du personnel du MinSan sont réquisitionnés depuis que la situation est devenue critique. En effet, le sort des agents qui verront leur salaire mensuel coupé sera des plus accablants dans les zones pesteuses.
Selon un spécialiste de l'administration publique, le cas rapporté au MinSan témoigne de la mauvaise gestion des ressources humaines au sein de ce département ministériel.
« Quelque chose ne colle pas à ce ministère. S'il est des agents dont le solde est à supprimer, la mesure ne doit pas être sélective. Elle doit relever d'un mouvement d'ensemble », indique la source.
Selon des remarques, les agents sérieux qui travaillent bien et dur sont souvent traités comme des pestiférés. Par contre, ceux dont le manque de sérieux est éloquent ou ceux familiers de l'école buissonnière sont gratifiés. Il s'agit donc de traitement injuste que l'on réserve à ceux qui ne le méritent pas.
Sans des solutions rapides, des mouvements de contestation qui menacent de saper le combat contre l'épidémie de peste peuvent se déclencher incessamment. La procédure en vue de rétablir les soldes rayés prend plusieurs mois pour aboutir alors que la peste semble avoir donné un torticolis aux responsables de bon aloi.
Manou Razafy

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