Publié dans Politique

Reprise d’activités d’exploitation d’or à Betsiaka - Un conseiller du ministre pointé du doigt

Publié le dimanche, 12 novembre 2017

A peine sortie, des voix s’élèvent  à Ambilobe et dans la Commune rurale de Betsiaka pour contester  la levée de la note de suspension des activités d’exploitation d’or dans le  « bongon’ny Jaiky » à Ambilo  et précisément l’exploitation  du filon à partir du « vavam- patana » ou l’entrée du gisement immatriculé n°505 qui fait l’objet de litige entre l’équipe d’un dénommé Zara Robert  et celle de Kamisy hely par le ministère auprès de la Présidence chargé des mines et du pétrole (Mpmp). Il s’agit de la note n°160-17/Mpmp/Sg/Dgm dans laquelle ledit  ministère  autorise la démolition de la cloison entre les « fatana » n°844 et 505 afin de permettre à Zara Robert de continuer l’exploitation de ce qui est considéré comme étant son filon à partir de celui-ci, interdit toute activité pouvant perturber l’exploitation en question et recommande l’orientation du  « fatana » n°844 de Kamisy hely vers d’autres filons.

Cette note intervient après que des émissaires du Mpmp dont un membre de cabinet du ministre dénommé J.L  aient mené une enquête sur place il y a quelques mois. Mais de l’avis du camp adverse, celui de Kamisy hely J.L l’enquête ainsi  diligentée a été maquillée par J.L. Celui-ci par exemple, ont indiqué des exploitants miniers d’Ambilo, n’a pas tenu compte du « Dina » sur l’exploitation d’or à Betsiaka lequel est pourtant  homologué par le Tribunal dans sa soi-disant enquête. « Nous avons pensé que ce conseiller du ministre était descendu à Ambilobe pour s’enquérir de la réalité et écouter les 2 parties antagonistes. Mais ce ne fut pas le cas. Il ne faisait que recevoir qui il voulait dans sa chambre d’hôtel.  Il avait déjà une idée précise et ne visait que son propre intérêt. Cela va surement vous surprendre mais sachez que le fatana n° 505 dont il est question ne se trouve même  pas dans le « bongon’ny Jaiky » mais dans le « bongon’ny Mahery Avaratra » et inscrit effectivement au nom de Zara Robert. Vous pouvez le vérifier dans les archives de la Commune rurale de Betsiaka » ont-ils expliqué. Et de continuer « le ministre des Mines a été induit en erreur. Il importe de signaler que le Comité national des mines (Cnm) a mené une enquête approfondie sur le litige en question. Le ministère aurait dû attendre le rapport du Cnm avant de trancher sur cette affaire ». « En fait, nombreux sont les responsables intéressés par le filon de « bongon’ny Jaiky » et parmi eux des responsables de la société Mada Mining, des magistrats, des parlementaires, des anciens élus, des gendarmes, certaines autorités locales et autres qui sont prêts à tout pour se faire de l’argent et qui ont choisi le camp de Zara Robert. C’est la triste vérité » ont-ils ajouté visiblement indignés.

 

Risque d’affrontement

 

En tout cas, dans sa hâte d’annuler la suspension des activités d’exploitation d’or dans le « bongon’ny Jaiky » et d’écarter l’équipe de Kamisy hely, le Mpmp risque de provoquer à nouveau le désordre dans la Commune rurale de Betsiaka. Un risque d’affrontement n’est pas à écarter entre les 2 camps antagonistes alors qu’il est possible de les concilier. C’est d’ailleurs, selon nos sources, ce que le Cnm  compte faire à l’issue de son enquête. Par ailleurs, il y a lieu de savoir que même une société à laquelle la Kraoma a donné un périmètre à Ambilo est contre la note sortie par le Mpmp et l’attribution du fatana n°505 à Zara Robert.

 

Attaqués par leurs  propres partisans

 

Pour couronner le tout, Zara Robert et une certaine dame dénommée Mboty  Geneviève sont attaqués par des membres de leur propre équipe lesquels dans une lettre qu’ils ont envoyée au ministre des Mines le 28 septembre dernier ont dénoncé les magouilles et l’ingratitude  des premiers. « Le fatana n°505 n’appartient pas exclusivement à Zara Robert mais à nous tous. C’est nous qui avons creusé ce tunnel jusqu’à sa profondeur actuelle qui est environ de 80m. Et sur le  plan financier, nous sommes soutenus par Thierry Mananjara dit Thierry Golden. Nous sommes surpris d’apprendre qu’actuellement Zara Robert et Mboty Geneviève se targuent d’être les propriétaires légaux et  légitimes de ce « fatana » et reconnus  par le conseiller du ministre J.L..Rakotomalala Olivier est le véritable propriétaire de ce périmètre mais il a donné procuration à Zara Robert » ont-ils expliqué.  Par ailleurs, ces derniers s’insurgent contre ce qu’ils qualifient d’exploitation de la part de Zara Robert et la dame en question  à leur égard. « Ils nous exploitent. Sachez que nous ne recevons qu’à peine 1/3 des bénéfices. Ils   gardent les 2/3 et ont déclaré qu’une partie est destinée aux autorités afin que ces dernières nous protègent. De quoi ? Nous aimerons bien le savoir » ont-ils indiqué. Dans la foulée, ces propres hommes de Zara Robert ont fait part de l’existence d’un vazaha intéressé par le gisement qu’ils exploitent avec qui travaille ce dernier avant de demander au ministre des Mines de dépêcher un responsable autre que son conseiller J.L. à Ambilobe dans la mesure où ce dernier a failli à la mission qui lui a été assignée. Mais de toute évidence, les revendications  de ces petits exploitants miniers n’ont pas été entendues. A preuve, cette note de service n° 160-17 sortie par le ministère de tutelle le 2 novembre dernier à l’issue de la soi-disant enquête menée par le conseiller technique du ministre. Maintenant que ce dernier est informé de la situation, les observateurs osent espérer qu’il va reconsidérer sa décision. Il n’est jamais trop tard pour bien faire à moins que la cupidité l’emporte.                                          

 A. Lepêcheur

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Editorial

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