Publié dans Politique

Mauvaise gouvernance - Les Evêques dénoncent les mensonges et la démagogie en haut lieu

Publié le vendredi, 17 novembre 2017

 

Une semaine à peine après le discours cinglant de l’Archevêque d’Antananarivo, Monseigneur Odon Razanakolona à l’Université Catholique de Madagascar à Ambatoroka, la conférence des Evêques de Madagascar vient de lancer une nouvelle offensive à travers un message destiné à tous les malagasy, et qui date de jeudi dernier. 

 

Une politique basée sur le mensonge et de la démagogie, c’est ainsi que les Evêques catholiques résument la réalité dans le pays en ce moment.  « Le recherche permanente de richesses et la corruption de haut niveau règnent. L’argent et le pouvoir sont devenus maîtres. Ce ne sont plus la connaissance et la sagesse qui sont utilisées pour  le développement du pays », reprochent les Evêques. La question foncière qui échappe complètement au contrôle de l’Etat est particulièrement soulevée car, selon eux, les terrains ancestraux ont été vendus aux étrangers. Une situation qui crée des tensions voire des confrontations au sein des familles. En effet, les litiges fonciers figurent parmi les problèmes sociaux qui tiennent à cœur l’Eglise catholique.

Faut – il rappeler que l’Ekar, à travers la branche « Justice et Paix », a été parmi les premiers à dénoncer l’occupation d’une société d’exploitation minière chinoise à Soamahamanina. Beaucoup de riverains avaient protesté face à l’accaparement de leurs terrains dans ce sens. Après l’affaire Soamahamanina, d’autres situations similaires ont également été constatées dans plusieurs parties de l’île. A cela s’ajoutent les litiges fonciers qui font la une des actualités quotidiennes dans le pays et qui opposent le plus souvent des citoyens démunis à des sociétés ou ressortissants étrangers.

Un exemple à suivre

Concernant les difficultés sociales, les Evêques catholiques soulignent particulièrement la pauvreté, l’insécurité, l’inflation, la corruption. Autant de fléaux qui gangrènent la société malagasy et entretiennent la méfiance entre les citoyens. « La vérité est morte à Madagascar », selon le constat sans appel de la Cem. Sur un tout autre sujet en rapport à l’approche des élections, les Evêques catholiques redoutent déjà le retour en force des mauvaises pratiques politiques. « Les fausses promesses et les antagonismes créés volontairement entre différentes catégories de personnes vont – ils encore marquer les campagnes électorales ? », s’interroge la Cem. Notons que le message de la Cem annonce dans son entête la prochaine béatification de Lucien Botovasoa, un instituteur originaire de Vohipeno. Un martyr qui a mené une vie de chrétien exemplaire. C’est donc par rapport aux qualités de ce futur bienheureux de l’Eglise catholique que les Evêques ont formulé ce message.  « Y aura – t – il encore un malagasy qui osera se lever pour la vérité et pour l’amour de la patrie », s’interrogent les Evêques catholiques.  La Conférence des Evêques a ainsi lancé un vibrant appel à tous les malagasy pour sauver la patrie et suivre l’exemple de ce bienheureux.

Recueillis par Sandra.R

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Trafic de bois de rose - Un colonel et un ex-chef de District déférés devant la Chaîne pénale
  • Ressources minières - Madagascar, premier exportateur mondial de saphir
  • Assaut de la prison d’Ikongo - Condamnation unanime des magistrats et des pénitentiaires
  • Pension de retraite pour les parlementaires - Bottée en touche par l’Exécutif
  • Féculerie de Marovitsika Moramanga - Vive tension autour des terrains agricoles
  • Affaire de Claudine Razaimamonjy - Un ancien responsable des marchés publics en prison
  • Refus d’une décision de justice - 800 personnes prennent d’assaut la prison d’Ikongo
  • Sefafi - « Une période électorale de tous les dangers »
  • Constats sur la Première dame - Des parlementaires défendent leur patronne…
  • Forum de Dakhla - Hajo Andrianainarivelo représente Madagascar

La Une

Editorial

  • L'ingérable
    La Grande île échapperait-elle à tout contrôle ? Les dirigeants, maîtres de ce régime, ne parviendraient-ils pas à maîtriser la gestion des affaires nationales ? Tout porte à croire que le pays est sens dessus dessous ! Une cacophonie d'indiscipline et de cafouillage où tout semble, apparemment, permis.

A bout portant

AutoDiff