Publié dans Politique

Lalatiana Rakotondrazafy - « Des choses illogiques dans les propos du Pm »

Publié le mardi, 21 novembre 2017

Lalatiana Rakotondrazafy, présidente nationale du parti Freedom estime que de nombreux points nécessitent urgemment d’être éclaircis avant de penser aux élections et fustige le double langage du régime Rajaonarimampianina dans la confection des lois électorales. Interview. 

 

La Vérité (+) : Deux ans après sa mue en parti politique, quel est aujourd’hui l’état de santé du Freedom ?

 Lalatiana Rakotondrazafy (=) : Le parti n’a rien à envier à d’autres partis politiques en termes de participation aux débats sur 

les affaires nationales ou encore en termes de mobilisation base. C’est dans ce cadre que le Freedom a effectué un déplacement à Antsirabe en fin de semaine dernière. Depuis la publication de l’arrêté attestant l’existence légale de notre parti, nous nous sommes attelés à mettre en place nos démembrements. Par ailleurs, le parti Freedom a également organisé des débats sur les élections et la révision constitutionnelle.  Actuellement, nous sommes membres dans le comité de vigilance démocratique pour les élections, qui regroupe des partis politiques et des organisations de la société civile. Tout cela pour dire que nous estimons jouer pleinement notre rôle, et surtout notre rôle de parti politique d’opposition. 

 (+) : En tant que parti d’opposition, comment jugez-vous les 4 années de pouvoir de Rajaonarimampianina ?

 (=) : Catastrophique. Il suffit juste de voir les chiffres qui sont extrêmement significatifs. Pour ne citer que l’état de l’ariary, il faut noter que de 2014 à 2017, notre monnaie nationale a concédé plus de 280 par rapport à l’euro. Et pourtant les dirigeants soutiennent sur tous les toits que le pays est stable, qu’un régime élu démocratiquement est en place ou encore que Madagascar a effectué son retour dans le concert des Nations. Qu’est-ce que le régime a fait durant tout ce temps ? La crise politique pouvait justifier les précédentes dépréciations, mais actuellement nous avons des dirigeants élus et pourtant l’ariary n’arrête pas de se déprécier. Par ailleurs, il n’y a pas eu de gros chantiers d’initiés depuis le début du mandat de l’actuel Chef de l’Etat dont les quelques engagements n’ont d’ailleurs pas été tenus. Il n’y a qu’à voir la corruption ou encore de l’impunité totale dans le domaine du trafic de bois de rose dans le pays, sans parler de la bonne gouvernance. En somme il n’y a rien de positif dans le bilan du régime actuel. 

 (+) : N’est-il pas pensable que l’Exécutif puisse renverser la tendance en un an ?

 (=) : C’est impossible. D’une part, ce n’est pas en un an que le régime réussira là où il a échoué durant quatre ans. D’autre part, ces quatre ans ont mis en exergue les limites du Président qui n’a manifestement pas été préparé à prendre le pouvoir. Il fait du pilotage à vue et tâtonne dans la gouvernance du pays. Il n’y a aucune politique claire. 

 (+) : 2018, c’est demain, comment le Freedom prépare-t-il les élections ?

 (=) : Avant de préparer les élections proprement dites, il y a des questions préalables et urgentes qui devraient être réglées. De nombreuses incertitudes persistent et nécessitent d’être débattues. Tous les potentiels candidats ne sont pas sur le même pied d’égalité parce que les dirigeants usent et abusent des prérogatives publiques.  Il y a un brouillard épais autour des lois électorales et les dates des élections. Des points qu’il faudrait éclaircir avant même de songer à la préparation à la course électorale.

 (+) : Justement, le Premier ministre a affirmé que l’élaboration des projets de loi est une prérogative régalienne de l’Exécutif

 (=) : Il est vrai que cela appartient à l’Etat d’élaborer les projets de loi. Cependant, il faut donc se demander pourquoi avoir pris la peine de mettre en place un processus participatif. Il est nécessaire de rappeler que le régime actuel avait mis en place ce processus participatif afin justement que les textes soient consensuels et acceptés par tous. Et c’est justement là tout le paradoxe avec les propos du Pm qui soutient avoir effectué une ouverture. Si les textes ont réellement été élaborés de manière consensuelle, il est surprenant donc que le pouvoir Exécutif rechigne à montrer les avant- projets de texte.  Pourquoi ce manque de transparence ? Qu’est-ce qu’on tente de cacher ? Qu’est- ce qui justifie ce refus de transparence ? Il y a quelque chose d’illogique dans les propos du Pm. Les partis politiques et les organisations de la société civile ne sont pas dupes. Le scénario du controversé code de la communication médiatisé reste vivace dans les esprits.

(+) : Malgré les contestations des journalistes, le régime avait fait le forcing pour l’adoption du très controversé code de la communication.  S’il persiste pour les lois électorales, que fera le Freedom ?

 (=) : Il a été décidé d’un commun accord que le comité de vigilance démocratique pour les élections sera le seul à prendre des dispositions selon la tournure des évènements. En tant que membres de ce comité, nous ne nous pouvons nous exprimer en notre nom personnel. Les actions à mener le cas échéant seront prises de concert avec les membres du comité de vigilance.

Recueillis par L.A.

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Editorial

  • HVM, que reste-t-il ?
    Alors que toutes les formations politiques, du moins celles dignes de leur stature, resserrent les rangs pour affronter la course en vue de la magistrature suprême, le parti du Président démissionnaire Hery Rajaonarimampianina s’effrite. Le parti au pouvoir va en ordre dispersé.  Les démissions se succèdent. Une défection cache une autre ! A ce rythme, le parti présidentiel, une formation politique, sûre de sa puissance, à  l’époque, et qui défiait avec un certain orgueil et d’une fierté, mal placée, les autres serait d’ici peu une carcasse d’ossements, sans âme, ni corps,  l’ombre de lui-même ! Les « départs définitifs » se poursuivent. Et la liste n’est pas exhaustive !

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