Publié dans Politique

Obtention du « Livret professionnel de marin » - Extorsion de fonds au niveau de l'Apmf ?

Publié le mercredi, 06 décembre 2017

L'Agence portuaire, maritime et fluviale de Madagascar (Apmf) est actuellement secouée par un scandale. Récemment, cet organisme a accepté de contribuer à la lutte contre le chômage à travers la délivrance d'un « livret de marin » au profit de ceux qui sont intéressés par une carrière dans la marine. A noter que ledit document, dont la délivrance relève de l'Apmf, est le premier sésame qui peut ouvrir au titulaire une carrière dans la marine.

Selon les prévisions, dans un premier temps, 400 chômeurs auraient été visés par l'opération. Alléchées par la perspective, plusieurs dizaines de personnes issues de toutes les régions de l'île ont manifesté leur intérêt et fait le déplacement dans la Capitale pour remplir les formalités d'usage. A noter en effet que, selon les recommandations d'un haut responsable auprès de l'Apmf, les procédures relatives à ladite opération « livret professionnel de marin » seraient centralisées à Antananarivo, plus précisément à Alarobia où se trouve le siège de l'Agence.
Selon la procédure normale, outre les 200.000 Ariary requis pour la visite médicale, les postulants devaient s'acquitter de la somme de 7.000 Ariary pour le frais d'inscription ainsi que de 28.000 autres Ariary pour l'obtention du fameux livret lorsque toutes les formalités sont accomplies avec succès. En tout et pour tout donc, le candidat devrait normalement débourser 235.000 Ariary pour l'obtention du livret, en sus bien évidemment des frais de transport et d'hébergement pour ceux qui n'habitent pas dans la Capitale.
Une fois en possession de ce document en forme de carnet de poche, les bénéficiaires peuvent suivre une formation dispensée notamment par des établissements privés, lesquels se chargent d'habitude de les placer auprès des navires employeurs.  Les récents titulaires du livret bleu sont d'ailleurs nombreux à être en poste actuellement, ce qui a encore attisé l'intérêt des postulants marins.
D'après les explications de plusieurs sources, au début de l'opération, il y a quelques mois, la délivrance du fameux sésame ne connaissait aucun couac et l'obtention se faisait au bout de trois ou quatre jours. Cependant,  le robinet se serait brutalement refermé.  De nombreux postulants ont vu leur attente s'éterniser jusqu'à plusieurs semaines actuellement pour des raisons inconnues. Pourtant, ces derniers affirment avoir déjà satisfait à toutes les formalités d'usage et payé tous les droits requis.
En guise d'explication, des responsables au niveau de l'Apmf auraient soutenu que cet arrêt était dû à une rupture de stock des livrets.  Néanmoins, selon des informations obtenues auprès de l'imprimerie nationale, deux mille carnets auraient été récemment commandés par l'Apmf, dont 520 déjà livrés pas plus tard qu'au mois de novembre dernier. Ce qui bat en brèche l'alibi de la rupture de stock pour les dossiers actuellement en souffrance.
Chantage et extorsion de fonds
D'après les témoignages de plusieurs postulants frustrés  -  le conditionnel est de rigueur à partir d'ici  -, deux hauts responsables au niveau de l'Apmf retiendraient les livrets en question et demanderaient un à deux millions d'ariary aux candidats marins pour donner suite à leur dossier. Si cela se révèle vrai, cela s'appelle purement et simplement du chantage et de l'extorsion de fonds.
La preuve, soutient-on, des livrets continuent toujours à être délivrés en catimini et certains de ceux qui, dernièrement, ont réussi à obtenir satisfaction avancent qu'ils se seraient bel et bien soumis à ce racket. On se demande d'ailleurs pour quelles raisons les responsables de l'Apmf ont décidé de centraliser la délivrance de ces livrets à Antananarivo alors que cet organisme à des démembrements dans les faritany. Est-ce pour mieux prendre le contrôle de ce présumé extorsion de fonds ?
Rappelons que beaucoup de demandeurs de livrets viennent des provinces et ont effectué le déplacement à Antananarivo spécialement pour l'obtention de ce sésame.  Nombreux parmi ceux qui ont vu leurs dossiers bloqués sont actuellement obligés de rester à Antananarivo faute de moyens.  Plusieurs d'entre eux affirment pourtant avoir vendu leurs biens pour pouvoir venir dans la Capitale et effectuer les démarches pour obtenir le livret, espérant ainsi voir leur avenir s'améliorer par la suite.
Dans tous les cas, certaines des victimes de cette situation seraient actuellement sans un sou et vivent aux crochets de leurs proches ou simples connaissances dans la Capitale. Exaspérés et à bout de nerfs, ces derniers prévoient ainsi de tenir une mobilisation ce jour à Alarobia afin de demander des comptes auprès de l'Apmf. Affaire à suivre de près…
A.R.

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