Publié dans Politique

Refus d’une décision de justice - 800 personnes prennent d’assaut la prison d’Ikongo

Publié le mercredi, 13 décembre 2017

Des scènes irréalistes. Hier dans la journée, une meute d’individus en furie a attaqué la maison centrale de la ville d’Ikongo, dans le Sud-est de Madagascar. Ils réclamaient la tête de détenus accusés de meurtre. Selon les chiffres d’une source locale bien informée, ils étaient aux alentours de 800 personnes.  La décision du parquet du tribunal local de placer des personnes incriminées en détention préventive ne serait pas du goût des assaillants, visiblement décidés à faire justice eux-mêmes, selon les premiers éléments d’information.  La horde d’habitants en colère s’est en tout cas présentée aux portes de la maison centrale de la ville, réclamant qu’on leur livre les dix détenus. La meute d’individus a ainsi pénétré la cour de la maison centrale, faisant du forcing sur les gardiens de la prison.  Alertés, les responsables locaux ont transféré les détenus à la prison de Mananjary mardi soir pour des raisons de sécurité. N’ayant pas obtenu ce qu’ils recherchaient, les habitants ont vu rouge et ont ainsi pris en otage les agents pénitentiaires. D’après certaines informations difficiles à recouper pour l’heure, la main d’un personnel pénitentiaire aurait été coupée durant la prise d’otage. 

 

L’attaque de la prison d’Ikongo a provoqué l’évasion d’environ 160 détenus, selon les chiffres  communiqués par la gendarmerie. En effet, les prisonniers ont saisi leur chance en raison de l’importance de l’attaque.  Indépendance bafouée Dans la foulée, les manifestants ont également littéralement pris d’assaut la caserne de la gendarmerie située non loin de la prison, toujours à la recherche des détenus présumés meurtriers. Aucune casse n’a en revanche été communiquée.  D’après les informations également, les habitants auraient également recherché les magistrats de la ville d’Ikongo. Accusés d’être des corrompus et craignant pour leur vie, ces juges ont réussi à prendre la fuite. Difficile de joindre les autorités judiciaires locales à l’heure où nous mettons sous presse. En tout cas, d’après une source informée, ces magistrats ont été récemment nommés à leurs postes. Et au niveau du corps de la magistrature, ces juges sont connus pour leur intégrité et leur comportement irréprochable. En tout cas, l’indépendance de la justice se retrouve donc de nouveau bafouée par ce refus d’une décision de justice avec cette affaire d’Ikongo. En outre, des sources avancent que des parlementaires auraient incité les assaillants à passer à l’acte. Si cette information s’avérait vérifiée, il s’agirait d’une autre ingérence dans les affaires du pouvoir judiciaire après l’affaire dite de la Rn2. Les immixtions du pouvoir législatif et du pouvoir Exécutif dans les affaires du pouvoir Judiciaire ont été flagrantes. Sauf « pressions » du président du Sénat et du ministère de la Justice, personne ne sait en effet, comment expliquer que des individus qui ont déjà obtenu une liberté provisoire soient de nouveau remis en détention… En parallèle pourtant, l’affaire Rehavana reste sans suite. Le magistrat avait perdu la vie le 9 décembre 2011 des suites des maltraitances physiques qui lui ont été infligées par plusieurs éléments de la police nationale.   Cette affaire d’Ikongo pose de nouveau la questionde l’Etat de droit à Madagascar. Faut-il rappeler que l’indépendance de la justice est un des points réclamés par les partenaires techniques et financiers pour investir dans la Grande île.

Recueillis par  A.R.

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Editorial

  • Quel message !
    100 ans ! S’il était encore resté vivant, parmi les siens, Madiba aurait 100 ans mercredi dernier. En effet, Nelson Rolihlahla Mandela, de son vrai nom, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, dans la province de Cap et mort à l’âge de 95 ans, le 5 décembre 2013 à Johannesburg, Afrique du Sud.Faisant partie d’une rare élite noire dans une République sud-africaine (RSA) ségrégationniste, dirigée d’une main de fer par les Blancs, Nelson Mandela, avocat de son état, s’engagea dès son jeune âge dans la lutte contre toutes formes d’injustice, d’inégalité et de non-respect des droits humains. Il fonçait tout droit dans la bataille, parfois armée, contre la politique de ségrégation raciale appliquée par les tenants du pouvoir.

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