Publié dans Politique

Ressources minières - Madagascar, premier exportateur mondial de saphir

Publié le vendredi, 15 décembre 2017

Un point positif en théorie. Depuis le début  des années 2000, Madagascar et l'Australie se sont alternés comme premier producteur de saphir au monde. Sauf que pour cette fois-ci, Madagascar a pris les devants pour devenir en 2017 le premier producteur et exportateur de saphir  à l'échelle planétaire. En effet, la Grande île assure à elle seule 40 % de la production mondiale de saphir, soit l'équivalent de 10 120 kg de saphir par an.

La Région du Sud-ouest de Madagascar, comprenant notamment Ilakaka et Sakaraha, constitue l'un des plus grands gisements de saphir sur terre. De ce fait, les opérateurs miniers nationaux, mais surtout internationaux, se sont rués vers cette Région afin de s'enrichir des trésors de cette dernière. Les opérateurs internationaux ont misé juste, puisqu'ils ont su tirer profit de leur savoir-faire en matière de « business », tandis que les opérateurs nationaux sont restés, pour la plupart, de simples miniers au service d'une minorité vivant dans l'opulence.  Selon un observateur international, la quantité de saphir provenant de Madagascar devrait rapporter dans les 150 millions de dollars par an. Et l'on sait que de cet argent, les miniers malgaches n'en percevront qu'une infime et dérisoire partie.
Cette triste réalité confirme, une fois de plus, la fameuse expression selon laquelle « les Malagasy sont pauvres mais dorment sur une montagne de richesses ». Il n'est malheureusement plus à rappeler que Madagascar, le même premier exportateur de saphir au niveau mondial, se situe en tête de peloton dans le classement des pays les plus pauvres du monde.
L'extraction du saphir est censée être régie par le Code minier malagasy. En ce sens, les acteurs œuvrant dans ce secteur devraient tous avoir un permis d'exploitation. Mais la réalité sur le terrain est tout autre : la majorité des extractions se font de manière complètement illégale et il en est de même pour les exportations. Ce qui fait que la filière ne rapporte qu'un maigre apport dans la caisse de l'Etat. Et ces problèmes ne seront pas résolus si des mesures radicales ne sont pas prises. Bien sûr, le ministère des Mines a déjà mis en place des stratégies afin de mettre fin au secteur informel, mais les initiatives de cette institution ne semblent pas être efficaces, pour ne pas dire qu'elles ne l'ont jamais été.
Par quelle frontière ?
Si l'on devait utiliser ces 150 millions de dollars, ce montant suffirait largement à couvrir les besoins de la population malagasy. Pour information, l'aide budgétaire que la Banque mondiale a décaissée cette année pour Madagascar s'élève à 367 millions de dollars dont un accord de don de 125 millions de dollars (soit 400 milliards d'ariary) signé très récemment avec le ministère des Finances et du Budget. Rien qu'avec le prix de nos saphirs, la Grande île se priverait de toute aide budgétaire pendant des années.
En outre, l'on ne peut s'empêcher de se demander par quelle frontière cette quantité de saphir a pu sortir du pays. Qui empoche alors les bénéfices et qu'en est-il des autres produits précieux comme l'or ? Durant le premier semestre de l'année 2017, le ministère de tutelle a enregistré 1 200 kg d'or exporté alors qu'une quantité beaucoup plus importante arrive à passer entre les mailles des filets des douaniers. Dernièrement, des sources ont laissé entendre que 50 kg d'or
par semaine sortent de la
carrière de Betsiaka, située dans le Nord de l'île. Un fait consternant qui mérite de plus amples informations de la part de nos dirigeants.
Recueillis par Marinà R.

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Editorial

  • Irrécupérables !
     Pour la énième fois, en début de semaine, les étudiants de l’Université d’Ankatso étaient sortis de leurs gonds. Effectivement, ils s’émancipèrent de leur domaine, l’université, pédagogiquement parlant, pour exprimer publiquement et ouvertement leur vive colère. Il y a eu des échauffourées avec les Forces de l’ordre. En cause, le faux bond du Ministère de tutelle. Rappel des faits, le week-end dernier, à l’issue d’une houleuse réunion entre les représentants, d’une part, du Ministère de l’Enseignement Supérieur (Mesupres) et ceux des étudiants, de l’autre, relative au paiement des bourses, il a été convenu que les responsables du Mesupres afficheront, sans faute, le lundi prochain le calendrier des paiements des bourses. Rendez-vous que les gens du Ministère ont, tout simplement, raté. Et les techniciens du Mesupres se rabattent au cataclysme naturel (Ava) pour se dédouaner.

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