Publié dans Politique

Houcine Arfa - L'évadé de Tsiafahy, à l'abri à Paris !

Publié le mercredi, 03 janvier 2018

« Avec la complicité des membres du personnel ». C'est en ces termes que le Français Houcine Arfa rèvèle une partie infime de son évasion à Madagascar la semaine dernière. Evadé de Tsiafahy ou de la prison d'Antanimora, qu'importe l'endroit, ce présumé « conseiller chargé de la  sécurité » du Président Hery Rajaonarimampianina se la coule douce maintenant en France. L'information recueillie par la presse française est confirmée d'ailleurs par les avocats de l'intéressé. 

Après avoir « faussé » compagnie à ses gardes, Houcine Arfa aurait rejoint l'île Mayotte, via Mahajanga, Nosy-Be ou Morondava, en pirogue avant de d'atterrir dans son pays natal. Une évasion rocambolesque comme l'ont qualifié les journalistes de l'Hexagone mais monnaie courante pourtant d'après les observateurs locaux. Ce monsieur, qui a été incarcéré au mois de juin dernier pour une peine de trois ans, n'est pas le premier étranger à avoir passé la restriction de déplacement obligée par les autorités malagasy. Des locaux sont eux aussi parvenus à passer les mailles du filet de l'Etat souverain de Madagascar. C'est une fois à l'abri que Houcine Arfa délit sa langue en rejetant en bloc les accusations portées contre lui dont entre autres « détention illégale d'armes à feu, tentative de kidnapping, usurpation de fonction et extorsion de fonds ». Excusez du peu. Pour lui, c'est une « mascarade destinée à le faire taire ». Cet évadé a-t-il des mots et des maux à dire qui pourraient gêner le régime ou des proches du sommet de l'Etat ? Cette question taraude l'esprit des uns et des autres. En attendant l'explication officielle, les internautes émettent des doutes et parlent plutôt d'une exfiltration. « Comment se fait-il que l'évadé ait pu rejoindre sans encombre la côte malagasy et quitter l'île sans problème », s'interroge un internaute. Un autre quant à lui s'indigne de l'inertie des autorités. « Entre sa disparition à l'hôpital d'Ampefiloha et son embarquement quelque part dans une pirogue, il y avait certainement un laps de temps suffisant pour alerter les Forces de l'ordre », fait-il remarquer. Un troisième commentateur renchérit que dans une telle situation, il est plus que probable que l'évadé ne s'aventurera pas à prendre l'avion à Ivato ou dans d'autres aéroports. L'unique sortie sûre pour décamper à l'extérieur demeure la voie maritime et non aérienne. Des arguments valables pour les internautes et de tirer l'exfiltration comme conclusion.
Houcine Arfa devient ainsi l'énième étranger à se soustraire des geôles de la Grande île grâce à la complicité d'un vaste réseau. Tout le monde se souvient certainement de la tuerie de Fenoarivo. Alors que les témoins parlent de Mamod Taky, emprisonné actuellement en France, un certain Babar Ali s'est désigné comme l'auteur du crime. Déclaré mort ensuite par un médecin d'un hôpital de la Capitale, celui-ci est pourtant retrouvé par la Police française en France quelques années plus tard…
R. Michel

2 Commentaires

  • Posté par Trice
    jeudi, 04 janvier 2018

    Faut pas nous prendre comme des canards sauvages, après la fameuse EVASAN de Claudine Razaimamonjy ensuite l'évasion de ce détenu de la maison de force de Tsiafahy. Avec ou sans complice de nos dirigeants actuels, le territoire national est une véritable passoire à gros trou!

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  • Posté par Lantosoa
    jeudi, 04 janvier 2018

    Conseiller proche de Hery Rajaonarimampianina et simple formateur de la garde présidentielle s'est évadé d'une prison de haute surveillance!c'est tellement marrant!
    je me demande actuellement ,est ce qu' il n'y a que des personnes comme Claudine, Houcine Arfa qui entourent le président Hery Rajaonarimampianina!

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Editorial

  • HVM, que reste-t-il ?
    Alors que toutes les formations politiques, du moins celles dignes de leur stature, resserrent les rangs pour affronter la course en vue de la magistrature suprême, le parti du Président démissionnaire Hery Rajaonarimampianina s’effrite. Le parti au pouvoir va en ordre dispersé.  Les démissions se succèdent. Une défection cache une autre ! A ce rythme, le parti présidentiel, une formation politique, sûre de sa puissance, à  l’époque, et qui défiait avec un certain orgueil et d’une fierté, mal placée, les autres serait d’ici peu une carcasse d’ossements, sans âme, ni corps,  l’ombre de lui-même ! Les « départs définitifs » se poursuivent. Et la liste n’est pas exhaustive !

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