Publié dans Politique

Conjoncture politique - Le « danger » guette les maires non Hvm

Publié le mercredi, 03 janvier 2018

L’année 2018 sera beaucoup plus embêtante que la précédente pour beaucoup de maires à Madagascar. Ceux qui sont dotés d’une aura électorale mais qui continuent à refuser de basculer dans le camp du parti au pouvoir Hvm seront les cibles privilégiées des « exactions ». Les dirigeants au mandat finissant ont montré de quoi ils sont capables. Au lieu de travailler à rendre effective la décentralisation pour le réel développement du pays, ils ont plutôt œuvré pour handicaper le processus.
Déjà, il est de notoriété publique que le régime Rajaonarimampianina a privé les collectivités territoriales décentralisées de leur droit aux subventions. Les fonds correspondant, bien que stipulés par la loi en vigueur, n’ont été versés que dans les caisses d’un nombre réduit de Communes triées selon des critères fortement entachés de subjectivité.
Poursuites judiciaires
Parallèlement aux affaires brûlantes comme le feuilleton A&C, les équipes des membres de l’Association des maires des grandes villes de Madagascar, présidée par Paul Razanakolona d’Antsirabe, ont été parmi les plus pourchassés. C’était le cas, par exemple, des maires d’Antananarivo, d’Antsirabe, d’Antsiranana, de Toamasina et de Mahajanga, tous élus sous des différentes étiquettes en dehors du cercle Hvm.
Les uns ont fait l’objet de poursuites judiciaires pour cause de malversation financière, alors que les autres ont subi des harcèlements administratifs matérialisés par la multiplication des vérifications commanditées à des fins bassement politiques. Les organes de contrôle financier ont eu du pain sur la planche à leur sujet. Par contre, les maires Hvm de Fianarantsoa et de Toliara, entre autres, ont bénéficié de traitement de faveur.
Plus médiatisés
Les maires non Hvm ont intérêt à bien se comporter, surtout en cette veille de période électorale. Un signe avertisseur était lancé à Moramanga. Dans la soirée du 16 décembre, le maire en exercice de la Capitale bezanozano a obtenu un relax au bénéfice de doute après des heures d’audience auprès du Tribunal de première instance de la ville-carrefour. Il en était de même de l’ancienne maire Tim de Morarano Gare, accusée elle aussi de détournement de deniers publics.
Parmi les maires qui ne sont pas dans les bonnes grâces du régime, il y en a ceux dont les actes sont plus ou moins fondés. Les cas du maire de Toamasina et d’Antsirabe sont parmi les plus médiatisés à ce propos. Pour les autres, c’est la personne même de l’élu qui est très mal appréciée par ses détracteurs et les zélateurs. Pour la ville d’Antananarivo, les attaques acerbes ayant visé le maire pleuvaient à longueur d’année.
Faible envergure
Quoi qu’il en soit, le régime est à l’origine de certaines déviances. Les façons d’agir du régime ont poussé aux vices. La dispute autour de la construction de la bibliothèque dans l’enceinte de l’école publique primaire d’Antanimbarinandriana à Antananarivo en février-mars 2017 est un exemple parfait.
L’Etat a passé outre les règles de l’art et les épisodes fâcheux ne manquent pas dans toute l’île à travers la réalisation des fameux projets présidentiels, visiblement l’arme électorale du futur candidat du Hvm. De par leur faible envergure, ceux-ci supplantent les attributions classiques des collectivités territoriales décentralisées. Ils englobent même la construction des infrastructures de base comme les écoles et les centres de santé.
Fort de ses expériences, bien que déplaisantes pour beaucoup, le régime continuera à se maintenir dans ce sens cette année. Bien des maires Hvm sont découragés en ce moment. Mais ceux qui auront le courage de se mettre en travers du chemin de ce régime en mal de popularité risqueront des raclées bien dosées. Ils seront taxés de saboteurs ou d’éléments nuisibles à éliminer hors de vue.
Manou Razafy

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Editorial

  • L’effet de domino !
    L’interception de Mbola Rajaonah, jugée rocambolesque pour certains, courageuse pour d’autres, déclencha, qu’on le veuille ou non, des ondes de choc dont les fortes vibrations vont secouer d’autres « éléments ». Bien avant, après une petite semaine de leurs installations, les nouveaux responsables mirent aux arrêts une grosse tête de l’ancien régime HVM, Hugues Ratsiferana, pris en flagrant délit de vol et un gros poisson des trafics illicites des richesses naturelles et endémiques du pays, Eddy bois de rose. Ce dernier et Mbola Rajaonah, jusque-là intouchables, mettent en péril la vie des 25 millions de Malagasy. Certes, des « criminels » de leur gabarit existent en quantité dans le pays. Il faut les traquer sans attendre ! Il y a urgence.

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