Publié dans Politique

Reconnaissance pour la gestion de la peste - La grosse blague de l’Oms

Publié le mardi, 09 janvier 2018

Quelques mois près le fameux docteur Honoris causa remis, le Président de la République malagasy Hery Rajaonarimampianina s’est vu décerner un nouveau  titre.  Avant-hier, à l’occasion d’une cérémonie à l’hôtel Carlton, le directeur général de l’Oms, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus avait remis un certificat de reconnaissance au Président malagasy. A la connaissance de ce prix, bon nombre d’observateurs se sont demandé s’il ne s’agissait pas là d’une grosse blague de l’Oms…

« Pour son leadership et son engagement à sauver des vies, lors de la lutte contre l’épidémie de peste ». C’est pour cette raison que le directeur général de l’Oms a remis le certificat au Chef de l’Etat malagasy, félicitant par ailleurs la partie malagasy pour la mise en œuvre d’un plan d’action efficace qui a permis d’endiguer l’épidémie. D’après la Présidence, le Chef d’Etat aurait déclaré pour sa part que c’est une bataille qui a été remportée mais que la guerre doit se poursuivre. Pince sans rire.
Faut-il pourtant rappeler que l’épidémie de peste pulmonaire urbaine a été déclarée officiellement circonscrite en novembre après avoir laissé derrière elle plus de 200 morts. Près de 2400 cas de cette maladie d’un autre temps ont été recensés par le ministère de la Santé publique.  Alors que selon les termes même du Président de la République c’était une épidémie saisonnière donc parfaitement prévisible…
Certes, le régime a initié des opérations pour éliminer la peste mais globalement sa gestion de la maladie est un échec sur toute la ligne, d’où la réaction médusée des observateurs vis-à-vis du certificat remis au Chef de l’Etat…
Rappel des faits. Le courant du mois d’août, des premiers cas de peste ont été détectés et avérés par suite des décès  à Toamasina, Moramanga et à  Antananarivo et ses environs. La presse avait révélé l’information qui a très vite fait écho dans la presse locale et les réseaux sociaux. Le ministre de la Santé publique, apparemment pris au dépourvu, semblait  désemparé et prenait, tardivement, des mesures à la sauvette. Pire, le ministre s’empressait de claironner que l’épidémie est maîtrisée. Une déclaration qui ne cadrait nullement avec l’état de la situation sur  terrain. La maladie s’intensifia et atteignit le niveau 2 d’alerte. L’entraineur de l’équipe de basket des  Seychelles succomba et après quoi, le Gouvernement daignait enfin se mobiliser.
Notons également que le Chef de l’Etat s’était permis de séjourner à l’étranger durant plusieurs jours au plus fort de la crise. Pire, pendant de longs moments, il  s’était muré dans un mutisme assourdissant, ne daignant se montrer sur le terrain qu’après les virulentes interpellations de la presse et de l’opinion.  Un certain nombre d’observateurs de se demander également à l’époque pourquoi le régime n’avait pas viré la subvention prévue pour permettre à la Commune urbaine d’Antananarivo de procéder à l’assainissement de la Capitale. Pendant ce temps le décompte macabre s’était poursuivi atteignant les 200 morts…
A.R.

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Editorial

  • Sale jeu !
    A quel jeu se livre-t-on exactement ? Sur terrain, une équipe hétéroclite dirigée par un « technocrate et n'appartenant à aucune formation politique » du nom de Ntsay Christian joue un match capital. En réalité, il s'agit d'un match où « tout le monde », coach, capitaine, joueurs, supporters et même les spectateurs sur le gradin, n'a pas le droit ni l'intérêt de perdre. A tout prix, l'équipe doit gagner !

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