Publié dans Politique

Investissement en 2018 - Madagascar au fond des abîmes

Publié le mercredi, 10 janvier 2018

Les classements s'enchaînent et se ressemblent pour le régime Rajaonarimampianina. Dans son article intitulé « The best countries for business », le célèbre magazine Forbes a classé  Madagascar à la 121ème place des pays où il faut investir durant l'année en cours, et ce au niveau mondial. Pour ce qui est du classement au sein du continent africain, la Grande île occupe la 21ème place. Ledit classement avance également que les 3 premiers pays au monde où il faut investir sont le Royaume-Unis, la Nouvelle-Zélande et les Pays-Bas. En Afrique, le top 3 est remporté par l'Ile Maurice, l'Afrique du Sud et le Maroc.

Le classement en question consiste à déterminer les meilleurs pays à travers le monde qui offrent un climat propice aux affaires. A cet effet, le magazine Forbes a procédé à l'évaluation de 153 pays, celle basée sur 15 facteurs, pour ne citer que les taxes, la protection des investisseurs, la bureaucratie, etc.
Au rythme actuel, la Grande île risque de s'enfoncer encore plus dans les abîmes de ce classement. En fait, plusieurs facteurs contribuent à plomber le secteur des affaires à Madagascar et le climat des investissements en particulier. Il y a en numéro Un le spectre de
l'instabilité politique qui plane sur le ciel des affaires à Madagascar.
Le brouillard épais qui entoure les élections de cette année ne sera pas de nature à favoriser l'arrivée de nouveaux investisseurs qui craignent une crise pré ou post électoral,  indique un analyste économique. En entretenant le flou autour des élections pour des raisons bassement politiques, le régime contribue à sa propre perte. A Maurice, par exemple, classé numéro Un en Afrique en terme de compétitivité, les textes entourant les élections sont claires et respectées par tous…
Le problème de l'insécurité chronique ne favorise pas également la compétitivité de la Grande île, selon notre interlocuteur. En effet, à Madagascar, le problème de kidnappings sur des opérateurs tend à faire fuir les potentiels investisseurs. Certains opérateurs implantés dans l'île sont même contraints de se délocaliser vers Maurice pour se sentir en sécurité.
Enlevé le 20 décembre 2017, le jeune cadre d'Ucodis John Raza est toujours entre les mains de ses ravisseurs jusqu'à aujourd'hui. La veille de la fête de noël, un jeune malgache de 14 ans seulement a été enlevé. « Trop c'est trop, Madagascar mérite une autre image que celle-ci pour la sécurité de sa population et les kidnappings doivent cesser dès que possible », crie le Collectif français d'origine indienne de Madagascar dans un communiqué. Pour rappel, ce collectif regroupe notamment des opérateurs influents de la Grande île.
Les infrastructures routières, déjà mal entretenues,  qui viennent d'être  ravagées par le cyclone Ava, vont également faire régresser encore plus la Grande île. La fourniture en électricité, le problème de la corruption,  la main-d'œuvre insuffisamment formée, une capacité insuffisante d'innovation et l'inflation contribuent également à ternir le blason des affaires à Madagascar. Des grosses lacunes que le régime Rajaonarimampianina n'a pas réussi à combler en quatre années de pouvoir.
A.R.

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    Richard Yung, sénateur français de « la république en marche », de passage au pays, déclarait à l’issue d’une interview qu’il avait accordée à un quotidien de la place que « la France n’a pas de candidat ». Une déclaration qui laissait évasifs et perplexes les analystes des relations existant entre la France et l’Afrique les cinquante dernières années. Certains même la qualifient de dilatoire. En fait, Mr Yung corrobore ce que le nouveau locataire de l’Elysée, Emmanuel Macron, annonçait devant les étudiants burkinabé à Ouagadougou le 28 novembre 2017 selon lequel « qu’il n’y avait pas de politique africaine de la France ».

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