Publié dans Politique

Hery Rajaonarimampianina - Miser beaucoup sur l’énergie

Publié le dimanche, 14 janvier 2018

Opportunités. L’équipe de la Présidence dans sa toute nouvelle composition a débarqué à Ambohimanambola vendredi pour inaugurer les deux centrales thermiques fonctionnant avec du fuel lourd pour le compte de la société Jovenna, filiale du groupe Axian dont le multimilliardaire Hassanein Hiridjee est le big boss. Moins de 24 heures après sa nomination à la direction du cabinet civil du Président Hery Rajaonarimampianina, Eric Randrasana a fait une apparition publique avec une nouvelle casquette.

 

La veille, il était à Faravohitra aux côtés de Hyacinthe Befeno Todimanana, le président du Conseil d’administration (Pca) de la société d’Etat Jirama, du directeur général de celle-ci Olivier Jaomiary ainsi que de son adjoint Henri Randriamanana. En effet, le Pca, parmi les candidats au poste du Premier ministre sous la transition, et le fraichement nommé directeur de cabinet civil sont tous les deux conseillers à Iavoloha. Ils sont nommés administrateurs de la Jirama au titre de la présidence depuis un an déjà.

 Besoin réel

 Spécialiste du dossier de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) auprès de la Présidence de la République, Eric Randrasana, est directeur général de la Galaxam Logistique Sarl depuis 2002. L’homme d’affaires à la « compétence particulière », selon la presse locale, a pris la place de Harison Randriarimanana à la coordination du cercle des conseillers économiques. Ce dernier a succédé à Rivo Rakotovao, nommé sénateur en novembre, à la tête du ministère auprès de la Présidence chargé de l’Agriculture et de l’Elevage.

« Nous marchons vers le développement des énergies renouvelables et la satisfaction des besoins. Nous avons un potentiel de 7 800 mégawatts de ressources disponibles en matière d’énergie hydroélectrique. Mais nous en exploitons à peine les 5 % aujourd’hui », a déclaré le chef de l’Etat à Ambohimanambola. De fait, le besoin réel du pays est estimé à près de 4 000 mégawatts tandis que la puissance installée avoisine les 700 mégawatts.

 Visite officielle

 La nouvelle politique de l’énergie nécessitant un total d’investissements de 12 milliards de dollars pour la période de 2015-2030 entend combler le gap. Ceci représente alors de grosses opportunités pour les acteurs du domaine parallèlement à la mise en œuvre du projet Pagose financé par la Banque mondiale dans le cadre du redressement de la Jirama et de la transition énergétique à Madagascar. Le mix énergie, ou l’hybride, est privilégié pour atteindre les objectifs. Des partenaires dans les thermiques, polluants mais rentables à court terme, et dans les renouvelables, propres mais à investissements lourds, se sont déjà manifestés. L’horizon de 2020 est le plus important pour eux. La visite officielle du vice-président de la Banque africaine de développement Amadou Hott à Antananarivo en novembre s’est inscrite dans ce sens. Entre temps, des contrats ont été signés alors que plusieurs autres sont en cours de discussion.

 Colonne vertébrale

 Les bailleurs restent prudents avec le régime. Ils hésitent à ouvrir grandes les vannes. Pratiquement aucun gros projet requérant de consistants appuis financiers de l’étranger n’a démarré jusqu’ici excepté les chantiers dont les financements nécessaires ont été obtenus à une autre époque. Les nouveaux financements annoncés ne viendront pas non plus de sitôt dans les assiettes. Parallèlement, on n’a presque plus entendu parler des 10 milliards de dollars, objet de la conférence des bailleurs et des investisseurs à Paris en décembre 2016 alors que la fin du mandat approche. Face au manque flagrant d’appuis extérieurs et du faible enthousiasme des investisseurs internationaux à venir chez nous, le secteur énergétique semble être le seul à pouvoir marcher. L’énergie reste la colonne vertébrale de toutes les activités économiques. Elle bénéficie aujourd’hui d’un intérêt grandissant partout où les exigences des objectifs du développement durable et de l’Accord climatique de Paris en 2015 (devenu une loi en vigueur à Madagascar depuis septembre 2016) alimentent les discours officiels.

 Marquer les esprits

 Par ailleurs, les conseils pratiques du Pr Eugène Mangalaza en matière d’électricité semblent avoir capté l’attention de la haute sphère du pouvoir. Dès 2016, ce membre du Conseil du fampihavanana malagasy a insufflé des idées innovantes dans ce sens. Il a alors soufflé aux oreilles présidentielles la faisabilité d’un programme national d’envergure dénommée « Opération panneau solaire », « Tanàña mazava », « Un toit, une lumière » ou encore « Je ne sais plus rêver dans le noir ».

Selon le philosophe, sa mise en œuvre permettrait à chaque foyer du monde rural d’accéder à la lumière électrique. « Cette opération panneau solaire va certainement marquer les esprits comme ce fut le cas avec l’opération radio transistor du temps de la Première République. Quand elle sera engagée à l’échelle nationale, elle ne manquera pas de marquer les esprits. En tout cas, elle sera politiquement valorisante lors des élections », a-t-il alors indiqué. A voir ses gesticulations, le régime semble s’engager dans cette voie. Pourtant, la fausse promesse quant à la fin du délestage en trois mois à partir de janvier 2014 marque aussi les esprits lucides. Ils croient difficilement que la lumière parvienne aux villages d’ici l’expiration du mandat bien que le régime mise beaucoup sur la promotion de l’énergie. De plus, la promotion des renouvelables ne plaira jamais aux groupes d’intérêt qui ont fait fortune dans l’électricité à Madagascar.

 Manou Razafy

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