Publié dans Politique

Commune urbaine d’Antananarivo - Grosse inquiétude sur le salaire de février

Publié le dimanche, 11 février 2018

Les employés de la Commune urbaine d’Antananarivo (Cua), par le biais de leur syndicat (Smkar), ont des soucis pour leur salaire de février. Pour cause, la Préfecture de police de la Capitale n’a pas encore donné son avis sur le budget-programme 2018 qui lui a été soumis en janvier. Le mois passé, le Conseil municipal a validé ledit budget-programme d’un montant d’un peu plus de 10 milliards d’ariary avec un accent particulier sur le volet social et les infrastructures. Vendredi, le secrétaire général du Smkar, Mamy Rafanomezantsoa, est monté au créneau pour tirer sur la sonnette d’alarme. Il a fait part de ses inquiétudes quant au contrôle de légalité. A la fois officier général de la Gendarmerie et administrateur-civil, le préfet de police Angelo Christian Ravelonarivo semble jouer avec le temps au détriment des activités municipales. Selon l’observation du  leader syndical, le budget municipal était déjà prêt depuis décembre. Mais sa validation était reportée en janvier.

 

Répercussions  probables

L’intervenant a demandé au préfet de dire si le budget peut passer ou non. Les opérations comptables de l’administration municipale sont pendues à sa décision. Les mouvements des caisses (rentrées et sorties) sont bloqués en ce moment. « Nous avons des soucis quant à notre salaire pour le mois courant. Pour le mois écoulé, c’était grâce à l’indulgence de la direction de la comptabilité publique qui a donné une dérogation spéciale que nous avons pu toucher notre paie », a souligné Mamy Rafanomezantsoa. Le syndicaliste a aussi appelé les responsables à délester la validation du budget-programme des charges politiques. Ceci aura des répercussions probables sur la vie d’Antananarivo. « L’impossibilité pour les employés municipaux d’accéder à temps à leur salaire aura un effet domino sur le quotidien des habitants », a-t-il regretté. Il voulait en venir au traitement des dossiers et à l’exécution des diverses tâches au niveau des Arrondissements.

Réseaux des partenaires

En effet, le Président Hery Rajaonarimampianina a assisté à deux événements majeurs en matière de finances locales organisés à Antananarivo l’an passé. Le premier, intitulé « Colloque international sur les finances locales dans les pays d’Afrique francophone subsaharienne », s’est déroulé du 5 au 6 octobre à l’hôtel Carlton, Anosy.

Il s’agissait d’une initiative conjointe du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation (Mid) et celui des 

Finances et du Budget, en partenariat avec la coopération allemande. L’objectif était de poursuivre les engagements de l’Etat pour améliorer les finances des Collectivités territoriales décentralisées (Ctd), tout particulièrement les Communes, de promouvoir la coopération Sud-Sud, ainsi que l’intégration de Madagascar dans les réseaux des partenaires qui soutiennent les initiatives de modernisation des finances locales.

Paroles en l’air

Le Président a alors demandé à chaque Commune de faire preuve d’innovation face à ses spécificités respectives, et cela nécessite une bonne connaissance du terrain. « Ce colloque est une occasion d’échanges sur les expériences pertinentes entre les pays d’Afrique. Mais sachez les adapter car les réalités sont différentes. Il faut adapter à la fois la vision et la gestion », a-t-il indiqué. En concluant son intervention, il a insisté sur la collaboration étroite entre le pouvoir central et les Communes, afin de parvenir ensemble à des résultats palpables au bénéfice de la population de chaque Commune. L’esprit du budget-programme de la Cua s’est effectivement conformé à cette consigne. Mais c’étaient des paroles en l’air, à considérer les discordes tendant à persister entre les dirigeants et les autorités municipales.

Manuel pratique

Le deuxième événement s’est tenu dans la journée de jeudi 12 octobre au même endroit. C’était l’atelier pour l’officialisation du « Manuel pratique de contrôle de légalité des actes des Ctd à l’usage des représentants de l’Etat » pour faire des localités la source d’un véritable processus de développement. Son élaboration et son officialisation se sont inscrites dans le cadre du programme de réformes pour l’efficacité de l’administration.

Il était issu de l’initiative du Mid avec le soutien de l’Union européenne à travers le projet « Ny fankajana ho an’ny daholobe » (Nfd). De fait, l’ambassadeur Antonio Benedito Sanchez était présent lors de la cérémonie. Le Chef de l’Etat a alors déclaré qu’il était logique que les Ctd bénéficient d’un appui à la hauteur de leur mission et de leurs attentes en matière de bonne gouvernance et de développement local.

Mot du Président

« La réalisation de ce manuel pratique est l’aboutissement des efforts du Gouvernement dans ce sens et constitue, d’une part, un outil de travail apportant des précisions nécessaires sur le contrôle des actes des Ctd et, d’autre part, un encadrement visant la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des affaires locales », a-t-il reconnu. Le communiqué officiel a également mentionné que les manuels de procédures sont institutionnalisés, normalisés et sont uniques pour tous les représentants de l’Etat au niveau national. Par la même occasion, le Chef de l’Etat a souligné l’importance de l’éthique et de la déontologie ainsi que de la bonne conduite devant régir les actions et être mises en pratique par les administrateurs civils auxquels le manuel a été notamment destiné. « Il est question de redevabilité, de comportement, de respect des usagers, de diligence, du secret professionnel, de loyauté à l’autorité constituée et de l’obéissance hiérarchique », a-t-il insisté.

Les citoyens attendent donc de voir dans quelle mesure les représentants de l’Etat, dont le préfet de police pour la ville d’Antananarivo, ont tenu compte du mot du Président, qui, en théorie, vaut la loi dans un Etat de droit tant vanté par les autorités. Les difficultés auxquelles sont confrontées les Communes entre les mains des maires non Hvm sont de plus en plus énormes à présent.

Manou Razafy

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