Publié dans Politique

Soutien à Rajaonarimampianina en 2013 - Andry Rajoelina présente ses excuses aux électeurs

Publié le dimanche, 18 février 2018

L’un des moments forts qui aura battu le record de l’applaudimètre, lors de la conférence-débat sur l’ « Initiative pour l’Emergence de Madagascar » ou Iem à l’Arena Alarobia avant-hier, a été sans conteste celui où Andry Rajoelina a présenté ses excuses à la population pour avoir  œuvré pour l’élection de l’actuel Chef de l’Etat à l’occasion de la première présidentielle de cette quatrième République. Un mea culpa qui sera apprécié à sa juste mesure, pas seulement par les partisans de l’ancien Président de la Transition mais aussi par tous ceux qui, pour une raison ou une autre, ont élu Hery Rajaonarimampianina en 2013 et qui s’en mordent les doigts à l’heure actuelle.

Comme une ritournelle, le sujet de la girouette politique a d’ailleurs été abordé  -  à plusieurs reprises et de différentes manières -  aussi bien par le principal orateur que par les différents intervenants à cette occasion. A commencer par la présentatrice de service qui, dès sa première prise de parole, a évoqué les retournements de veste, de chemise, voire de… pantalon, de certains compagnons de route du leader de la révolution Orange. Une métaphore vestimentaire reprise par ce dernier lorsqu’il parle de « changement de cravate » auquel certains se sont livrés pour obtenir un siège ou bénéficier du copinage qui caractérise le régime en place.
A la question de savoir si, en s’abstenant de revêtir la toge de chef de l’opposition, Andry Rajoelina continuerait-il de soutenir son ancien ministre des Finances malgré sa trahison, l’ex-homme fort du pays de concéder qu’il avait certes soutenu l’ « homme » qu’est Hery Rajaonarimampianina mais pas   « son âme et conscience », histoire de dire que ce dernier avait bien caché son jeu et n’avait eu aucun scrupule à retourner le fusil contre lui une fois élu. C’est dans la foulée de cette question qu’on a su d’ailleurs que l’appellation « Hery Vaovao hoan’i Madagasikara » (Hvm) émanait en fait du numéro Un du Mapar.
Et lorsque la chanteuse Fara Johns de changer de métaphore en exprimant sa déception vis-à-vis de celui à qui Andry Rajoelina a remis une certaine clef en 2014, faisant référence à la cérémonie symbolique de passation entre ce dernier et son successeur à la tête du pays, le même Andry Rajoelina de sauter sur l’occasion pour mettre en garde la population contre toute tentation de confier de nouveau la fameuse clef à quelqu’un qui s’est déjà livré à un pillage en règle de la maison dont il avait la garde. Allusion à peine voilée à la candidature  -  non encore officielle mais quasi-certaine  -  de l’actuel locataire d’Iavoloha à sa propre succession.
En parlant de candidature, contre toute attente, celle de l’hôte des lieux n’a pas encore été annoncée formellement lors de cette sortie médiatique qui lui fait office de rentrée politique. Il reste néanmoins que les propos tenus par Andry Rajoelina sur l’avenir proche ou lointain de l’Iem ne laissent aucun doute quant à ses intentions. L’homme  se lancera bel et bien dans la bataille électorale. Et pas n’importe laquelle. Il s’agira d’arracher des mains de Hery Rajaonarimampianina la magistrature suprême du pays qui lui a été malencontreusement confiée.
Hery Mampionona    

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    Richard Yung, sénateur français de « la république en marche », de passage au pays, déclarait à l’issue d’une interview qu’il avait accordée à un quotidien de la place que « la France n’a pas de candidat ». Une déclaration qui laissait évasifs et perplexes les analystes des relations existant entre la France et l’Afrique les cinquante dernières années. Certains même la qualifient de dilatoire. En fait, Mr Yung corrobore ce que le nouveau locataire de l’Elysée, Emmanuel Macron, annonçait devant les étudiants burkinabé à Ouagadougou le 28 novembre 2017 selon lequel « qu’il n’y avait pas de politique africaine de la France ».

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