Publié dans Politique

Vidéo des exactions à Antsakabary - Amnesty International accable les policiers malagasy

Publié le vendredi, 16 mars 2018

Réaction immédiate. Après la publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant les exactions commises contre les habitants d’Antsakabary, Amnesty International s’est de nouveau exprimé sur le sujet. Dans la vidéo, l’on peut voir clairement les policiers attacher les villageois les uns aux autres, puis les humilier en les obligeant à faire des marches à canard puis sur les genoux, entre autres. 

Les mêmes policiers ont également mis le feu au village sans le moindre scrupule. La scène se déroule un après – midi de 22 février 2017. Les policiers agissent alors en représailles au lynchage de leurs deux collègues par une foule en colère dans la même Commune en incendiant 5 villages. Dans une déclaration hier, cette organisation spécialisée dans les droits de l’homme appelle à une enquête sur « les mauvais traitements infligés par des policiers à des villageois », selon ses termes.
 « Le comportement de la Police, tel qu'on peut le voir dans la vidéo, est scandaleux et condamnable. Ces brutalités témoignent du mépris dont fait preuve la Police à Madagascar à l'égard de la vie humaine » déclare Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique australe. Et de poursuivre qu’ il est totalement inacceptable que des policiers malagasy infligent des mauvais traitements et des violences aux citoyens qu'ils ont le devoir de protéger. Rien ne saurait justifier de frapper des personnes avec des bâtons, de les contraindre à se mettre face contre terre ou de les obliger à avancer sur les genoux.
Enquête impartiale
Sur cette lancée, Amnesty International demande à ce que les autorités «  mènent dans les meilleurs délais une enquête impartiale sur le comportement de la Police et traduire en justice les policiers soupçonnés d'être responsables de tels actes, dans le respect des normes internationales. Elles doivent aussi accorder des réparations aux victimes ».
Faut – il rappeler qu’une enquête a démarré au mois de mars 2017 durant laquelle plus d’une vingtaine de suspects dans le lynchage des deux policiers ont été entendus par le Tribunal puis ont bénéficié d’une liberté provisoire. Du côté des policiers,  l’enquête a fini en queue de poisson car jusqu’ici aucun des 40 agents qui ont effectué l’expédition punitive à Antsakabary n’a été inquiété. Depuis cette affaire, la multitude de condamnations et demandes d’enquête n’ont pour autant pas permis l’accélération des enquêtes. Cette nouvelle ampleur de l’affaire à l’international devrait interpeller fortement les autorités malagasy.
Sandra R.

1 Commentaire

  • Posté par Lova3rivieres
    vendredi, 16 mars 2018

    je ne sais pas si je suis le seul à le penser, mais ce genre de comportement abusif provient d'un problème d'éducation. Quoi qu'il en soit, personne n'est au-dessus de la loi!!!! absolument personne!!! Vous savez .... beaucoup de Malgaches fuient litteralement Madagascar.... et je pense sincèrement que ce n'est pas uniquement à cause de la misère....certains fuient car ils savent pertinemment que là-bas à Madagascar, leur droits ne seront jaamis respectés..alors pourquoi rester??? mieux vaut partir dans des pays qui respectent beaucoup mieux les droits humains.... Ici a l'extérieur au moins, on risque moins les bavures et meme s'il y en a, ons ait que le flic qui aura fait cela va se trouver devant les assises de Versailles ou de Montréal! Cette affaire d'antsakabary ne connaitra peut etre jamais la justice...à moins que les étrangers fassent une énorme pression et à moins aussi que cette affaire soit tellement médiatisée qu'elle arriverait jusque sur le bureau de D. Trump ...bref, faut espérer car quiconque use de la violence, est un homme lâche, faible et ...impuissant.

    Rapporter

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Compte rendu à l’Hôtel de Ville - Les députés du Tim et du Mapar rassurent
  • Départ inopiné du pays - Rajaonarimampianina aurait-il « lâché » ses partisans
  • Conjoncture politique - Les épouses de gendarmes supplient leurs maris !
  • Lois électorales et dérives démocratiques - Les députés opposants s'en remettent à la Communauté internationale
  • Hery Rajaonarimampianina - Départ en catimini à l'extérieur ?
  • Menaces contre des députés Tim-Mapar - Plainte de réserve contre le préfet et des gros bras
  • Syndicat des artistes - Halte aux abus des autorités !
  • Privation de discours à Vohipeno - La colère très mal placée de Hery Rajaonarimampianina
  • Déplacements de Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina - Le régime aux abois
  • Manifestations publiques interdites - Les catholiques font de la résistance

Editorial

  • Bataille rangée
    Guerre déclarée. L’escalade de provocations, déclenchée initialement par les maîtres du régime, propulse inexorablement le pays vers la logique de confrontation. Une guerre déclarée dont personne ne sait quel en est la véritable raison. Des troubles inutiles et incompris sciemment fomentés un peu partout.  En face, l’opinion publique, des acteurs pertinents de la société civile, les leaders des formations politiques principalement de l’opposition et même les prélats des Eglises, à l’instar de l’Eglise catholique apostolique romaine (ECAR) ou ceux des Eglises non affiliées au FFKM ne restent pas insensibles. Ils réagissent chacun dans leur propre camp. En fait, ils ne veulent pas rester indifférents et sont déterminés à manifester leur rejet aux dérives dictatoriales, répétées, de ces détenteurs de l’autorité d’Etat. Des tirs croisés, apparemment percutants, atteignent de plein fouet le centre de gravité du pouvoir. Ainsi, le régime doit faire face à une bataille rangée sur plusieurs fronts.Les catholiques, très…

A bout portant

AutoDiff