Publié dans Politique

Crise électorale « L’Etat sera responsable devant l’histoire »

Publié le lundi, 19 mars 2018

Front commun. Dans une déclaration conjointe, les députés du Tiako i Madagasikara et ceux du Miaraka amin’ny prezida Andry Rajoelina, ont pointé du doigt les nombreuses irrégularités et dispositions anticonstitutionnelles dans les projets de loi organiques qui seront soumis pour examen et adoption devant l’Assemblée nationale à partir de ce jour.   Après les travaux de commission, le projet de loi organique portant régime général des élections et des référendums ainsi que le projet de loi organique relative à l’élection du Président de la République seront soumis aux députés à partir de ce jour en séance plénière. Plusieurs amendements ont été apportés. Faute de temps, le projet de loi relative à l’élection des députés à l’Assemblée nationale a été ajourné. 


« Il s’agit d’un recul de la démocratie. Nous regrettons ces lois qui pourraient entrainer des troubles et une crise dans le pays.  Ces lois favorisent les fraudes électorales et les pressions, et excluent des électeurs », indique une déclaration conjointe du Tim et du Mapar lue hier par le député de Soanierana Ivongo Tody Arnaud  au cours d’une conférence presse à Tsimbazaza dans la fin de l’après midi.  Arborant pour cette occasion leur écharpe tricolore rouge vert blanc, les parlementaires du Tim et du Mapar ont dénoncé  le danger que ces projets de loi représentent pour la paix à Madagascar. De ce fait, ces élus ont mis le gouvernement et les députés devant leur responsabilité historique par rapport à la crise qui guette le pays à l’horizon, à cause de ces lois électorales décriées.
« Si la loi est adoptée sans amendements devant l'assemblée nationale, l’Etat qui a élaboré les textes, les députés qui les voteront, seront responsables devant l’histoire des décisions qu’ils ont prises », soutient la déclaration conjointe des députés du Tim et du Mapar. Appelant les députés à ne pas voter le texte anticonstitutionnel et anti démocratique soumis par le Gouvernement, ces élus affirment se laver les mains « si ces lois pouvant entraîner des crises sont adoptées telles quelles».
Mallettes
De nombreuses dispositions des projets de textes qui seront soumis ce jour devant les députés suscitent en effet la controverse et la crainte des observateurs. Les députés du Tim et du Mapar ont dénoncé à titre d’exemple les velléités d’exclusion de candidats, de délai de propagande trop restreint pour le second tour de l’élection du Président de la République, les restrictions imposées aux médias durant la campagne. Les députés qui ont tenu une conférence hier dénoncent également l’ingérence de l’Etat dans les compétences de la Commission électorale nationale indépendante ou encore la réintroduction du bulletin individuel pour le second tour des élections qui constitue un retour en arrière. Ces deux dernières dispositions sont soupçonnées de consacrer la fraude.
La crainte principale des députés du Tim et du Mapar est que les textes passent de nouveaux sans amendements. « Certains de nos amis nous ont informer de l’existence de tractations, de consignes mais surtout des questions de mallettes, d’argents, de sous pour faire passer ces lois sans amendements, donc nous faisons alerte à l’opinion publique pour qu’ils sachent ce qui se passe à l’Assemblée nationale. Le peuple malgache ne mérite pas ça »,  a affirmé Maître Hanitra Razafimanantsoa du Tim qui appelle néanmoins ces collègues députés à voter « en toute âme et conscience et non en fonction de certains intérêts particuliers ».
La Rédaction

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Editorial

  • Bataille rangée
    Guerre déclarée. L’escalade de provocations, déclenchée initialement par les maîtres du régime, propulse inexorablement le pays vers la logique de confrontation. Une guerre déclarée dont personne ne sait quel en est la véritable raison. Des troubles inutiles et incompris sciemment fomentés un peu partout.  En face, l’opinion publique, des acteurs pertinents de la société civile, les leaders des formations politiques principalement de l’opposition et même les prélats des Eglises, à l’instar de l’Eglise catholique apostolique romaine (ECAR) ou ceux des Eglises non affiliées au FFKM ne restent pas insensibles. Ils réagissent chacun dans leur propre camp. En fait, ils ne veulent pas rester indifférents et sont déterminés à manifester leur rejet aux dérives dictatoriales, répétées, de ces détenteurs de l’autorité d’Etat. Des tirs croisés, apparemment percutants, atteignent de plein fouet le centre de gravité du pouvoir. Ainsi, le régime doit faire face à une bataille rangée sur plusieurs fronts.Les catholiques, très…

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