Publié dans Politique

Destitution manquée du maire de Mahajanga - Enième camouflet pour le régime Rajaonarimampianina

Publié le vendredi, 13 avril 2018

Le maire de la Commune urbaine de Mahajanga a déjoué les pronostics. Il ne cèdera pas son fauteuil. Enfin, pas de sitôt. Mokhtar Andriantomanga reste le Maire de sa ville. 

Mokhtar Andriantomanga, maire de la Commune urbaine de Mahajanga peut conserver son fauteuil. Il vient d’échapper à l’épée de Damoclès que le régime Hvm faisait planer sur sa tête. En effet, suite à un vote de destitution effectué hier, le maire a échappé au sort qui lui était réservé par certains conseillers communaux frondeurs.  A l’issue du vote, les résultats confortaient plutôt le maire dans son fauteuil. 10 conseillers sur les 19 que compte le conseil municipal ont opté pour son maintien au cours d’une séance extraordinaire tenue dans la matinée d’hier au siège de la municipalité. 09 conseillers municipaux ont voté pour cette destitution. La majorité requise pour entamer la procédure de suspension n’étant pas acquise, Mokhtar Andriantomanga reste donc le maire de la commune urbaine de Mahajanga.

  Ceci, à la joie des militants et sympathisants de l’édile élu sous les couleurs du Mapar, venus nombreux hier au siège de la municipalité. Les débats ont été houleux hier à la mairie de Mahajanga, obligeant le Président du Conseil à requérir aux forces de l’ordre pour faire sortir la population venue en masse pour assister aux débats. Pourtant, au début de la fronde, ils étaient 11 conseillers communaux à juger hasardeux la gestion du Maire.  Ces derniers avaient adressé une lettre de demande d’explication au maire. Une accusation rejetée dans le temps par le Maire et bon nombre d’observateurs qui estimaient que cette procédure de destitution relevait purement d’une politique politicienne. Mokhtar Andriantomanga a toujours milité pour le développement de Mahajanga qu’il a géré avec rigueur pendant plus de trois ans.  Pour la majorité des conseillers, en tout cas, les raisons invoquées ne suffisent pas à démontrer l’incapacité du maire à tenir le fauteuil de premier magistrat de la Capitale du Boeny. Accusé notamment par certains de ses détracteurs d’avoir détourné à son nom personnel un véhicule offert par l’ambassade de Turquie, le maire a prouvé que le véhicule était immatriculé au nom de la Commune urbaine de Mahajanga.  Rappelons que les rumeurs de l’intention de destitution du maire de cette ville de la côte nord-ouest de Madagascar ont commencé à circuler quelques jours seulement après la descente avortée d’Andry Rajoelina dans cette ville à la fin du mois de mars dernier dans le cadre de l’inauguration d’infrastructures routières et sportives. Une descente de l’inspection d’Etat suivie d’une demande d’explication adressée au maire par 11 conseillers, lui demandant des explications et de convoquer une rencontre pour l’explication, confirmera ces rumeurs cette semaine. Ces conseillers dissidents n’ont pas réussi à atteindre leur but.  Même si la descente d'Andry Rajoelina à Mahajanga a été avortée par le pouvoir, une marée Orange avait, notons-le, déferlé dans la ville. Un exploit que n’a pas digéré le régime Rajaonarimampianina, lequel a décidé de se venger en tentant d’imposer la destitution du maire par le biais de certains conseillers. En tout cas, si le maire de Mahajanga sort revigoré par ce duel, les tenants du pouvoir actuels viennent d’enregistrer un énième camouflet, après notamment les fiascos lors des manifestations organisées par le parti présidentiel dans cette partie de l’île et la décision du Tribunal de suspendre une décision du Préfet de Police local interdisant la manifestation du maire le 30 mars dernier.  Notons que, sauf changement, le Président de la République Hery Rajaonarimampianina est prévu se rendre dans la cité des Fleurs ce jour…

Recueillis par L.A.

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Editorial

  • Bataille rangée
    Guerre déclarée. L’escalade de provocations, déclenchée initialement par les maîtres du régime, propulse inexorablement le pays vers la logique de confrontation. Une guerre déclarée dont personne ne sait quel en est la véritable raison. Des troubles inutiles et incompris sciemment fomentés un peu partout.  En face, l’opinion publique, des acteurs pertinents de la société civile, les leaders des formations politiques principalement de l’opposition et même les prélats des Eglises, à l’instar de l’Eglise catholique apostolique romaine (ECAR) ou ceux des Eglises non affiliées au FFKM ne restent pas insensibles. Ils réagissent chacun dans leur propre camp. En fait, ils ne veulent pas rester indifférents et sont déterminés à manifester leur rejet aux dérives dictatoriales, répétées, de ces détenteurs de l’autorité d’Etat. Des tirs croisés, apparemment percutants, atteignent de plein fouet le centre de gravité du pouvoir. Ainsi, le régime doit faire face à une bataille rangée sur plusieurs fronts.Les catholiques, très…

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