Publié dans Politique

Présidentielle - Le profil d’un « Président idéal » selon Hugues Rajaonson

Publié le vendredi, 13 avril 2018

A l’approche de l’échéance électorale prévue notamment pour la présidentielle cette année 2018, les candidats officiels et non officiels commencent à se dévoiler. A ce sujet, Hugues Rajaonson, en sa qualité d’observateur de la vie économique et politique du pays, a accepté de nous donner son opinion sur le profil idéal du futur président malgache. Interview !

La Vérité : Selon vous, quelles seraient les qualités d’un Président de la République idéal ?

Hugues R : A mon avis, la personne qui mérite d’être le Président de la République de Madagascar doit être un vrai malgache. Ce n’est pas question de couleur de peau. Qu’il soit Karàna, Chinois ou Vazaha. Il (ou elle) doit avoir la nationalité malagasy et vivre comme un vrai malagasy. C'est-à-dire connaître les Malagasy sur tous les plans. Connaître tous les recoins de la Grande île, pas seulement Antananarivo ou Toamasina, mais les zones reculées comme à Kandreho, Nosy Varika, Manja etc. La personne doit aussi savoir anticiper la réaction d’un Bara ou d’un Tanala à un moment donné, leur façon de pensée de manière à être capable de connaître ce qui est bien ou pas pour une communauté du sud ou du Nord. La personne doit également avoir pu visiter toutes les parties de la Grande île

 L.V : Un peu comme le défunt Professeur Albert Zafy alors ?

H.R : Le Professeur Zafy a, certes, fait un Mada Raid mais je pense plutôt à Ratsimandrava Richard comme un bel exemple. Il a déjà pu voir les moindres recoins du pays mais les lieux les plus inimaginables. Il est aussi doté d’une grande humilité à l’image d’un vrai malgache, c’est-à-dire est à l’écoute, reconnait ses erreurs, accepte les critiques et accepte de recevoir des ordres.

 L.V : Des ordres de qui ?

H.R : Des ordres du peuple, bien sûr ! Quand le peuple dit que le riz est trop cher et qu’il a besoin de riz, par exemple, le Président doit se débrouiller pour lui fournir du riz. Il ne faut pas oublier qu’un Président s’est vu remettre le pouvoir par le peuple donc il n’est pas en possession du pouvoir mais est un simple exécutant. Cela est valable pour les autres postes comme les Ministres. Par définition, un Ministre est un serviteur et non quelqu’un qui se vante et klaxonne partout où il va pour forcer les gens à lui laisser le chemin.

Il faudrait également changer totalement les lois et le système judiciaire à Madagascar. Il en est de même pour le recrutement des militaires. Il faudrait, par exemple, déterminer les critères à exiger pour un militaire. Cela exige une mentalité particulière pour chaque métier. Certes, personne n’est parfait. La personne doit également s’entourer des bonnes personnes et non de n’importe qui !

 L.V : Cela veut dire qu’il ou elle doit s’entourer de techniciens ?

H.R : Pas uniquement de techniciens mais des anthropologues, par exemple, et d’autres personnes spécialistes dans toutes les dimensions. 

Le Président doit aussi avoir un projet bien élaboré et devrait nommer un Premier Ministre qui n’est pas issu du même parti politique que lui. Ce dernier devrait donc exécuter la politique déjà prédéfini par le Président. Nous n’avons pas non plus besoin de députés ni de sénateurs. Chaque région doit tout simplement nommer des  « Olobe » qui n’ont pas encore eu affaire à la politique. Une personne qui est capable de réaliser toutes ces propositions est pour moi le Président idéal mais un individu qui se dit chrétien ou qui a des diplômes ! 

 L.V : Pourquoi dites – vous qu’on n’a pas besoin de députés ni des sénateurs ?

H.R : C’est surtout par rapport à l’entourage du ou des candidats. Car se sont forcément les gens de son entourage qui vont devenir députés ou sénateurs. Des gens qui n’attendent qu’à avoir des postes. Pourtant, les gens n’ont pas besoin d’eux.

On doit également se tenir à l’écart de la communauté internationale comme les Nations Unies, la Banque Mondiale ou encore le Fonds Monétaire International. On doit se concentrer sur le développement du pays d’abord avant de se tourner vers les étrangers. (A suivre).

Propos recueillis par  Sandra Rabearisoa

2 Commentaires

  • Posté par meecoolp
    lundi, 16 avril 2018

    http://www.deviceranking.fr/phone/9019/gionee-s10

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  • Posté par Antony
    dimanche, 15 avril 2018

    Cher monsieur, je suis désolé mais je n'adhère pas à votre point de vue.
    Certes vous avez fait des analyses mais elles se sont limitées au présent et aux quotidiens des Malagasy actuels.
    Il faut retrouver les valeurs que nous avions perdues avant la colonisation (la monarchie à éliminer car ne marche pas aujourd'hui). Ce qui ramène à dire qu'est-ce que nous avons perdu pendant la colonisation.
    Ensuite, qu'est-ce que nous avons vraiment cherché à obtenir en 1947 et 1972
    Les avons-nous eu ? Si oui, pourquoi nous ne sommes toujours pas satisfaits ? Si non, qu'est-ce qui clochait ?
    Tout ce que nous vivons actuellement c'est le résultat de la colonisation et du comment nous l'avions fait face.

    Donc, je vous dis, cher monsieur, ne reposons plus nos espoirs sur une seule personne mais plutôt comptons-nous sur nous tous.
    Si cette personne de bonne volonté existe, croyez-moi, elle ne vivra pas longtemps ou bien ne restera pas longtemps président.

    En tout cas, même si cela ne regarde que moi, je suis sûr que c'est la solution.

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Editorial

  • L'indomptable !
    On la croyait écrasée, non il n'en est rien. Elle est toujours là ! Elle réapparait et menace de sévir. La peste, car il s'agit d'elle, persiste et signe. Cette maladie causée par la bactérie du nom de « Persinia Pestis » demeure l'indomptable ennemie à Madagascar. Obnubilé par les interminables comptages de voix, le pays tout entier semble ignorer qu'une maladie est en train de faire parler d'elle de... nouveau. Eclipsée par l'ambiance électrique électorale, la peste refait discrètement surface et risque de faire des ravages au cas où des mesures draconiennes ne seraient pas prises illico. La publication des résultats du scrutin du 7 novembre prend trop de temps. Une lenteur légendaire qui irrite certains états-majors politiques. Une lenteur qui soulève des vagues auprès de l'opinion.

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