Publié dans Politique

De Mahajanga à Vohipeno - Week-end noir de Hery Rajaonarimampianina

Publié le dimanche, 15 avril 2018

Ras-le-bol national. Les événements du week-end ont corroboré une fois  de plus la désaffection populaire « en pleine émergence » à l’égard de nos dirigeants avec en tête l’équipe de la présidence de la République. Là où celle-ci passe, elle crée dans ses sillages des vagues de remontrances. De Vohipeno à Mahajanga, en passant par Toamasina, les gens ont montré aux tenants du régime Hvm qu’ils ont assez d’eux. Hier, la ville de Vohipeno a réuni des ouailles catholiques venant des quatre coins de l’île à l’occasion de la béatification de Lucien Botovasoa. Le Président Hery Rajaonarimampianina a fait partie des personnalités invitées à la cérémonie religieuse. Il lui incombait le privilège d’inaugurer le site du rituel avant son début. Mais d’aucuns ont pu noter l’accueil très froid que l’assistance lui a réservé à cette occasion. L’enthousiasme n’était pas au rendez-vous comme si sa simple présence suffisait à inhiber la ferveur de la foi chrétienne. Lors de la séquence consacrée aux discours d’usage, le comité d’organisation de la cérémonie a catholiquement privé les autorités gouvernementales et politiciens de parole. La seule voix autorisée a été celle du monseigneur Désiré Tsarahazana, président de la Conférence des évêques de Madagascar. A maintes reprises, cette entité a tiré sur la sonnette d’alarme quant aux méfaits des dirigeants actuels.

 

L’évêque a précisé qu’il a parlé au nom de tous ceux qui devraient prononcer des discours au pupitre. Sa déclaration a été suivie d’une salve d’applaudissements en guise d’approbation générale. De la sorte, toute l’assistance a exprimé sa pleine satisfaction d’avoir été épargnée d’un sermon d’une autre nature. Celui-ci, s’il avait reçu le feu vert, serait truffé d’arguments creux mêlés de publicité gratuite en faveur du « Fisandratana 2030 » au passage.

La zélée équipe d’Iavoloha a en effet négocié âprement à ce que son chef ait accès à la parole après le rituel de béatification. Mais le comité d’organisation a poliment refusé la requête jusqu’au bout. Le gel des discours a alors religieusement réprimé celui aux commandes de la Nation. En outre, la même équipe présidentielle a bousculé l’organisation matérielle de la cérémonie en modifiant à sa guise les emplacements prévus pour les autorités qui devaient être tenues à l’écart des Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, entre autres. De surcroît, une scène cocasse s’est produite à la fin de la cérémonie. Au moment de quitter définitivement le lieu du culte, le chef de l’Etat a salué de main la foule qui ne s’est pas donné la peine de lui renvoyer le même gestuel. La ville de Betafo a aussi été le témoin d’un scénario similaire lors d’une autre cérémonie religieuse de l’Eglise luthérienne l’an passé. Les détenteurs du pouvoir, censés être des élus de Dieu, ne seraient pas donc en odeur de sainteté auprès des chrétiens à Madagascar. A Mahajanga, le Président Hery Rajaonarimampianina et sa suite ont été accueillis avec les mêmes appréciations, samedi. Ce jour-là, il est venu inaugurer le nouvel établissement hôtelier « Baobab Tree » au bord de la mer. Des groupes mécontents ont alors envahi les abords de la route menant à l’aéroport international d’Amborovy en arborant des banderoles aux inscriptions hostiles au régime Hvm. Contre toute attente, les militaires ont reçu l’ordre de les arracher de force. Des mini-affrontements pouvant devenir gros dans les prochains mois ont éclaté à Toamasina dans la même journée (lire article ailleurs).

 Manou Razafy

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Editorial

  • Les incorruptibles
    Brian De Palma, le célèbre réalisateur américain, mit jour en 1987, le légendaire film « The untouchables » et adapté sur l'écran français « Les incorruptibles ». Interprété sur le plateau par des acteurs mythiques tels, entre autres, Kevin Costner, Sean Connery ou Robert De Niro, Andy Garcia, le film rencontra un immense succès à travers le monde. En gros, c'est l'histoire de la traque du…charismatique mafieux « Al Capone » durant les années trente, à Chicago. Pour venir à bout de sa mission, l'agent Eliot Ness (Kevin Costner), dut recourir au service des hommes répondant aux critères  de sa trempe, à savoir, intraitables et surtout  incorruptibles (untouchables).

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