Publié dans Politique

Ihanta Randriamandranto - « Non à l’anarchie, remettons de la discipline »

Publié le mardi, 17 avril 2018

« Madagascar est miné par les dérapages d'une mauvaise gouvernance: gaspillage des deniers publics, conflits d'intérêts, malversations, abus de pouvoir, détournements de fonds, collusion et  corruption, pillages de nos richesses naturelles. Fléaux devenus des pratiques institutionnalisées par le régime actuel. Il ne se passe un jour sans qu'une scène odieuse et scandaleuse ne soit dévoilée au grand jour ». Les propos sont de Ihanta Randriamandranto, ancien ministre de l’Elevage.

Ce secrétaire général du parti politique Teza s’exprimait dans une lettre ouverte à ses compatriotes le week-end dernier, intitulé « L’ordre c’est un choix » où elle dénonce grosso modo l’anarchie à Madagascar.
« Le laxisme administratif, l'absence de vision, de contrôles et des règles inconsistantes d'une gouvernance trop "brouillonne", l'impossibilité de juger la responsabilité des dirigeants, les conflits d'intérêts des élus, nommés, et pressentis coincés entre leurs missions et leur bien être personnelle sont des facteurs de risque connus pour une corruption », a poursuivi Ihanta Randriamandranto, dressant la situation peu reluisante dans le pays.
Cette dernière s’inquiète par ailleurs du « risque de voir un dirigeant "narcissique" qui assurera l'euthanasie subtile de ses sujets en détournant l'intêret de la nation à son profit personnel. Certains croient et diront que nous avons, que nous élisons et nommons les dirigeants que nous méritons! ». La Sg du parti politique Teza soutient en effet que « la compétence, l’honnêteté ne sont plus des critères pour arriver, pour rester et pour détenir le pouvoir ». D’après la politicienne, Madagascar est dans « un système de complaisance dépendant d’une thérapie engourdissante qui assure l’immunité à ces addicts du pouvoir. Payer pour être au pouvoir, acheter pour être au pouvoir. Des sommes astronomiques, des milliards distribués, volatilisés, subtilisés, dépensés par ici et là sous les yeux pantois de toute une population appauvrie dans un pays devenu le plus pauvre au monde ! »
Pour Ihanta Randriamandranto, tous ces symptômes « vers une dérive inévitable et irréversible commencent à alerter une population qui ne veut plus être muette et irresponsable ». Cependant pour le membre du Teza, « éradiquer les maux collatéraux en déposant des plaintes aux instances concernées, HCC, BIANCO, SAMIFIN, et aux systèmes judiciaires.... ne sera pas suffisant pour avoir l'effet escompté de "nettoyeur" de la malversation. L’ancienne ministre sous Ravalomanana note en effet que « la nature humaine, l’appât du gain et les dirigeants à l’éthique douteuse ne disparaîtront pas avec la seule bonne volonté ». Pour elle, il est nécessaire de « conjuguer nos voix et nos actions pour s'insurger contre ces attitudes immondes, en formant un bloc pour devenir un grand système de contrôle sain, à défaut d'avoir des Institutions dignes de confiance, rendra plus compliqué, voire risqué, chaque tentative de malversation. Nous éviterons une nouvelle crise qui engendrera un naufrage économique pour notre pays ».
Elle estime en outre, que condamner les corrompus « c’est très bien ». Cependant, il importe selon Ihanta Randriamandranto « identifier les initiateurs pourraient laisser moins de portes ouvertes à la malversation, aux conflits d’intérêts et à la corruption ». Vers la fin de son message, la politicienne d’appeler ses compatriotes à devenir  « allergique aux mégalomanes narcissiques, aux scélérats, aux tricheurs, aux traitres, aux incompétents, aux mercenaires et aux addicts du pouvoir et autres personnages lugubres qui hantent et déshonorent notre Pays ». Et de conclure en soulignant que le parti Teza dit « Non à l’anarchie, remettons de la discipline, l’ordre est un choix ! »
La Rédaction

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Compte rendu à l’Hôtel de Ville - Les députés du Tim et du Mapar rassurent
  • Départ inopiné du pays - Rajaonarimampianina aurait-il « lâché » ses partisans
  • Conjoncture politique - Les épouses de gendarmes supplient leurs maris !
  • Lois électorales et dérives démocratiques - Les députés opposants s'en remettent à la Communauté internationale
  • Hery Rajaonarimampianina - Départ en catimini à l'extérieur ?
  • Menaces contre des députés Tim-Mapar - Plainte de réserve contre le préfet et des gros bras
  • Syndicat des artistes - Halte aux abus des autorités !
  • Privation de discours à Vohipeno - La colère très mal placée de Hery Rajaonarimampianina
  • Déplacements de Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina - Le régime aux abois
  • Manifestations publiques interdites - Les catholiques font de la résistance

Editorial

  • Bataille rangée
    Guerre déclarée. L’escalade de provocations, déclenchée initialement par les maîtres du régime, propulse inexorablement le pays vers la logique de confrontation. Une guerre déclarée dont personne ne sait quel en est la véritable raison. Des troubles inutiles et incompris sciemment fomentés un peu partout.  En face, l’opinion publique, des acteurs pertinents de la société civile, les leaders des formations politiques principalement de l’opposition et même les prélats des Eglises, à l’instar de l’Eglise catholique apostolique romaine (ECAR) ou ceux des Eglises non affiliées au FFKM ne restent pas insensibles. Ils réagissent chacun dans leur propre camp. En fait, ils ne veulent pas rester indifférents et sont déterminés à manifester leur rejet aux dérives dictatoriales, répétées, de ces détenteurs de l’autorité d’Etat. Des tirs croisés, apparemment percutants, atteignent de plein fouet le centre de gravité du pouvoir. Ainsi, le régime doit faire face à une bataille rangée sur plusieurs fronts.Les catholiques, très…

A bout portant

AutoDiff