Publié dans Politique

Manifestations publiques interdites - Les catholiques font de la résistance

Publié le mardi, 17 avril 2018

L’Etat veut-il vraiment la guerre avec les églises chrétiennes en général et les catholiques en particulier ? La question se pose après qu’un chef de District de la Région d’Itasy a sorti une note affichée dans les bureaux des Communes interdisant les réunions et manifestations publiques dans sa Circonscription. L’Eglise catholique romaine (ECAR) est la principale victime de cette interdiction avec ses innombrables manifestations dans le but de collecter des fonds pour ses activités. N’empêche, l’Eglise FJKM l’est également avec la tenue du concert de Rossy, prévu pour ce week-end.  Coïncidence douteuse, la note du chef de District, certainement obligé par son supérieur, a été émise quelques jours après le déplacement du président Andry Rajoelina dans la localité pour honorer l’invitation des autorités religieuses de la place. Cette visite de l’ancien homme fort de la transition n’a pas été sans doute appréciée en haut-lieu, d’où les mesures prises par le chef de District. Un concert d’une artiste malagasy de grande renommée, prévu samedi dernier, a fait les frais de cette mesure et a été annulé à la grande déception des organisateurs et du public.

« Des Forces de l’ordre sont venus pour appliquer cette décision d’annulation de la fête et d’interdire tout accès à l’endroit prévu », affirme un collègue.  Les catholiques n’acceptent pas de vivre une telle situation. Hier, ils ont bravé cette interdiction en organisant leur manifestation au nez et à la barbe des autorités administratives. « Nous nous sommes déjà engagés financièrement avec les artistes et n’envisageons pas de changer d’un iota le programme établi », a expliqué un des membres de l’organisation. Même son de cloche également du côté de l’ECAR d’Ankaranana, dans le District de Soavinandriana qui martèle que les trois spectacles qu’elle compte organiser auront bel et bien lieu. « Ces manifestations n’ont aucune connotation politique mais servent à une levée de fonds. Nous ne comprenons pas ainsi cette velléité des autorités à les annuler », prévient notre interlocuteur. A lui d’expliquer que leur association cultuelle a besoin de financement pour l’extension de l’église et pour le déplacement à la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ) qui se déroulera à Mahajanga au mois d’octobre prochain. « Il faut trouver les fonds d’abord par nos propres moyens, avant de demander l’aide financière des autres pour boucler le budget », affirme-t-on. L’Etat central ou ses représentants dans les Régions n’est pas à ses premiers coups bas envers les catholiques. Tout le monde se souvient de l’interdiction faite à l’endroit de la procession annuelle partant du stade de Mahamasina au collège Saint-Michel au tout début du mandat de Hery Rajaonarimampianina. L’actuel Premier ministre, quand il occupait encore pleinement le ministère de l’intérieur et de la décentralisation, a autorisé l’ouverture de l’Eglise catholique de Madagascar, dissidente de l’ECAR de Madagascar, et dirigée par un prêtre dans la Région de Toliara. Un acte qualifié d’offense envers les catholiques. Et certainement, avec la privation de parole de Hery Rajaonarimampianina à Vohipeno lors de la béatification de Lucien Botovasoa et ce malgré l’insistance de la présidence, les coups pas très catholiques  perpétrés par le régime ne risquent pas de cesser incessamment. Pire, avec l’approche de l’élection présidentielle, ils pourraient même s’intensifier…

La Rédaction

 

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