Publié dans Politique

Déplacements de Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina - Le régime aux abois

Publié le jeudi, 19 avril 2018

Coup de théâtre hier après-midi à Ambalavao Tsieniparihy. Les forces de l'ordre ont formellement interdit au président Marc Ravalomanana l'accès à l'intérieur de la cette ville d'importance moyenne située à une centaine de kilomètres au sud de Fianarantsoa. « C'est un ordre qui venait d'en-haut d'après les chefs militaires », a lâché le député Guy Rivo Randrianarisoa. Le parlementaire a accompagné le président national du parti Tiako i Madagasikara à cette occasion. L'ancien chef d'Etat a voulu rencontrer ses partisans locaux après avoir assisté à des discussions politiques dans la capitale de la Matsiatra Ambony en début de semaine.

Ayant eu vent de son déplacement, les autorités gouvernementales ont pris les dispositions qui s'imposent. Un important dispositif militaire et policier a été donc mis sur le passage à l'entrée de la ville nonobstant les dispositions de l'article 12 de la Constitution de la République qui garantit la libre circulation des biens et personnes sur l'ensemble du territoire national.
Les agents de la sécurité ont littéralement immobilisé le véhicule 4x4 ayant transporté l'intéressé. En conséquence, la foule s'est amassée et la tension a commencé à monter. Pour calmer les esprits, le président Marc Ravalomanana est descendu de la voiture en leur adressant quelques mots. En effet, il les a invités à rester calmes face à la situation.
Crocs-en-jambe
« Est-ce de cette manière que la démocratie et les libertés s'exercent chez nous alors que nous sommes sur une année électorale ? », s'est-il demandé. Faute de pouvoir aller jusqu'au bout de son projet, il a rebroussé chemin en rentrant sur Fianarantsoa. Les tenants du régime Rajaonarimampianina n'ont-ils pas digéré le one man show de Marc Ravalomanana à Vohipeno, en fin de la semaine dernière ? La question se pose. 
Des sources concordantes soutiennent également que les responsables civiles et militaires auraient eu pour ordre, lors de la réunion de haut niveau sur la sécurité, de ne pas attendre les consignes venant du pouvoir central et d'agir immédiatement.  Ceci expliquant cela ? En tout cas, ce qui s'est passé hier à Ambalavao montre et démontre que le régime Rajaonarimampianina est aux abois.
Notons que ce n'est pas la première fois que l'ancien Président Marc Ravalomanana est  victime de crocs-en-jambe de la part des tenants du pouvoir. Pour ne rappeler que les interdictions de la célébration du quinzième anniversaire du parti Tiako i Madagasikara l'an dernier, les interdictions des divers congrès et des manifestations de cette formation politique à Fort-Dauphin ou Toamasina, par exemple. Cette fois-ci Marc Ravalomanana n'a pas encore franchi l'entrée de la ville qu'il est déjà empêché par l'Exécutif…
Coups bas
Force est en tout cas de souligner que tous les adversaires politiques du régime sont aujourd'hui l'objet de coups bas. Ainsi, Andry Rajoelina, l'ancien président de la Transition commence, lui aussi, à faire l'objet des dérives autoritaires du pouvoir. Tout le monde a encore en mémoire l'interdiction de décoller imposée aux avions qui devaient transporter le Président du Mapar vers Mahajanga, où ce dernier était attendu pour participer à une fête organisée par le maire local Mokhtar Andriantomanga.
Erigés en adversaire par le régime, tous ceux qui ont eu des contacts avec l'ex homme fort de la lutte Orange font eux aussi l'objet de ces coups en dessous de la ceinture. A commencer par les chrétiens en général. Dans la Région Itasy, toutes les réunions et les manifestations publiques y compris celles organisées par les églises ont en effet été interdites par le chef de District local. Une décision qui survient quelques jours seulement après le déplacement de l'ancien Président de la Transition Andry Rajoelina dans cette circonscription pour honorer une invitation des autorités religieuses.
Logique d'affrontement
Ahmad, le président de la Confédération africaine de football dont le seul tort aurait été d'avoir rencontré l'ex Président de la Transition Andry Rajoelina, a également été victime des pratiques peu catholiques du pouvoir. Faut-il en effet rappeler que le passeport diplomatique de cet ancien sénateur Hvm n'a pas été renouvelé par le régime actuel ?
Ayant eu l'audace d'interdire de parole toutes les personnalités politiques lors de la cérémonie de béatification de Ramose Lucien Botovasoa dimanche dernier, l'église catholique et le Vatican sont également devenus des adversaires du pouvoir… Dans une interview dans la presse locale hier, le Président de la République Hery Rajaonarimampianina en personne a libéré toute sa frustration sur le Saint-Siège de ne pas avoir eu la parole à Vohipeno ce jour-là.
Les députés du Tim et du Mapar, qui prévoient de rencontrer les tananariviens pour présenter un rapport sur les évènements qui ont émaillé l'adoption des lois électorales controversées à l'Assemblée nationale, sont les prochains sur la liste du régime. Le préfet de police vient en effet de prononcer  l'interdiction de la tenue de ladite manifestation…
Au vu des évènements récents dans le pays, il est cependant à parier qu'aucune manifestation de l'opposition ne sera autorisée durant les six prochains mois, jusqu'au début de la campagne électorale. Il s'agirait purement et simplement d'un non-respect des libertés fondamentales et une dérive autoritaire inacceptable. « La logique d'affrontement du pouvoir sera inévitable en 2018 avec les agissements du pouvoir actuel », prévient l'ancien Sénateur de Madagascar Sylvain Rabetsaroana, réagissant à la conjoncture politique actuelle. En tout cas, si le régime souhaite interdire chacune des manifestations tenues par Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, il aura du pain sur la planche.
La Rédaction

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Editorial

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