Publié dans Politique

Privation de discours à Vohipeno - La colère très mal placée de Hery Rajaonarimampianina

Publié le jeudi, 19 avril 2018

Vexé au plus haut point ! Le président Hery Rajaonarimampianina n’a pas encore digéré le fait d’avoir été privé de parole lors de la cérémonie de béatification de Ramose Lucien Botovasoa à Vohipeno. Rappelons, en effet, qu’au terme de la cérémonie religieuse, l’Evêque de Farafangana, Gaetano Di Pierro a annoncé qu’il n’y aura pas de série de discours et que seul le président de la conférence épiscopale était tenu de faire une brève allocution au nom de tous les fidèles.

Ce fut donc dans une interview exclusive accordée à un quotidien hier que le Chef de l’Etat a décidé de s’exprimer sur cet « incident ». D’emblée, le locataire d’Iavoloha a souligné que le fait est « plus grave qu’un banal incident » et que « l’évènement est un évènement d’Etat avant d’être celui des catholiques ». Sur cette lancée, le Président de poursuivre que « j’étais venu en tant que chef d’Etat, Président de tous les malgaches quelle que soit leur confession (…) J’estime donc en toute modestie que le Président aurait dû avoir droit à la parole ne serait-ce que pour remercier le Vatican au nom du peuple malgache, d’avoir béatifié Ramose Lucien Botovasoa, même si le protocole avait disposé autrement ». Une déclaration aberrante qui amène l’opinion publique à dire que le Président de la République aurait, pour la énième fois, fait mieux de se taire au lieu d’aggraver son cas.  Pire, à la suite de cette déclaration … peu catholique, le numéro un de l’Etat risque de se mettre davantage les catholiques à dos.
Rappel historique
Pour soulager la colère du Président, il est peut être nécessaire de faire un petit retour en histoire. Avant Ramose Lucien Botovasoa, l’Eglise Catholique Romaine de Madagascar a déjà assisté à la béatification de deux autres figures de la religion à savoir Victoire Rasoamanarivo et le frère Raphaël Louis Rafiringa. Victoire Rasoamanarivo, catholique laïque, a été béatifiée au cours d’une cérémonie le 30 avril 1989 pendant laquelle le pape Jean-Paul II en personne a fait le déplacement à Antananarivo. A cette occasion, l’Amiral Didier Ratsiraka avait répondu présent en tant que Chef d’Etat de l’époque mais n’a nullement pris la parole. Il en est de même pour la béatification du Frère Raphaël Louis Rafiringa à laquelle Andry Rajoelina, président de la Transition de l’époque, y a aussi assisté. L’homme fort de la Transition n’a pas non plus fait de discours. Force est de constater que l’Eglise catholique s’abstient de donner la parole aux chefs d’Etat en de pareilles circonstances.
 A la lumière de tous ces faits, la colère de Hery Rajaonarimampianina est donc plutôt mal placée. A moins que le courroux du Président est peut être dû à une toute autre raison. En effet, il a évoqué la présence de candidats potentiels à la présidentielle dont l’ex – président de la Transition Andry Rajoelina qui lui a carrément volé la vedette voire l’a complètement éclipsé. Nul besoin d’une campagne intense pour savoir et constater la cote d’impopularité très élevée de Hery Rajaonarimampianina auprès du peuple malagasy !
Sandra R.

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Editorial

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