Publié dans Politique

Administrateurs-civils de Madagascar - La coupe est pleine

Publié le jeudi, 17 mai 2018

Ras-le-bol. Le Syndicat national des administrateurs-civils de Madagascar (Synad) est sorti de son silence face à la conjoncture. Dans un communiqué lu devant la presse par son président Andriamanana Ramahavokatsoa, entouré des membres du bureau national, cette organisation syndicale exprime son désaccord voire son mécontentement sur un certain nombre de points touchant leur profession et la vie publique.

D’entrée en matière, la déclaration faite à  la coupole d’Anosy hier après-midi met l’accent sur le fait que les administrateurs-civiles (AC) sont le dernier rempart, le pilier, de l’administration publique. Ils s’opposent ainsi à l’atteinte à leur dignité en leur qualité de grands commis de l’Etat. Le traitement réservé à leurs pairs aux ministères des Fonctions publiques et de la Santé publique est décrié à ce propos.

 

Entêtement du régime

Le Synad oppose un rejet catégorique à toute forme de pression politique sur les AC en particulier et les fonctionnaires de l’Etat en général qui travaillent auprès des institutions et ministères, au niveau central comme aux services déconcentrés. L’entité fait savoir sa profonde désapprobation vis-à-vis du manque flagrant de la volonté des décideurs politiques de mettre fin à la gabegie et à la corruption.

Elle dénonce l’absence d’efforts pour améliorer le monde de l’administration publique. Toute décision de désignation ou d’affectation basée sur des critères politiques est énergiquement contestée. Des chefs de district en ont été victimes récemment. Le Syndicat s’oppose aussi à l’entêtement du régime à recruter 35 nouveaux AC à l’Ecole nationale de l’administration de Madagascar (ENAM). L’initiative est jugée inopportune. Bon nombre de ceux en exercice sont encore sans poste fixe actuellement.

Envenimer encore plus

Le Synad exige le strict respect de la neutralité de l’administration par l’Etat et les responsables politiques. Elle demande aux décideurs de cesser tous les ordres à faire exécuter par les représentants de l’Etat (préfets de police, préfet et chefs de district) mais susceptibles d’envenimer encore plus la situation. Même si les syndicalistes ne l’ont pas avoué, l’observation fait référence à l’instruction émise en date du 27 avril par Olivier Mahafaly Solonandrasana en sa qualité de ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation.

Pour le Synad, seule la mise en place du Haut Conseil de l’administration publique dédié au service des AC garantit la neutralité de l’administration et la dépolitisation de celle-ci en ce au plan nomination et affectation les concernant. Le redressement du fonctionnariat et le monde des fonctionnaires publics est ainsi requis. La nomination des AC à un poste doit tenir compte des textes en vigueur, des expériences et des compétences.

Solution idoine et durable

La résolution de la crise actuelle traine aux yeux de l’organisation syndicale. Elle nuit au fonctionnement de l’Etat et à l’économie nationale. De ce fait, le Synad lance un appel aux partis belligérants et à toutes les forces vives pour qu’elles trouvent dans les plus brefs délais la solution au profit des intérêts supérieurs de la nation. Les AC impliqués dans l’organisation des élections sont sollicités à œuvrer pour un processus démocratique, fiable et transparent.

Toutes les forces vives sont exhortées à rechercher ensemble la solution idoine et durable quant à la révision des lois, des structures et des manières de faire la politique afin d’éviter la perpétuation des pratiques contraires aux objectifs du développement et au détriment des descendants malagasy. Illusion est sûrement faite ici aux largesses accordées aux étrangers au profit d’une poignée complice qui s’enrichit en dilapidant les ressources nationales tout en en écartant les natifs de l’exploitation.

La solidarité des AC en activité est souhaitée. Leur rôle est de faire respecter les lois en vigueur, les droits et les libertés fondamentaux. Ils se doivent d’observer scrupuleusement l’éthique professionnelle et les valeurs se rapportant à leur statut à cet effet. En dernier ressort, la population est invitée à rester sereine à s’en tenir toujours aux valeurs culturelles malagasy.

Manou Razafy

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Editorial

  • Problème d'éthique !
    En 15 +2 jours de la nomination du Premier ministre de consensus (PMC), la situation politique malagasy n'a rien évolué. Nommé le 4 juin 2018, Ntsay Christian n'est pas encore sorti de l'auberge. En dix jours d'existence, le Gouvernement tente, tant bien que mal, de démarrer.Sur la Place du 13 mai, la tension ne baisse pas.

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