Publié dans Politique

Santé publique - Un ministre non clinicien exigé

Publié le dimanche, 10 juin 2018

Une bonne partie du personnel du ministère de la Santé publique exige la non reconduction du Pr Mamy Lalatiana Andriamanarivo à son poste à Ambohidahy. Les paramédicaux sont parmi les intransigeants en la matière. Ils exhortent le nouveau Premier ministre Christian Louis Ntsay à nommer un ministre non clinicien qui maîtrise bien le système de la santé publique. Un clinicien est un professeur dont les compétences sont requises pour l’enseignement supérieur, la recherche et les opérations chirurgicales… L’administration du système de la santé publique ne relève pas de leurs attributions primaires. De plus, un bon professeur ne ferait nécessairement pas un bon ministre. Les nombreuses polémiques touchant ce secteur depuis l’arrivée à la tête du département par le ministre intérimaire en sont une  illustration.

Evénements malheureux

La gestion catastrophique de l’épidémie de peste, l’an passé, a constitué le summum de l’incompétence d’un clinicien du point de vue de l’administration de la santé publique. Beaucoup de critiques ont été émises à l’époque. D’autres événements malheureux se sont aussi produits comme la mort d’une parturiente qui a subi une opération césarienne à la maternité de Befelatanana. S’y ajoute le cas d’un opéré de l’appendice à Mahitsy. Ce ne sont que des exemples.

Au niveau purement administratif, tant de reproches ont été adressés à l’équipe du grand spécialiste de la chirurgie infantile. Les médias ont constamment rapporté des cas de magouilles, de corruption, de gabegie, de népotisme et autres malversations flagrantes. Le départ forcé du précédent secrétaire général a aussi étonné plus d’un. C’est un fait de rare occurrence dans les annales de ce département ministériel.

Travaux d’audit

La lecture d’un rapport publié à Genève (Suisse) en mai dernier révèle des faits saillants. Il y est fait mention que des audits étaient menés en mars 2017 sur la mise en œuvre des programmes d’immunisation soutenus par la « Global Alliance for Vaccines and Immunization » (GAVI). Les travaux d’audit étaient suivis d’une mission complémentaire en avril 2017 visant à examiner des éléments justificatifs additionnels apportés. Les travaux d’investigation ont été réalisés en septembre 2017. L’audit a porté sur la gestion des programmes de Renforcement du système de santé (RSS), l’introduction de nouveaux vaccins, les Soutiens aux services de vaccination (SSV) et VPH - démo par le ministre de la Santé et du Planning familial durant la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2016, tandis que l’investigation s’est concentrée sur la gestion des fonds RSS de GAVI au cours de la même période.

Bianco

Ce faisant, le rapport souligne clairement ce qui suit.  « L’investigation a déterminé que des dépenses pour un montant de 866 198 dollars ont fait l’objet d’une utilisation abusive. Ces transactions sont liées à des processus d’achat et de passations de marchés présentant des irrégularités significatives et à des anomalies dans certaines dépenses en espèces. GAVI a recommandé que les conclusions soient soumises à l’agence anti-corruption du pays pour un examen approfondi et actions complémentaires. » Le partenaire international a même évoqué la nécessité de saisir le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco).

La source mentionne que  « les constats de l’audit des programmes et de l’investigation ont été partagés avec le ministre de la Santé et du Planning familial de la République de Madagascar, qui a accepté d’engager les actions nécessaires pour remédier aux défaillances et problèmes identifiés. Par la suite, dans un courrier au ministère de la Santé daté du 20 avril 2018, le secrétariat de GAVI a adressé une demande formelle de remboursement par la République de  Madagascar d’un montant de  1 635 260 dollars, correspondant au total des dépenses mises en question, d’une part, par l’audit (769 062 dollars) et, d’autre part, par l’investigation (866,198 dollars).

Deux candidats-ministres

« En outre, les vaccins virés et vaccins et intrants de vaccination identifiés comme manquants par l’audit ont également été considérés comme ayant fait l’objet d’une mauvaise utilisation et devront être remplacés par le Gouvernement. GAVI a reçu  l’engagement écrit que le Gouvernement de la République de 

Madagascar remboursera  1 391 488 dollars. « De plus, il a été formulé verbalement l’engagement de rembourser le montant total de  1 635 260 dollars demandé par GAVI, qui intègrerait 243 772 dollars non inclus dans l’engagement écrit et reçu antérieurement. Parallèlement, cet engagement verbal comprend le remplacement des 635 570 doses de vaccins. » Somme toute, le Pr Mamy Lalatiana Andriamanarivo et son équipe devraient subir des enquêtes concernant les détournements au ministère de la Santé publique. Selon des indiscrétions, le successeur d’Olivier Mahafaly Solonandrasana a entre ses mains les noms des deux candidats-ministres proposés par le 13 Mai et le régime lui-même. Mahazoarivo doit donc porter son choix et le fixer sur l’un d’eux.

M.R.

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