Publié dans Politique

Présidentielle 2018 - La question financière bouclée

Publié le mercredi, 04 juillet 2018

Tout est fin prêt. Le Premier ministre Christian Ntsay convoquera ce jour une réunion avec les partenaires financiers et techniques pour faire le point sur l’état d’avancement de l’organisation des élections. « Ce sera l’occasion pour nous d’avoir de plus amples précisions », a dit Antonio Sanchez Benedito Gaspar, l’ambassadeur de l’Union européenne. Le financement des opérations sera ainsi au cœur des discussions. Il existe deux types de financement, selon le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) Hery Rakotomanana. D’un côté, le gouvernement malagasy a tenu à honorer ses engagements. Le ministre des Finances et du Budget Vonintsalama Sehenosoa Andriambololona a déjà fait une déclaration dans ce sens. Elle a mis l’accent sur le caractère de priorité absolue des élections à venir.

Engagement respectif
Le deuxième type de financement implique les partenaires internationaux. D’après Hery Rakotomanana, le budget initial de 12 millions de dollars a été révisé à 15 millions en ce moment. Plus de 7 millions de dollars sont déjà acquis. Une réunion avec les représentants des organismes internationaux au bureau annexe de la CENI à Nanisana, vendredi, a été une occasion pour eux de renouveler leur engagement respectif.
A ce propos, l’Union européenne a attribué au fonds commun du projet de Soutien au cycle électoral à Madagascar (SACEM, 2018-2019) le montant de 1,8 million de dollars. La contribution a fait l’objet d’une signature entre l’ambassadeur européen et la représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement Violette Kakyomya. Jusqu’ici, Bruxelles a engagé un montant total de près de 4 millions de dollars dans l’accompagnement du processus électoral chez nous. Une partie de son appui est directement allée dans le financement des activités des organisations de la société civile.
Consultation inclusive
La date du premier tour des présidentielles du 7 novembre et celle du deuxième tour, le cas échéant, du 19 décembre, sont celles proposées par la CENI elle-même. « Nous les avons communiquées au gouvernement le 19 juin », a souligné Hery Rakotomanana. La fixation de ce calendrier électoral a tenu compte des trois grands paramètres : les dispositions constitutionnelles, la récente décision de la Haute Cour constitutionnelle et le résultat de la consultation inclusive des acteurs politiques.
Pour la CENI, les opérations électorales proprement dites démarreront sous peu. Elles comprennent l’impression et la distribution des cartes électorales, l’achat et l’acheminement des matériels sensibles, l’impression des bulletins de vote, la formation des membres du bureau de vote, la sensibilisation et l’éducation électorale, le renforcement des capacités des membres de la CENI. La liste électorale définitivement arrêtée le 15 mai dernier fait état de moins de 10 millions d’électeurs inscrits.
Précampagne
Les conditions requises pour la tenue d’élections semblent remplies à présent. « Techniquement, nous sommes prêts », a lancé le président de la CENI. La nouvelle législation régissant le processus est aussi de rigueur. Les questions pendantes du financement sont en cours de règlement. Le seul hic concerne la précampagne qui bat son plein depuis quelque temps déjà. Le vide juridique à ce sujet prête à confusion. Dans la même foulée, le pays se prépare à recevoir un certain nombre de missions d’observation électorale. Il y en a deux catégories : les observateurs nationaux et internationaux. « L’Union européenne, l’Union africaine, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC)… ont déjà annoncé leur participation », a révélé Hery Rakotomanana.
Souci majeur
Interrogé, Antonio Sanchez Benedito Gaspar a corroboré l’information. « Nous avons reçu l’invitation du gouvernement malagasy pour le déploiement des observateurs électoraux européens pour les élections de 2018 comme en 2013. Un processus d’analyse pour étudier les conditions est en cours. La haute représentante, vice-présidente de la Commission européenne, prendra la décision sur la base de cette analyse », a-t-il précisé.
Violette Kakyomya, pour sa part, a indiqué que tous les partenaires restent mobilisés quatre mois après l’élection du nouveau président. De toutes les façons, les nouvelles législatives et communales/municipales sont prévues en 2019. Elles seront toujours couvertes par le projet SACEM. Mais le souci majeur du moment est d’aller vers des élections apaisées, inclusives, transparentes et crédibles.
« Les événements récents démontrent qu’il y a toujours des fragilités, des tensions et des méfiances. C’est la raison pour laquelle il est énormément important de renforcer le consensus », a insisté Antonio Sanchez Benedito Gaspar. Pour la communauté internationale, les prochains votes devront être un modèle de transparence, de participation et de crédibilité aux yeux du peuple malagasy et aussi aux yeux du monde entier.
Manou Razafy

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Editorial

  • Quel message !
    100 ans ! S’il était encore resté vivant, parmi les siens, Madiba aurait 100 ans mercredi dernier. En effet, Nelson Rolihlahla Mandela, de son vrai nom, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, dans la province de Cap et mort à l’âge de 95 ans, le 5 décembre 2013 à Johannesburg, Afrique du Sud.Faisant partie d’une rare élite noire dans une République sud-africaine (RSA) ségrégationniste, dirigée d’une main de fer par les Blancs, Nelson Mandela, avocat de son état, s’engagea dès son jeune âge dans la lutte contre toutes formes d’injustice, d’inégalité et de non-respect des droits humains. Il fonçait tout droit dans la bataille, parfois armée, contre la politique de ségrégation raciale appliquée par les tenants du pouvoir.

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