Publié dans Politique

Kidnappings - Trop, c’est trop !

Publié le vendredi, 06 juillet 2018

Ecœuré, révulsé, dégoûté. Tels sont les qualificatifs employés par la population après le kidnapping d’une mère de famille hier à Ivandry. En l’espace d’un mois, cinq cas d’enlèvement et de tentatives d’enlèvement de membres de la communauté indopakistanaise ont été enregistrés. Le rapt de Sabera Vasram, une mère de famille, enlevée à Ivandry hier est la dernière d’une série d’actes criminels. Mouna Hiridjee, propriétaire d’un atelier de construction et de vente de meubles avait été enlevé avant-hier dans la matinée à Mahajanga avant de recouvrir la liberté quelques heures après.
Moustafa Hiridjee, DG d’Ocean Trade, un concessionnaire automobile, avait été enlevé dans sa voiture, dans les environs de Tsarasaotra le 11 juin et libéré moins d’une semaine après. Avant lui Nizar Pirbay dit Zouzou avait été enlevé à Toamasina le 8 juin, avant d’être libéré le 3 juillet dernier après 25 jours de détention. Rishi Chandarana, kidnappé le 3 juin, à Andakana recouvrait la liberté 12 jours plus tard. Quelques heures avant le rapt de ce dernier, Navaz Veldjee, propriétaire de Vel’Optic, enlevé le 24 mai, avait été libéré par ses ravisseurs.


Après le dernier kidnapping d’hier à Ivandry, force est de constater que le phénomène n’épargne désormais personne. Auparavant, les victimes de ces kidnappings étaient souvent des jeunes hommes ou des hommes issus de grande famille de la communauté « karana ». Aujourd’hui, les enfants et les femmes sont également pris pour cibles. Faut-il rappeler que les auteurs de kidnapping avaient également enlevés deux jeunes enfants, John Raza et Nathan Andriantsitohaina en fin de l’année dernière, à la veille de la fête de la nativité. Cette fois-ci c’est à une mère de famille que les ravisseurs s’attaquent. Un rapt qui a suscité de fortes réactions de l’opinion publique. Des condamnations spontanées et fortes ont fleuri sur les réseaux sociaux. Faut-il rappeler que pour la société malgache, la mère de famille et les enfants sont et restent une question sensible.
A quand la fin ?
Hier en milieu d’après- midi,  le Collectif des Français d’origine indienne de Madagascar a également condamné vivement ces enlèvements. « Un sommet dans l’horreur vient d’être dépassé (…)  Ce n’est pas possible de continuer comme ça », s’est indigné Jean Michel Frachet. Depuis le début de l’année, c’est le huitième enlèvement de ressortissants  français d’origine indo-pakistanaise recensé dans la Grande île. En huit ans, plus de cent vingt kidnappings de membres de cette communauté ont été enregistrés. Un chiffre ne prend pas en compte les enlèvements de malagasy, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Des kidnappings qui touchent dorénavant les femmes et les enfants.
Accompagné de Danil Ismael, le directeur du CFOIM n’a pas manqué de rappeler les conséquences « dévastatrices » de ces rapts sur les familles des victimes. Celui-ci évoque également les risques économiques de ces kidnappings. Présents depuis quatre ou cinq générations dans le pays, les représentants de la communauté indienne sont « pourvoyeurs d’emplois et de richesses », soutient-il. « Certains membres de la communauté indo-pakistanaise ont décidé de partir et nous craignons que ce nouveau record absolument terrible ne donne encore plus l’envie à d’autres de partir et de délocaliser leurs activités dans les pays voisins », a prévenu Michel Frachet. 
Celui-ci s’inquiète également de l’image que renvoie Madagascar à l’étranger. « Quand cela va-t-il s’arrêter ? », demande le Directeur du CFOIM, appelant les autorités malgaches à tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité des tous les résidants à Madagascar, « peu importe leur nationalité et leur religion». Le CFOIM relativise par ailleurs les informations selon lesquelles les familles des victimes ne collaborent pas avec les autorités. D’une part, les autorités soutiennent qu’il n’y a pas besoin de plainte pour des affaires comme celles-ci et souvent les familles ne sont pas présentes, indique Danil Ismael. Pour sa part, Michel Frachet évoque l’état de stress des familles et affirme que de très nombreuses familles, après les enlèvements, communiquent les informations dont ils ont pu disposer pendant l’enlèvement. « Il ne faut pas généraliser sur le procès d’intention parce qu’il y a une volonté de collaborer et nous sommes en train d’aller dans ce sens » indique-t-il…
La rédaction

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Editorial

  • Quel message !
    100 ans ! S’il était encore resté vivant, parmi les siens, Madiba aurait 100 ans mercredi dernier. En effet, Nelson Rolihlahla Mandela, de son vrai nom, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, dans la province de Cap et mort à l’âge de 95 ans, le 5 décembre 2013 à Johannesburg, Afrique du Sud.Faisant partie d’une rare élite noire dans une République sud-africaine (RSA) ségrégationniste, dirigée d’une main de fer par les Blancs, Nelson Mandela, avocat de son état, s’engagea dès son jeune âge dans la lutte contre toutes formes d’injustice, d’inégalité et de non-respect des droits humains. Il fonçait tout droit dans la bataille, parfois armée, contre la politique de ségrégation raciale appliquée par les tenants du pouvoir.

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