Publié dans Politique

Report de la présidentielle et nouvelle transition - Tollé général contre la manœuvre de certains candidats

Publié le dimanche, 21 octobre 2018

La seule idée d’un report de l’élection présidentielle et d’une nouvelle transition a suscité un tollé général auprès d’une frange non négligeable de la population malagasy. Ces éventualités ont en effet été formulées par une vingtaine de candidats à l’élection présidentielle du 7 novembre qui se sont réunis, vendredi dernier à Nanisana, au cours d’une rencontre organisée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Un « accord politique » a été signé par ces prétendants à la magistrature suprême à l’issue de la réunion durant laquelle ils évoquent la nécessité d’une réouverture de la liste électorale, la mise en place d’une Cour électorale spéciale ainsi que la tenue d’une Conférence souveraine. Des demandes dont les objectifs in fine sont de reporter la tenue du scrutin présidentiel et d’instaurer une nouvelle période transitoire dans le pays.


La démarche de ces candidats est dénoncée de toutes parts, par les politiciens, les organisations de la société civile et par les simples citoyens.  Il faut savoir en effet qu’une réouverture de la liste électorale ne peut se faire qu’en trois mois, ce qui signifie donc implicitement un report du scrutin présidentiel. En outre, la conférence souveraine prévue ce jour devrait, selon les bruits de couloirs, déboucher sur la demande de mise en place d’un nouveau gouvernement. Faut-il d’ailleurs souligner que sous les autres cieux, ce genre de conférence a souvent été à l’origine de la mise en place d’un régime transitoire chargé de faire voter une transition… Pour beaucoup, s’être acquitté de la caution de 50 millions d’ariary pour être inscrit dans la liste des candidats à la présidentielle ne donne pas le droit à ces derniers de s’ériger en parlement ou un pouvoir souverain, en changeant la Haute Cour électorale en CES et en mettant en place un nouveau gouvernement. Cela s’assimile à un « coup d’Etat », ce qu’a d’ailleurs indiqué le candidat Roland Ratsiraka. Pour beaucoup, ces candidats semblent uniquement penser à leurs intérêts personnels en voulant mettre en place une transition et en tentant d’empêcher l’alternance démocratique. Pour les observateurs avertis, si l’objectif de la rencontre était de résoudre les failles dans le processus électoral, le débat aurait dû être orienté vers la recherche de solutions techniques pour résoudre ces problèmes. Faut-il souligner que des solutions légales et applicables sont possibles. L’on évoque notamment le recours aux ordonnances sur la base de l'article 42 de la loi organique sur le régime général des élections et des référendums. Pourtant, ce qui s’est passé vendredi sort du cadre technique pour pénétrer celui de la politique.
Les analystes sont nombreux à affirmer que l’accord politique de Nanisana n’est ni plus ni moins qu’un coup d’Etat en direct, puisque diffusé sur les chaînes nationales. A ce sujet, il faut noter que le Premier ministre n’aurait pas été avisé de la diffusion de cette rencontre sur les chaînes nationales, une décision prise unilatéralement par le ministre de la Communication… En tout cas, il est important de souligner qu’un accord politique ne peut pas changer le gouvernement ou se substituer à une loi pour à nouveau ouvrir la liste électorale. D'ailleurs, la HCC a déjà débouté ces candidats. Jusqu’à preuve du contraire, en tout cas, l'élection aura bel et bien lieu. Ces candidats n’ont pas le droit de confisquer le droit de tout un peuple d'élire le Président qu'il veut. Ils n'ont aucune légitimité pour empêcher la tenue de l'élection. L’opinion est loin d’être dupe par rapport à ces manœuvres qui ne profitent qu’à une poignée de personnes.

La Rédaction

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Editorial

  • Arrogante !
     Contre vents et marées, la CENI publia officiellement les résultats provisoires de l’élection du Président de la République du 7 novembre 2018. Le schéma d’un deuxième tour se confirme. En dépit des anomalies et des irrégularités constatées, soulevées et dénoncées par l’ensemble des candidats, la Commission ne fait qu’à sa tête et se moque royalement de ces légitimes réserves. Elle  défend, farouchement, par la voix de son président, Maitre Hery Rakotomanana, la supposée légitimité de sa démarche. Toujours selon cet avocat de renom, trois piliers sous-tendent les actions, à savoir : la transparence, la neutralité et l’indépendance. Personne ne conteste ni remet en cause la pertinence ou la nécessité de ces bases cardinales. Seulement, certain comportement des dirigeants de cette honorable Institution les contredit. Ainsi, des faits avérés troublants laissent planer le doute quant à l’existence réelle de la transparence, à la fiabilité de la neutralité et à la véracité de…

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