Publié dans Politique

Conférence souveraine - Les candidats « anti-7 novembre » se couvrent de ridicule

Publié le lundi, 22 octobre 2018

Les commentaires  -  certains sarcastiques et d'autres acerbes -  fusent de partout pour fustiger l'initiative des candidats « anti-7 novembre » visant à torpiller la toute prochaine élection présidentielle à près de deux semaines de sa tenue, initiative mise au grand jour à l'occasion de la réunion initiée par la CENI vendredi dernier à Alarobia. Si dans le milieu diplomatique, on ironise sur ce combat d'arrière-garde aux allures de fuite en avant orchestré par des candidats visiblement en mal d'audience, auprès de l'opinion publique nationale, c'est une levée de boucliers généralisée face à la velléité affichée par ce collectif de perpétrer un coup d'Etat à travers la mise en place d'une nouvelle transition, avec pour cheval de bataille les imperfections de la liste électorale.

Si l'on s'en tient à ce qui s'est dit vendredi dernier en effet, il suffirait  pour les candidats qui adhèrent au mouvement d'organiser une conférence auto qualifiée de « souveraine »  -  une trouvaille du doyen Didier Ratsiraka -  pour que les résolutions qui en ressortent aient une force exécutoire. C'est-à-dire des résolutions à valeur supra-constitutionnelle et ayant pour effet de suspendre certaines dispositions du texte fondamental et de s'imposer aux Institutions et autorités en place. Et selon les plus virulents des intervenants de samedi dernier, la dissolution du Gouvernement, la mise en place  d'une Cour électorale spéciale pour connaître le contentieux électoral au lieu et à la place de la HCC et le noyautage de la CENI seraient, entre autres, les conditions sine qua non de la tenue de l'élection présidentielle à une date qui, par ailleurs, resterait encore à déterminer. Si ce n'est pas une nouvelle transition, Dieu que ça y ressemble…
La question qui se pose est de savoir si ceux qui la défendent sont bien convaincus du bien fondé d'une telle démarche. Car il faut donc convenir que le fait d'être déclaré éligible conférera à de simples citoyens le droit de décider de la date de tenue de l'élection à laquelle ils sont candidats, de changer, de suspendre ou de créer des Institutions appelées à organiser ladite élection. Si tel est le cas, dorénavant, le premier politicien machiavélique n'aura plus qu'à financer les 50 millions d'ariary de caution d'un groupe de quidams pour pouvoir faire la pluie et le beau temps, lors des élections présidentielles à venir. Plus sérieusement, il faut se rappeler que c'est le scrutin auquel les candidats se présentent qui déterminera leur légitimité auprès de la population et nullement leur nombre par rapport au collège de candidats. Autrement dit, à ce stade du processus, rien ne dit que ces « anti-7 novembre » représentent bel et bien la majorité des électeurs malgaches et détiennent une quelconque légitimité.
Coup d'Etat de salon
Vendredi dernier, beaucoup ont remarqué le forcing opéré par certains intervenants afin d'amener les candidats présents à adhérer à leur cause, celle qui consiste à empêcher coûte que coûte la tenue de l'élection présidentielle à la date du 7 novembre prochain. Les imperfections  de la liste électorale n'auront été que le cheval de bataille (ou de Troie) pour mener, mine de rien, vers le report aux calendes grecques dudit scrutin et de fil en aiguille, vers la mise en place d'un régime de transition auquel, bien évidemment, les initiateurs ont déclaré être « disposés » à participer. Un raccourci vers la prise de pouvoir, faute d'y parvenir par les urnes. Un véritable coup d'Etat de salon, en somme. Pour leur part, pour avoir été associés, volontairement ou non, à des personnalités ayant une peur bleue de la confrontation électorale et qui, de ce fait, n'avaient plus rien à perdre mais tout à gagner, les « nouvelles têtes » (entendre par là ceux qui se jettent pour la première fois dans la course à la magistrature suprême du pays), qui voulaient pourtant tirer profit de leur image de « olombaovao », ont vu leur cote de popularité faire une chute libre auprès d'une partie non négligeable de l'électorat. Celle-là même qui n'acceptera jamais que l'élection soit reportée ne serait-ce que d'une journée et qui, de ce fait, voit le diable en personne en tout initiateur de manœuvre en ce sens, qu'il se prénomme Eric, Dama, Fanirisoa ou Ny Rado.
La Rédaction

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Editorial

  • Arrogante !
     Contre vents et marées, la CENI publia officiellement les résultats provisoires de l’élection du Président de la République du 7 novembre 2018. Le schéma d’un deuxième tour se confirme. En dépit des anomalies et des irrégularités constatées, soulevées et dénoncées par l’ensemble des candidats, la Commission ne fait qu’à sa tête et se moque royalement de ces légitimes réserves. Elle  défend, farouchement, par la voix de son président, Maitre Hery Rakotomanana, la supposée légitimité de sa démarche. Toujours selon cet avocat de renom, trois piliers sous-tendent les actions, à savoir : la transparence, la neutralité et l’indépendance. Personne ne conteste ni remet en cause la pertinence ou la nécessité de ces bases cardinales. Seulement, certain comportement des dirigeants de cette honorable Institution les contredit. Ainsi, des faits avérés troublants laissent planer le doute quant à l’existence réelle de la transparence, à la fiabilité de la neutralité et à la véracité de…

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