Publié dans Politique

Concours d'entrée à la Police Nationale - Quand le favoritisme supplante le mérite !

Publié le lundi, 05 novembre 2018

Déception et consternation ! Tels sont les sentiments qui prévalent chez les familles de quelques recalés du concours d'entrée à l'Ecole nationale supérieure de police (ENSP). Un sentiment qui est loin d'être animé par l'échec mais par l'injustice. Pour comprendre les tenants et aboutissants de l'affaire, revenons d'abord au début de l'histoire. Le 31 mars 2017, le ministère de la Sécurité publique et le ministère de la Fonction publique publient un arrêté interministériel portant ouverture du concours direct et concours professionnel pour le recrutement de 20 élèves commissaires de Police. 16 candidats sont disponibles pour le concours direct destiné aux civiles tandis que 04 autres places sont réservées au concours professionnel pour ceux qui font déjà partie du corps de la Police.

A la vue d'une telle opportunité, les jeunes qui ont voulu intégrer la Police Nationale ont donc accouru pour déposer leurs candidatures. Une fois les dossiers retenus, les candidats ont participé aux épreuves qui étaient sous forme écrites, orales puis physiques. Cette dernière étape étant cruciale étant donné la condition physique exigée dans l'exercice du métier de policier. Durant les épreuves physiques, des candidats ont remarqué que certains de leurs concurrents avaient du mal à exécuter les tests, dont une course sur un parcours de 800 à 1000m, qui leur ont été soumis. Une candidate a même failli ne pas terminer son épreuve et a du s'arrêter avant de reprendre sa course qui a finalement duré 10mn. Une performance qui peut être jugée médiocre et passible d'une note éliminatoire.
Combat judiciaire
Au moment de la publication des résultats du concours, grande fut la surprise de ces quelques candidats en voyant leurs noms parmi les recalés. Pire, la stupeur leur a gagné en s'apercevant que des candidats moins performants dont la candidate à la traîne pendant l'épreuve physique ont bel et bien été admis. Gagné par un sentiment d'injustice, les jeunes candidats recalés ont tenté de demander la raison de leur élimination. En guise de réponse, les raisons invoquées étaient le strabisme (défaut de parallélisme des axes visuels, qui fait que les yeux ne regardent pas exactement dans la même direction en même temps) pour l'un et le défaut de diplôme pour l'autre.
Décidés à ne pas se laisser faire dans cette injustice et redoutant de l'existence des interventions en haut lieu, les candidats recalés ont alors décidé de porter l'affaire devant le conseil d'Etat. Petite victoire, pendant le premier procès qui s'est tenu au mois de juin dernier, la rentrée des nouvelles recrues à l'ENSP a été ajournée. Après réquisition du tribunal, les notes délibérées ont été mises à la disposition des plaignants et les motifs invoqués (dont le strabisme) y étaient inscrits. De la pure invention pour les plaignants car plusieurs certificats médicaux dont un délivré par le dispensaire de la police a déclaré les candidats aptes donc dépourvus de toute anomalie physique. Stupeur encore pour eux en découvrant que les 3 candidats recalés ont obtenu des notes supérieures à celles
des admis. Parmi ces derniers, la fameuse candidate de l'épreuve physique qui n'a obtenu qu'une note en dessous de 10/20 mais a néanmoins été admise.
Intervention
Au final, le dossier des plaignants a été rejeté par le tribunal. Curieuse coïncidence, cette décision du Tribunal est sortie au moment ou le ministre de la Sécurité publique a assuré l'intérimaire du ministre de la Justice qui a fait un déplacement à l'étranger. De surcroît, le tribunal n'a publié aucun motif de rejet qui devra pourtant permettre aux plaignants de faire un recours ultime.
Malgré les négociations menées par l'avocat des plaignants auprès des responsables de la Police Nationale, ces derniers n'ont pas voulu réintégrer les méritants. Ces derniers et leurs familles se sont heurtés à un rejet d'audience du ministre de la Sécurité publique. « Nous ne savons plus à quel saint se vouer. Mais nous n'allons pas baisser les bras car accepter une telle injustice revient à cautionner la culture du népotisme au détriment du mérite », confie la mère d'un des candidats méritants qui fut recalé. Leur combat continue !
S. R.

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Editorial

  • Flou déroutant !
    Pour des raisons qui restent à définir sinon à  éclaircir, la CENI s’entête à œuvrer dans un cadre embrouilliaminique. Le manque de visibilité dans lequel les travaux relatif aux décomptages et aux traitements des voix issues de l’élection présidentielle du 7 novembre 2018 s’effectuent, irrite les esprits. L’entêtement de l’équipe du Maitre Hery Rakotoarimanana à continuer de publier des contestés déconcertent plus d’un. Elle juge inappropriée la requête des proches collaborateurs de certains candidats, entre autres ceux du MAPAR d’Andry Nirina Rajoelina, de revoir le mécanisme de traitement des procès-verbaux (P.V.) émanant directement des Bureaux de vote (B.V.). Les décalages sont flagrants ! Il se trouve que le candidat n° 13 soit  le plus perdant dans cet imbroglio. Mais en fin de compte, la majorité des candidats se sentent tous lésés à travers ce mic-mac. Mais, la CENI ne veut rien en savoir ! 

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