Publié dans Politique

Visite de Ravalomanana aux Barea - Une offense au football malagasy

Publié le jeudi, 15 novembre 2018

Quel culot. Le candidat Marc Ravalomanana est venu au stade de Mahamasina hier pour assister à l’entraînement de l’équipe nationale de football en préparation de son match de dimanche contre le Soudan dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2019. A la phase finale de cette compétition qui se déroulera en principe au Cameroun l’année prochaine, Madagascar a déjà obtenu son ticket de participation. Ce qui constitue une grande première pour le football du pays.

En pleine élection présidentielle, Marc Ravalomanana profite l’occasion pour faire une récupération politique de cette qualification. Et pourtant de tous les Présidents de la République et chefs d’Etat qui se sont succédé à la tête du pays, Marc Ravalomanana est celui qui n’a rien fait pour le football malagasy. Dès que son poulain en l’occurrence Ntsoa Randriamifidimanana avait échoué en effet à sa tentative de succéder  à Benony Jacques en 2003 à la tête de la fédération nationale (FMF), Marc Ravalomanana ne voulait que du mal au football local en général et au président de l’association nationale élu, Ahmad, en particulier. Au lendemain de l’élection de ce dernier, le ministre des Sports de l’époque, sous les ordres certainement du Président de la République, s’empressait d’annuler le verdict de l’assemblée générale élective et a ordonné une seconde élection. Le résultat était le même et la troisième tentative s’est heurtée au refus du directeur du sport fédéral qui a préféré rendre son tablier que d’exécuter les ordres de ses supérieurs. Depuis, Ahmad et la fédération nationale  sont devenus la bête noire de Ravalomanana.
 La seule fois qu’il portait un intérêt à la sélection nationale, c’est lors de la venue de la Côte d’Ivoire et Drogba à Antananarivo. Avec l’un de ses fils, Ravalomanana est venu assister au match et au cours duquel, il demandait au président de la fédération ivoirienne, Jacques Anouma, et non au président Ahmad, de trouver un entraîneur étranger pour les Barea. Personne n’est en mesure d’affirmer si c’est suite à cette demande qu’un technicien allemand débarquait à Antananarivo quelques mois plus tard. Mais au lieu de prendre ses fonctions en tant qu’entraineur, l’Allemand, malgré lui,  a été nommé conseiller technique du Président de la République. Il n’a jamais mis les pieds au siège de la fédération à Isoraka ni diriger à un regroupement des Barea.
En 2007, Ravalomanana revenait de nouveau à l’attaque en décidant par le biais du ministre des Sports, Patrick Ramiaramanana, de dissoudre la fédération nationale. Un acharnement de trop  a mis en colère la FIFA qui, 48 heures après, a décidé de suspendre Madagascar et ce jusqu’à la remise en place de la fédération dissoute. Une lettre menaçante de Sepp Blatter, président de la  FIFA, d’exclure pour de bon Madagascar de la grande famille footballistique mondiale a fini par rendre la raison à Marc Ravalomanana. Pour sauver la face, celui-ci a limogé sur le champ  le malheureux Patrick Ramiaramanana, bouc émissaire dans cette saga qui a failli coûter cher au football malagasy.
Tels sont les coups bas perpétrés par Ravalomanana au ballon rond local en tant que Président de la République. Mais auparavant quand il dirigeait la mairie d’Antananarivo, tout le monde se souvient encore de la manière par laquelle il interdisait la tenue  à Mahamasina de la rencontre entre le Super Eagles du Nigéria et l’équipe nationale malagasy. Pour faire taire tout le monde, il a fait creuser un gros trou sur la pelouse de Mahamasina et ce à une semaine de la rencontre internationale.
Et aujourd’hui, ce Monsieur qui a fait tant de mal au football malagasy se permet de se rendre au chevet des Barea en se faisant photographier à leur entraînement et de leur offrir une goutte d’eau de millions d’ariary. Si ce n’est pas une offense, Dieu que ça lui ressemble…
La rédaction

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Editorial

  • Impunité zéro
    De grosses têtes tombent, du moins commencent à tomber. De gros bonnets ou de gros poissons se font coincés dans le filet des limiers. Le temps de l’impunité est révolu. Finie l’époque où seuls les menus fretins payèrent les pots cassés. Le Président de la République, Rajoelina Andry Nirina, lors de son discours d’investiture déclarait qu’il va mener une bataille sans merci et sans pitié contre la corruption, le pillage des richesses naturelles, souvent endémiques, toutes formes d’exactions frauduleuses, les détournements de deniers publics et le gaspillage du Trésor public, etc. Il déclenchera également la lutte intransigeante contre l’insécurité. Dans la foulée, notre jeune et courageux Chef d’Etat prendra aussi des mesures urgentes afin de soulager, à long terme, le malheur de son peuple. Et pour couronner le tout, Rajoelina  s’engagea  à éradiquer, dans tout le pays, toutes les formes d’impunité. Le régime IEM tranche avec tous ses prédécesseurs  dans…

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