Publié dans Politique

Agression d’un avocat et destruction de bien d’autrui - Un auteur gardé à vue, deux autres recherchés

Publié le dimanche, 02 décembre 2018

Un avocat avait été tabassé par trois inconnus au petit matin samedi dernier à Antanimena. L’agression, qui a causé un traumatisme  crânien  chez la victime et la destruction de sa voiture, a été filmée par un passant et mettant en exergue une scène choquante ayant mis en colère plus d’un. Pendant plus d’une bonne minute, on y voit deux hommes sans armes à genoux face à trois autres gaillards dont l’un est armé d’un pistolet. Celui-ci lance des propos virulents tout en envoyant un coup de pied digne d’un karatéka sur la tête de la victime qui, sans pouvoir se défendre, n’a fait qu’encaisser le coup tout en effaçant avec l’une de ses mains son visage ensanglanté. Ce monsieur tabassé et humilié n’est autre qu’un membre du barreau en l’occurrence Maître Ialy et les auteurs de ces violences inouïes ne sont que les fils du directeur de la sécurité de la Primature. L’un d’eux serait un militaire, celui qui tenait le pistolet, et son frère, plus corpulent, habiterait à l’étranger et serait de passage au pays. La 3e personne pourrait être un des gardes rapprochés du père des agresseurs.

L’avocat n’a dû son salut qu’à l’arrivée d’un policier averti pas des passants. Les raisons de cette barbarie restent jusqu’à maintenant indéterminées, n’empêche, l’acte est  indigne du statut familial des agresseurs. Emmenés au commissariat central de la Police pour enquête et déposition, les agresseurs ont été renvoyés chez eux tandis que Maître Ialy a été transporté d’urgence à l’hôpital d’Ampefiloha où il a reçu les traitements et effectué une radiographie. Là, des avocats en colère assistaient leur collègue qui entre les multiples interventions des médecins urgentistes a livré ses versions des faits bien qu’il ne soit pas encore dans son état normal à cause des coups de pieds et de crosse du pistolet. Et ce en plus du choc moral, lui qui se sentit humilié. Dans la matinée de ce samedi, le directeur de cabinet du ministre de la Sécurité publique a démenti lors d’une conférence de presse l’appartenance d’un des agresseurs au corps de la Police nationale. Auparavant, un porte-parole de l’ordre des avocats de Madagascar a manifesté son indignation “Nous ne nous laisserons jamais faire car il s’agit d’un confrère. Il y a pire, il a encore reçu la menace d’une nouvelle agression sitôt qu’il sera rétabli. Nous allons donc devoir porter l’affaire devant la Justice. Nous n’admettrons aucune impunité dans cette affaire”, a –t-il signifié. Impunité, c’est également le terme employé par la Primature dans un communiqué du Premier ministre Ntsay Christian qui invite les Forces de l’ordre à diligenter une enquête et de sanctionner les auteurs si les faits sont avérés et que personne ne doit être  au- dessus des lois. Dans la foulée de ce communiqué, livré en milieu de la matinée, un autre est sorti quelques heures plus tard et mentionnant la suspension à ses fonctions du directeur de la sécurité de la Primature pour une durée indéterminée. Selon des sources, ce Général qui occupait ce rôle depuis le Pm Mahafaly Solonandrasana serait même interdit d’entrée à la Primature et son limogeage est sérieusement envisagé en haut lieu. La faute de ce dernier pourrait être le fait d’avoir intervenu en faveur de ses progénitures. Dans l’après- midi de samedi, la section des recherches de Fiadanana a été saisie d’une plainte émanant de Maitre Ialy. Par la suite, elle a auditionné l’un des agresseurs et l’a placé ensuite en garde à vue dans ses locaux. Les deux autres sont eux aussi convoqués mais ne se sont pas encore présentés, du moins jusqu’à hier. D’après des informations, celui qui a donné le fameux « mae geri » se trouvait à l’hôpital… Affaire à suivre
 La rédaction

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Editorial

  • Impunité parlementaire ?
    Les députés ont adopté, en séance plénière, une résolution pour la libération de leurs pairs Hasimpirenena Rasolomampionona, élu à Fandriana et Raveloson Ludovic élu à Mahabo, incarcérés pour des affaires qui les concernent personnellement. Suite à la recommandation de la Commission permanente chargée de l'examen des demandes de suspension de la détention, des mesures privatives et restrictives de liberté ou de la poursuite d'un député présidée par Rakotomalala Lucien, député élu à Morombe, les députés ont pris la résolution de libérer les deux élus. Le Bureau permanent est chargé de le transmettre à qui de droit. A charge pour le Gouvernement et la Justice de prendre leurs dispositions. Evidemment, le comportement pour le moins corporatiste crée des vagues.  

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