Publié dans Politique

Programme économique - Andry Rajoelina face au patronat

Publié le mardi, 04 décembre 2018

Une rencontre de la plateforme du secteur privé avec les deux candidats finalistes à l'élection présidentielle malgache a été organisée hier par le Groupement des entreprises de Madagascar à l'Hôtel Carlton à Anosy. L'occasion notamment pour le candidat Andry Rajoelina de dévoiler son programme économique devant les membres du patronat malgache. 

Durant deux heures, selon le format convenu avec les organisateurs, Andry Rajoelina a répondu aux 19 différentes questions, posées par les représentants d'organisations du secteur privé, sur des thèmes biens spécifiques sur son programme économique. Une question sur la politique a été également posée. Pour booster l'économie nationale, redynamiser le secteur privé, le candidat entend actionner quelques leviers, que sont l'agrobusiness, les mines, le tourisme, l'économie bleue et l'énergie. Loin de faire de la figuration devant patronat, Andry Rajoelina entend faire la différence à travers des offres concrètes.

Il s'agira ainsi d'offrir des conditions sécuritaires pour les investisseurs. Cela va passer par l'emploi de nouvelles technologies pour lutter contre le vol de bovidés et la mise en place de forces spéciales pour lutter contre les kidnappings. Pour attirer les investisseurs, le candidat propose diverses réformes telles que la révision du code des investissements de Madagascar, le maintien du taux de change, la fin de la concurrence déloyale, la construction de tribunaux de proximité, la responsabilisation des titulaires de mandat publics, l'assainissement du système de passation de marchés, etc.

Autre mesure envisagée par le candidat, la facilitation des investissements en créant notamment une banque d'investissement, la facilitation de l'implantation d'industrie dans les secteurs clés à Madagascar et dans les Régions du pays. En ce qui concerne le secteur du tourisme, le prétendant à la magistrature suprême prévoit de répertorier les zones où on peut investir dans le domaine touristique à Madagascar, toujours pour attirer les investisseurs.

Non à la privatisation de la JIRAMA

Touchant mot du domaine de l'énergie, il envisage l'électrification équitable et à moindre coût dans chaque chefs-lieux de province mais qui va s'étendre dans chaque district.  Toujours en matière d'énergie, il a fait une annonce forte. « Je refuse la privatisation de la JIRAMA » dit-il, proposant au passage de revoir les contrats léonins qui sont vétustes. Sur le long terme, l'objectif est d'exploiter au maximum les possibilités des centrales hydroélectriques. A court terme, il propose la mise en place de centrales hybrides ou renouvelables ou encore le développement des centrales fonctionnant au charbon. Il ambitionne de doubler la production d'électricité d'ici cinq ans avec un prix diminué de 20%. En matière d'infrastructures, il envisage la construction 3500 km de routes en cinq ans, grâce à l'appui du privé.

Aux membres du secteur privé, il annonce la tenue d'états généraux de l'économie, afin d'aboutir à l'élaboration d'un plan de relance économique conjoint engageant toutes les parties prenantes, l'Etat le secteur privé, les partenaires sociaux tout ça s'étalant sur trois ans et se déclinant avec des objectifs. En matière d'industrialisation, Andry Rajoelina indique que : « Tout ce dont nous avons besoin doit être transformé dans le pays ».

Sur le plan de l'agriculture, le leader de l'IEM entend augmenter les surfaces cultivées pour lutter notamment contre l'insécurité alimentaire. Pour ce qui est des richesses naturelles du pays, Andry Rajoelina envisage de mettre en place un système de contrôle et de suivi et de travailler avec des sociétés spécialisées pour notamment l'exploitation aurifère. Pour ce qui est de l'économie bleue, il annonce des investissements dans la protection des côtes et l'audit de tous les contrats marins.

En matière de développement du capital humain, il préconise la mise en place de centre de formations dans les Régions et la mise en place du système de Certificat d'aptitude professionnelle pour faciliter l'accès aux emplois dès 18 ans et le renforcement des secteurs pourvoyeurs d'emplois tels que dans les télécommunications. Interrogé finalement sur une révision éventuelle de la Constitution, il affirme que cela n'est pas la priorité, du moins dans les deux prochaines années.« L'important est le social de la population », dit-il, affirmant envisager de mettre en œuvre un plan d'urgence sociale.

La Rédaction

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Editorial

  • Soixante-et-un ans !
    Ce jour du 14 octobre, la République Malagasy a soixante-et-un ans. En effet, le 14 octobre 1958, la République malgache est née. Une étape voulue par l'Elysée avant d'octroyer l'indépendance. Il fallait attendre deux années après (1960) pour que le Général de Gaule se décide à le faire. Le Congrès des Assemblées provinciales réuni au lycée Gallieni (Andohalo Antananarivo) approuva par 208 voix pour, zéro contre, 26 abstentions et 6 portés absents l'instauration de la République à Madagascar. Zafimahova, celui qui a présidé la séance, annonça solennellement dans un tonnerre d'applaudissements la « nouvelle » ce jour du 14 octobre 1958 à 10 h 50 tapante (source Wikipédia) tout en restant dans la grande famille de la Communauté française.  

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