Publié dans Politique

Victoire électorale de Rajoelina sur Ravalomanana - Jamais deux sans trois

Publié le mardi, 04 décembre 2018

Ce deuxième tour de l’élection présidentielle 2018 du 19 décembre prochain sera la troisième confrontation électorale entre Ravalomanana et Rajoelina. Lors des deux précédentes fois (en 2007 et en 2013), le second a toujours défait le premier. Jamais deux sans trois, dit-on.

Si, jusqu’ici, les deux personnages se sont affrontés via les urnes indirectement, ce 19 décembre, c’est la toute première fois qu’ils seront en opposition frontale sans intermédiaires. Un duel tant attendu par l’électorat et qui explique sans doute les miettes ramassées par les autres candidats lors du premier tour. Un premier tour dont on aurait pu se passer d’ailleurs. Il était prévisible en effet que ce seront les deux principaux protagonistes de la crise de 2009 qui rafleront la mise. La troisième place du Président sortant, candidat à sa propre succession, n’était nullement une surprise étant donné son extrême impopularité à la veille de l’élection.

Pour en revenir aux deux précédents duels éléctoraux ayant mis aux prises Marc Ravalomana et Andry Rajoelina, le premier du genre était l’élection à la Mairie de la Capitale en 2007. A l’époque le patron de l’empire TIKO, alors Président de la République en exercice, avait personnellement mouillé son maillot pour soutenir le candidat du TIM, Hery Rafalimanana qui avait en face de lui celui de la toute jeune formation TGV (Tanora malGasy Vonona), un certain Andry Rajoelina.

« Tsy azo ekena ho lasan’ny mpanohitra Antananarivo » (Il est inacceptable qu’Antananarivo tombe entre les mains de l’opposition), avait martelé le Chef de l’Etat à l’approche du scrutin.On se souvient que, pour bien marquer que son poulain était un candidat d’Etat, Marc Ravalomanana avait mis à la disposition

de ce dernier la voiture présidentielle marquée « FILOHA ». Malgré les coups bas du pouvoir en place (dont le paiement de tous les véhicules de transport en commun desservant Antsojombe où le candidat Orange tenait son meeting « faradoboka »), Andry Rajoelina lamina son adversaire en s’adjugeant plus de 67% des suffrages. Cette défaite cuisante fut le premier message adressé par la population tananarivienne à l’endroit de Marc Ravalomanana, pour le mettre en garde contre sa tendance dictatoriale. Il n’en a pas tenu compte et l’a dit ouvertement d’ailleurs.

Deux sondages, deux résultats identiques

La deuxième confrontation entre les deux personnages fut l’élection de 2013 où, suite au « Ni…ni » imposé par la Communauté internationale, ils ont dû s’affronter par personne interposée. Marc Ravalomanana avait choisi le docteur Jean Louis Robinson pour se présenter à sa place, tandis que Andry Rajoelina a jeté son dévolu sur son ministre des Finances,Hery Rajaonarimampianina. Sans surprise, le résultat du premier tour désigna ces deux candidats de substitution comme finalistes.

Partant d’assez loin en seconde position (15,85 % des voix contre 21,16 %  pour son adversaire), le candidat se présentant sous les couleurs du HVM n’a eu sa victoire qu’à l’implication de Andry Rajoelina ainsi que de sa formidable machine à victoire MAPAR. Renversant la vapeur, Hery Rajaonarimampianina  prit le pas sur Jean Louis Robinson avec 53,49 % des suffrages exprimés et devint ainsi le premier Président de la Quatrième République malagasy. C’est le second affrontement par les urnes entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana qui s’est soldé par la défaite du second face au premier.

Le scrutin du 19 décembre prochain sera  la première occasion  où les deux rivaux en personne vont se mesurer et mano a mano, c’est-à-dire sans la présence d’autres concurrents susceptibles de diluer le débat. Le premier tour du 7 novembre n’aura finalement été qu’un gigantesque sondage d’opinion « grandeur nature » dont on connaît le résultat. Lequel, dans l’ordre, est le même que celui du sondage réalisé par la FES avant le début de la précédente campagne de propagande et  qui a été interdit de publication en raison de « vives préoccupations » des autorités électorales. Deux sondages, deux résultats identiques. Le deuxième tour risque fort de n’être qu’une simple confirmation.

Hery Mampionona   

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Editorial

  • Et les indécis ?
    La campagne électorale pour le second tour du 19 décembre entame la deuxième et dernière semaine. Tous les observateurs et simples citoyens s’accordent à dire qu’on est dans la phase décisive et irréversible devant sceller le sort du scrutin et l’avenir de la Nation. Selon le chiffre annoncé par la Commission  électorale nationale indépendante (CENI) à travers les résultats officiels provisoires et corroboré par la Haute Cour constitutionnelle (HCC) dans le cadre des résultats officiels définitifs, le taux de participation s’élève à 53,95%. Soit, un taux d’abstention de  l’ordre de 46%. Ce qui revient à dire que quelque 4.000.000 de votants, inscrits sur la liste électorale, ne se sont pas déplacés! Un chiffre assez élevé quand même ! Un nombre non négligeable qui risque de mettre en péril ou compromettre la légitimité de l’élu surtout au cas où il se confirmerait ou au pire s’il s’aggrave au second tour. L’abstentionnisme est…

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