Publié dans Politique

Conférence sur la sécurité et défense - Rivo Rakotovao polémique pour un rien

Publié le jeudi, 06 décembre 2018

Ambiance électrique en Conseil des ministres.  Le ton est monté avant-hier lors de la réunion hebdomadaire entre le Chef de l’Etat et les membres du Gouvernement.  Selon le compte-rendu de la réunion, au cours de sa prise de parole en guise d’ouverture de la séance, le  Chef de l’Etat intérimaire, Rivo Rakotovao a fait une remarque appuyée sur  « les interventions directes et publiques de personnes ressources de nationalité étrangère lors d’une récente conférence sur la sécurité, jugées inopportunes en regard de la souveraineté nationale, et entrant, d’autant plus, dans le cadre d’une période de campagne électorale ». Une référence à peine déguisée pour parler de la Conférence sur la sécurité et défense organisée la semaine dernière par Andry Rajoelina dans le cadre de l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar. Un séminaire qui a vu la présence de nombreux experts internationaux en matière de sécurité et défense. D’après le communiqué relatant les décisions prises lors du Conseil des ministres, Rivo Rakotovao a pointé du doigt « la mise en avant de matériels stratégiques de défense, sujets à une réglementation stricte ». « S’en est suivi un lever de boucliers de la part de certains ministres », narre le communiqué de la Présidence qui précise qu’un ministre aurait délibérément choisi de quitter la séance, « estimant avoir été lésé dans le temps imparti aux échanges sur le sujet abordé ».

  A la lecture du compte-rendu, bon nombre d’observateurs de se demander quelle mouche a donc bien pu piquer le locataire d’Ambohitsorohitra. Depuis quand de simples avis de panélistes étrangers lors d’une conférence dédiée à aider un pays à lutter contre l’insécurité et à protéger ses frontières, peuvent-ils être interprétés « comme inopportuns en regard de la souveraineté nationale » ?  A aucun moment il n’a été dit que ces spécialistes internationaux iront effectuer eux-mêmes s’occuper de ces tâches dévolues aux autorités malagasy. En outre, il convient de noter que les matériels utilisés lors de la conférence ont été importés et ont donc passé les procédures douanières régulières. Et que, contrairement à ce qu’affirme le Chef d’Etat, il ne s’agit pas de matériels stratégiques de défense. En agissant de la sorte, Rivo Rakotovao créée une polémique inutile et malvenue.  En tant que Chef de l’Etat, il devrait pourtant se poser en tant que Raiamandreny. Il bafoue la neutralité dont devrait se prévaloir un Chef d’Etat qui est de surcroît intérimaire. Ce faisant, sous couvert d’introduction, Rivo Rakotovao empiète également sur les fonctions du Premier ministre qui est le Chef de l’Administration. Pour beaucoup, le numéro Un de l‘Etat ne devrait pas utiliser le Conseil des ministres comme une arène politique. Il pourrait également être accusé de partialité envers le camp Ravalomanana.
 L.R.

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Editorial

  • Coudées franches.
    Réunie en séance privée dans la matinée du mercredi 13 février 2019, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) déclara conforme à la Constitution la loi 2019-001 autorisant le président de la République à légiférer en lieu et place du Parlement, et pour cela, dans un cadre bien déterminé pour  un temps limité. Rappel, le nouveau Chef d’Etat Rajoelina Andry Nirina, évitant tout risque d’un vide institutionnel pouvant bloquer les actions d’urgence du Gouvernement, soumit au Parlement une loi l’autorisant à légiférer par ordonnance en l’absence du parlement. Au final, les deux chambres ont voté la loi 2019-001 soumise par l’Exécutif. En effet, le 1 er février, l’Assemblée Nationale  l’adopta par une large majorité. Tandis que, le Sénat fit de même le 5 février. Ainsi, sollicitée par le président, pour le besoin du contrôle de constitutionnalité, la HCC décida la  conformité de la loi votée et prit le soin de délimiter le…

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