Publié dans Politique

Premier débat de l'entre-deux-tours - Rajoelina cloue le bec à Ravalomanana

Publié le dimanche, 09 décembre 2018

Face-à-face attendu.  Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana ont débattu pendant près de 2 heures et demie, hier dimanche, à 10 jours du second tour de l'élection présidentielle. Sur le plateau des médias nationaux, les deux finalistes disposaient chacun de 60 minutes pour tenter de convaincre les Malagasy dans la dernière ligne droite  en détaillant leur programme. Si attendu par tous les Malagasy, ce débat de l'entre-deux-tours a surtout été marqué par les passes d'armes  entre les candidats. Premier à s'exprimer lors de ce duel télévisé entre les deux candidats finalistes à l'élection présidentielle, Marc Ravalomanana, a affirmé qu'il n'irait pas dénigrer les autres ni affirmer des mensonges. Pourtant dans la foulée même, l'ex-exilé d'Afrique du Sud fidèle à lui-même, a ouvert le feu contre son adversaire en accusant Andry Rajoelina d'être l'instigateur d'un coup d'Etat.

Par ailleurs, durant deux heures et demie, Marc Ravalomanana répondra à toutes les questions  en mettant en avant son renversement en 2009 et en dressant un état des lieux catastrophique de la Transition, sans apporter de solutions concrètes mises à part des « Kapoakako io ». Tandis que de son côté, Andry Rajoelina se positionnera systématiquement comme un candidat qui veut regarder vers l'avenir, en un homme mature qui vient apporter des solutions.

Ravalomanana bloqué en 2009

Bon nombre d'observateurs n'ont pas manqué de faire remarquer que Andry Rajoelina n'a pas eu de mal à remporter les échanges, mettant à mal à de nombreuses reprises son adversaire, sans voix devant certaines vérités. Les exemples ont foisonné durant le débat.

« Le calendrier du Président Ravalomanana semble s'être bloqué en 2009 » fera remarquer ironiquement Andry Rajoelina à l'endroit de Marc Ravalomanana. Le TGV qui ne manque pas de rappeler que ce dernier s'est autoproclamé deux fois en 2002. « C'est cela un coup d'Etat », interpelle-t-il.

« C'est vous qui êtes intervenu  par téléphone depuis l'Afrique du Sud, des enregistrements existent pour le prouver, pour annoncer que vous offriez comme cadeau de Noël aux Malagasy, la suspension de l'AGOA, juste pour sanctionner Rajoelina », interpelle en outre, Andry Rajoelina. Ce à quoi Marc Ravalomanana s'est contenté d'un « Je n'ai pas fait couper l'AGOA. Ils ont décidé en voyant le coup d'Etat  ». Quelques minutes plus tard, Marc Ravalomanana a affirmé avoir donné 5 milliards d'ariary pour la construction de l'Hôtel de ville et affirme l'existence de rencontres entre les deux hommes préalablement à cette aide.  Il n'a toutefois pas pu apporter de preuves. Dans l'obligation de rétablir la vérité, Rajoelina s'interroge pourquoi alors le régime Ravalomanana a mis des bâtons dans les roues de la CUA à l'époque et pourquoi aucun représentant de l'Etat n'est venu lors de la pose de la première pierre.

De nombreuses incohérences

Durant le débat, Marc Ravalomanana a annoncé vouloir un régime présidentiel fort. Il prétend faire de la décentralisation effective sa priorité des priorités. Une « incohérence » que n'a pas manqué de dénoncer Andry Rajoelina qui rappelle que durant le régime Ravalomanana, la Présidence a été dotée d'un budget de 73 milliards d'ariary contre 4 milliards seulement consacrés à la décentralisation. Le leader du TGV n'a pas manqué de faire remarquer une autre confusion, rappelant que Ravalomanana, par haine pour Rajoelina, avait déclassé Antananarivo en catégorie 5 et fait emprisonner des maires d'obédiences différentes du TIM. « Comment croire que vous allez effectivement mettre en place une décentralisation effective ? (…) Fay aho, tena fay aho, affirment de nombreux maires face à votre idée de la décentralisation », ironise Rajoelina.

Et lui de rajouter avoir augmenté les subventions pour les Communes et œuvré pour l'augmentation des subventions pour les chefs fokontany. Sur le plan de l'insécurité, Ravalomanana annonce mettre fin à ce fléau en 100 jours. Clouant le bec à son adversaire du soir, Rajoelina souligne qu'il n'a pas attendu d'être éventuellement Président de la République pour lutter contre le phénomène.

Impression de flou

Parlant des financements, Ravalomanana a posé la question de savoir d'où venait l'argent de Rajoelina durant la Transition. « Il est tout à fait normal que vous posiez la question car vous ne savez pas utiliser l'argent entre vos mains » lance Andry Rajoelina, qui rappelle plus tard au cours du débat que Ravalomanana a ordonné que 110 milliards d'ariary soient décaissés par le Trésor public pour l'achat de l'avion présidentiel. « Savez-vous au moins combien d'enfants auraient pu être sauvés grâce à cet argent ? », dit Rajoelina. 

Attaqué par son adversaire sur la question du trafic de bois de rose, Andry Rajoelina de faire remarquer que ce phénomène a augmenté sous Ravalomanana et de rappeler que des rondins de ce bois précieux ont été découverts chez le fils de Ravalomanana et au Palais d'Etat d'Iavoloha lors de la chute de cet ex-Président. Ce dernier  qui a juste botté en touche en dédouanant son fils et martelant que le bois découvert au Palais avait été entreposé là par des membres de la société civile. Ravalomanana a également été pris au dépourvu par la question de Rajoelina concernant la puissance disponible en hydroélectrique à Madagascar, lâchant un 200 000 Mw alors que le pays ne dispose que de 7 800 Mw…

Finalement, en 2h30 d'émission présidentielle on n 'a pas eu droit à un véritable débat de fond, mais plutôt à un pugilat politique qui se sera terminé avec un Marc Ravalomanana laissant une impression de flou, quant à son programme et un Rajoelina beaucoup plus précis dans ses propositions. Pour ces raisons, beaucoup estiment que ce dernier est sorti vainqueur de ce débat... Le second round aura lieu le 16 décembre prochain.

 La rédaction

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