Publié dans Politique

Bois de rose stocké à Iavoloha - Rolly Mercia pris en flagrant délit de mensonge

Publié le jeudi, 13 décembre 2018

Lors d’une émission diffusée par une station de télévision de la place le weekend dernier, Rolly Mercia avait fait une déclaration fracassante selon laquelle le stock de bois de rose découvert au Palais d’Etat d’Iavoloha en 2009, après le départ précipité de Marc Ravalomanana, aurait été exporté illicitement par Andry Rajoelina dans les deux mois qui suivirent son accession au pouvoir. Un mensonge éhonté puisqu’il est prouvé que le stock en question n’avait pas bougé de l’endroit où il était durant toute la durée de la Transition et s’y trouvait encore après que Andry Rajoelina ait quitté le pouvoir. Dans tous les cas, il y était toujours lors de l’état des lieux effectué par l’équipe de Hery Rajaonarimampianina au lendemain de la prise de fonction de ce dernier, plus précisément le 31 janvier 2014. C’est par la suite qu’il a disparu.

La dénonciation fut faite dans la foulée d’une mise en scène convenue avec le numéro un de la station de télévision diffusant l’émission suscitée, Fidèle Razara Pierre. Ce dernier, après avoir pris à témoin Rolly Mercia sur l’existence en 2009 du stock de bois précieux au Palais d’Etat d’Iavoloha, l’invita à s’exprimer sur ce qu’il est advenu dudit stock par la suite. C’est dans ce cadre que celui qui fut le directeur de la communication de la Présidence dès le début de la Transition  -  donc censé parler en connaissance de cause  -  déclara sans ambages que le stock dont il s’agit fut exporté par Andry Rajoelina dans les deux mois  qui suivirent son accession au pouvoir. Une déclaration qui, si elle était avérée, ferait de son auteur un complice du crime dont il accuse sa cible et ce, pour ne pas l’avoir dénoncé durant près de 9 longues années. Mais là n’est pas le plus grave.


Car la chronologie des faits prouve que, cinq ans après sa prétendue exportation en catimini par Andry Rajoelina dénoncée par Rolly Mercia, le stock dont il est question fut retrouvé à l’endroit même où il  fut mis à jour en 2009, c’est-à-dire au Palais d’Etat d’Iavoloha. En effet, le 31 janvier 2014, l’équipe du Président de la République fraîchement élu Hery Rajaonarimampianina, menée par le conseiller spécial de celui-ci, Jaobarison Randrianarivony, fit état avec fracas de la découverte de bois précieux lors de l’état des lieux consécutif à la prise de possession du Palais. Présent sur les lieux, Rabemananjara Jean Claude, Directeur général au ministère de l’Environnement et des Forêts, de révéler qu’il s’agit de lots issus de saisies effectuées avant 2008 et qui y ont été acheminés et entreposés à la demande du Président de la République de l’époque, Marc Ravalomanana (le reportage complet de la station VIVA Tv sur le sujet est disponible sur You Tube). Et selon le quotidien Midi Madagasikara dans son édition du 3 février 2014, la dernière fois que ces lots ont été inventoriés, c’était en 2008. Tout ceci atteste, sans souffrir la moindre discussion, que le stock découvert en 2014 est le même que Rolly Mercia et Fidèle Razara Pierre affirment avoir constaté de visu en 2009. Celui-là même qui aurait été prétendument exporté par Andry Rajoelina deux mois à peine après son accession au pouvoir !
Au-delà de la question d’éthique que soulève ce mensonge avéré auquel s’est livré le double ancien  ministre de la Communication, il faut savoir que l’acte tombe sous le coup de la loi, et par deux fois plutôt qu’une. D’une part, étant intervenu en pleine période de campagne électorale, il est visé par les dispositions de la loi organique 2018-008 relative au régime général des élections et référendums qui prohibe la production et la diffusion de documents électoraux diffamatoires. D’autre part, s’agissant d’une diffamation par voie de presse, les articles 23 et suivants du Code de la Communication médiatisée sont applicables.
Pour terminer, une question à 1 dollar. Si Andry Rajoelina était vraiment le trafiquant de bois de rose en puissance comme le décrit Rolly Mercia, pourquoi diable aurait-il « épargné » ce stock d’Iavoloha, inventorié le 31 janvier 2014, qu’il avait sous la main durant les 5 ans qu’il a passés à la tête de l’Etat ?
La Rédaction

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Editorial

  • Elan national
    Les portes de la Commission mixte, Malagasy et Français chargée de trancher sur le sort des îles Eparses, s’ouvriront ce lundi 18 novembre 2019 à Antananarivo (Andafiavaratra) avec en toile de fond un tableau apparemment contrasté. D’une part, la récente déclaration, incendiaire et provocante, d’Emmanuel Macron aux îles les Glorieuses  « Ici c’est la France ! » De l’autre, la détermination de Madagasikara de vouloir « récupérer » à tout prix les îles malagasy sournoisement appelées « îles éparses ». Les autorités malagasy, soutenues par l’ensemble de l’opinion nationale, campent sur leur position à savoir les cinq perles dites îles Eparses (Europa, Bassa da India, Juan de Nova, les Glorieuses et Tromelin) sont malagasy et ce conformément aux deux résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 12 septembre 1979 portant n° 34/91 et du 11 décembre 1980 n°35/123.  

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