Publié dans Politique

Gendarmerie nationale - Haro sur la corruption et les abus

Publié le lundi, 11 février 2019

Aussitôt mise en place, aussitôt opérationnelle. La cellule de traitement et de suivi des doléances (CTSD) créée au sein de la gendarmerie à la suite de l’initiative prise la semaine passée par le nouveau secrétaire d’Etat, le général de division Richard Ravalomanana, est en activité. La structure reçoit via des numéros spéciaux et compte Facebook mis à la disposition du public, civils et gendarmes, des désidératas au sujet des agissements des gendarmes en exercice dans toute l’île. L’initiative est destinée à renforcer la lutte contre la corruption, les abus et toute autre forme d’infraction susceptible de nuire au fonctionnement et à l’image de cette institution militaire réputée être parmi les terroirs des pratiques répréhensibles et causant des douleurs sociales pour les habitants. L’anonymat et le secret total sont assurés pour les dénonciations et les signalements. Il faut seulement que les renseignements soient bien fondés.


La structure est un canal permettant aux citoyens de porter plainte contre les cas de corruption et d’abus perpétrés par les gendarmes, tous grades confondus. Les gendarmes eux-mêmes sont aussi encouragés à dénoncer les abus de leurs supérieurs, quel qu’en soit le niveau. Les plaignants seront tenus au courant de la suite à donner à leur doléance. Les enquêtes peuvent aboutir à des sanctions disciplinaires ou pénales ou les deux à la fois, selon la gravité du cas considéré. La gendarmerie figure toujours parmi les institutions publiques aux mauvaises notes au plan de l’indice de perception de la corruption. Les expressions familières « faire le gendarme » et « la peur du gendarme » tendent aussi à se renouveler sans cesse en raison des comportements des gendarmes, des gradés et des officiers. Les gens disent même dans beaucoup de régions qu’il vaudrait mieux avoir affaire à des dahalo qu’à des gendarmes. Sans pour autant les mettre tous dans un même panier.
Pour redresser la situation peu honorable et pour les gendarmes eux-mêmes et pour le pouvoir public, l’initiative du SEG est la bienvenue. Ses successeurs et bien d’autres grands responsables de la gendarmerie ont promis de faire de la lutte contre la corruption et du strict respect de la discipline une priorité. Mais le résultat est tel que des murmures sont toujours entendus. Espérons que ce soit bon cette fois-ci ! L’initiative sera une occasion pour redorer l’image de la gendarmerie dans la conscience collective à Madagascar. Elle sera aussi un moment pour renforcer la collaboration entre cette institution militaire et le public en général afin de lutter ensemble contre l’insécurité rampante dans toute l’étendue du territoire. L’initiative est vouée à réussir à tout prix. Il en va de la restauration de l’autorité de l’Etat. Le SEG sera aussi sûrement évalué sur l’efficacité de son approche au bout de six mois et dans un an.
M.R.

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Editorial

  • L’effet de domino !
    L’interception de Mbola Rajaonah, jugée rocambolesque pour certains, courageuse pour d’autres, déclencha, qu’on le veuille ou non, des ondes de choc dont les fortes vibrations vont secouer d’autres « éléments ». Bien avant, après une petite semaine de leurs installations, les nouveaux responsables mirent aux arrêts une grosse tête de l’ancien régime HVM, Hugues Ratsiferana, pris en flagrant délit de vol et un gros poisson des trafics illicites des richesses naturelles et endémiques du pays, Eddy bois de rose. Ce dernier et Mbola Rajaonah, jusque-là intouchables, mettent en péril la vie des 25 millions de Malagasy. Certes, des « criminels » de leur gabarit existent en quantité dans le pays. Il faut les traquer sans attendre ! Il y a urgence.

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