Publié dans Société

Faux visas de séjour - Le prévenu circule librement

Publié le vendredi, 05 mai 2017

Coup de théâtre pour ceux qui lui sont familiers ! On le croit encore à la prison d’Antanimora alors que ces derniers temps, on le voit circuler librement. Il, c’est R.L.Y., plus connu sous son prénom de Tiana, un richissime businessman de 40 ans qui a eu maille à partir avec la Gendarmerie et la Justice pour une affaire de faux visas, une affaire qui a éclaté vers le début de cette année et qui a défrayé la chronique vers fin février. 

Ses activités illicites consistent à fabriquer de faux documents administratifs afin d’établir des faux visas de long séjour ou professionnels. Deux agents du ministère de l’Intérieur devraient également croupir dans leurs cellules de détention pour complicité de faux et usage de faux avec le quadragénaire. L’opinion ne sait plus à qui se fier après la découverte de cette liberté actuelle du prévenu.

Son principal chef d’accusation a été la confection et l’usage de fausses cartes de résident. Il a pu exercer cette sale activité pendant des années sans qu’il n’ait finalement été inquiété que cette année. Tout a débuté par la plainte contre X déposée par le ministère de l’Intérieur au début de l’année dernière. Mais c’est seulement au mois de décembre dernier que la Gendarmerie nationale a pu arrêter le présumé faussaire après une vaine recherche de la Police nationale. Il faut dire que l’affaire ne mérite guère d’être minimisée. Le préjudice lié aux falsifications ou autres entourloupes administratives menées par cet homme se chiffre à quelque 40 milliards d’ariary, donc un manque à gagner, sinon un véritable gouffre pour la caisse de l’Etat malagasy. Une fouille dans la voiture du faussaire lors de son arrestation a permis de découvrir la présence d’une quantité non négligeable de plusieurs passeports et des cachets administratifs, preuves matérielles de ses activités souterraines.

Durant l’enquête préliminaire, le quadragénaire a révélé la collaboration d’un complice, alors introuvable. Cette piste a par la suite conduit les enquêteurs de la Gendarmerie du côté d’Ambohimiandra, précisément dans une villa cossue. Une perquisition qui s’en était suivie a permis de mettre au grand jour l’équipement complet servant à la confection des faux visas. De même, des passeports et des imprimés de visa ont été trouvés sur place. Les gendarmes ont pu mettre également la main sur des imprimantes, des tampons, des scanners, des cartouches d’encre dans la villa. Dans cette panoplie de passeports saisis à Ambohimiandra, la plupart de ces documents appartiennent à des Turcs, des Chinois, des Indiens, des Africains et des Français. Le client peut s’octroyer d’un visa à hauteur de 10 millions d’ariary. Un rapide calcul permet d’établir un gain journalier ou mensuel du faussaire. Placé à la maison d’arrêt d’Antanimora trois jours après son arrestation, il a par la suite recouvert la liberté, en attendant certainement son procès…

Franck Roland

Fil infos

  • Ravalomanana en défenseur de l’opposition - Mémoire courte, mea culpa ou hypocrisie ?
  • Alana Cutland - Le corps toujours à la morgue de l’HJRA
  • Titre de chef de l’opposition - Insistance gênante de Marc Ravalomanana
  • Gendarmerie Sofia vs Gendarmerie Alaotra-Mangoro - Casse-tête chinois sur l’affaire des 450 zébus
  • Programme national « Fihariana » - Les entrepreneurs du Vakinankaratra à l’honneur !
  • Hery Vaovaon’i Madagasikara - Un petit tour et puis s’en va
  • Ambohimangakely - Un Sprinter volé à deux doigts d’un démontage…
  • Session extraordinaire du Parlement - Accent mis sur les intérêts nationaux
  • Scandales de détournement - Quid des anciens ministres impliqués ?
  • Toamasina - Quand une rumeur provoque une mini-émeute

Editorial

  • Enfin, du changement !
    Le verdict est tombé ! Le pouvoir sous la direction de Rajoelina Andry Nirina abrogea, ce mercredi 14 août 2019, en Conseil des ministres le décret n°2017-096 du 26 avril 2017 portant nomination du directeur général de la Compagnie nationale Jiro sy Rano Malagasy (JIRAMA) Olivier Jaomiary. Nommé il y a deux ans et quatre mois de cela, le 26 avril 2017, sous le régime HVM, Jaomiary Olivier n’a pas réussi à convaincre ni le pouvoir en place, issu de la dernière élection, ni l’opinion publique notamment les usagers. Un moment, se croyant être indéboulonnable de son poste, au-dessus de toute tentative de limogeage, le désormais ex-DG de la JIRAMA finit par se faire rattraper en raison de son incompétence à redresser la Compagnie, mission principale qu’on lui avait confiée.

A bout portant

AutoDiff