Publié dans Société

Toamasina - Un « Karàna » intouchable

Publié le lundi, 08 mai 2017

Un ressortissant « karàna » sème la terreur dans la ville de Toamasina sans être inquiété. La semaine dernière, il a de nouveau tabassé un gardien, suite à un litige foncier. Mais bénéficiant d’une protection en haut lieu, il reste impuni. Contre toute attente, c’est lui qui a porté plainte contre le patron de la victime tout en proférant des menaces. Le pire est à craindre devant les agissements de ce « Karàna » hors du commun.

Intouchable. Un ressortissant indien dicte sa loi dans le Grand port de l’Est. Pas plus tard que la semaine dernière, il a roué de coups un ressortissant malgache assurant le gardiennage d’un entrepôt appartenant à un autre « Karàna ». Avec l’aide de cinq gros bras, ils ont tabassé le gardien, dénommé Vazaha (un albinos) pour que ce dernier quitte les lieux. A priori, il s’agit d’un affrontement sur fond de litige foncier. Grièvement blessé, Vazaha a été évacué d’urgence vers un hôpital le plus proche. Selon les témoignages des riverains, il a été dans un état comateux, mais sa vie n’est plus en danger après qu’il ait reçu les premiers soins. Toutefois, son état est jugé très grave. Le certificat médical délivré par le médecin traitant et des images à l’appui en témoignent.

Du coup, la victime a porté plainte au Parquet du Tribunal de première instance de Toamasina contre cet ancien président d’une communauté « Karàna » de cette localité pour coups et blessures volontaires, menaces…Une infraction qui sera punie d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de 25 000 à 100 000 Fmg, selon l’article 309 du Code pénal malgache. Le propriétaire du lieu a également porté plainte contre cet Indo-pakistanais pour violation de domicile, agression et destruction de biens d’autrui. Vu la gravité de cette affaire, le magistrat en charge du dossier a émis un « soit-transmis » pour enquête et arrestation contre ce ressortissant indien. Mais, ayant senti le danger, le suspect s’est évaporé dans la nature. Il a pris la poudre d’escampette pendant quelques jours pour essayer d’esquiver encore une fois la Justice. Mais, on vient d’apprendre qu’il est de retour à Toamasina depuis hier. Du coup, il a été auditionné par la Gendarmerie locale pour savoir les tenants et aboutissants de cette affaire. Chose curieuse, le fils du suspect a, à son tour porté plainte contre le gardien ainsi que son patron pour violences. Et bizarrement, il a eu un certificat médical…. de complaisance.  

Protection en haut lieu ?

De sources concordantes ont affirmé que ce ressortissant indien bénéficie d’une protection en haut lieu. Raison pour laquelle, il se permet de fouler au pied la loi et les textes existants. Il se vante d’être le financier du régime actuel et ami proche de certains ministres. Vrai ou faux ? En tout cas, son fils et lui n’ont pas cessé de crier haut et fort « qu’ils n’ont rien à craindre tant qu’on peut tout régler par l’argent ».   

Selon d’autres sources, ce « Karàna » n’est pas à son premier acte. Il est également mêlé dans une affaire criminelle. Il est soupçonné d’en être le commanditaire. Par ailleurs, il est aussi impliqué dans une affaire d’exportation de fausses marchandises et d’escroquerie d’une compagnie d’assurance dont le préjudice s’élève à 28 milliards d’ariary. Toutes ces affaires sont désormais pendantes devant la Cour d’Appel de Toamsina. Bref, cet homme agit en toute impunité. Autrement dit, il ne sera jamais tenue responsable de ses actes, tels que des menaces, agressions et meurtres qui restent tous impunis. Cette affaire a provoqué un tollé général dans la ville de Toamasina, notamment dans le quartier de Betainomby. La situation a failli dégénérer, mais la victime et son patron ont calmé la population. Sinon, le pire est à craindre. Des voix s’élèvent pour fomenter une vindicte populaire car plusieurs personnes sont victimes des agissements de ce ressortissant indien. Plusieurs terrains appartenant à des simples citoyens ont été accaparés par ce « Karàna » hors du commun. Ce genre de personne qui ternit l’image de l’ensemble de sa communauté. Il faut cependant séparer le bon grain de l’ivraie. En tout cas, le service du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) est vivement sollicité pour faire la lumière sur les agissements de ce « Karàna ». 

T. Maharavo

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Editorial

  • Enfin, du changement !
    Le verdict est tombé ! Le pouvoir sous la direction de Rajoelina Andry Nirina abrogea, ce mercredi 14 août 2019, en Conseil des ministres le décret n°2017-096 du 26 avril 2017 portant nomination du directeur général de la Compagnie nationale Jiro sy Rano Malagasy (JIRAMA) Olivier Jaomiary. Nommé il y a deux ans et quatre mois de cela, le 26 avril 2017, sous le régime HVM, Jaomiary Olivier n’a pas réussi à convaincre ni le pouvoir en place, issu de la dernière élection, ni l’opinion publique notamment les usagers. Un moment, se croyant être indéboulonnable de son poste, au-dessus de toute tentative de limogeage, le désormais ex-DG de la JIRAMA finit par se faire rattraper en raison de son incompétence à redresser la Compagnie, mission principale qu’on lui avait confiée.

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