Publié dans Société

Accident d’Anjozorobe - Le procès réajourné, le chauffeur reste en détention

Publié le mardi, 16 mai 2017

Prévu se tenir  hier à la salle 2 du Palais de Justice à Anosy, le procès concernant l’effroyable accident de camion ayant coûté la vie à 47 personnes, le 28 janvier à Anjozorobe, a été repoussé pour le 13 juin prochain.  C’est le second report après celui du mois d’avril dernier. Les motifs invoqués hier et qui ont motivé la décision du Tribunal ont trait aux dossiers incomplets et à l’absence de l’avocat de la défense des intérêts d’une partie des victimes, celles venant de la Commune rurale d’Ampaneva.

Parmi les faits saillants lors de ce second procès ajourné, figure le refus par la Justice d’accorder la liberté provisoire pour le chauffeur en cause. Placé sous mandat de dépôt depuis l’accident, ce dernier a dû comparaître devant le juge au même titre que le propriétaire du poids lourd, qui a obtenu la liberté provisoire.Par ailleurs, seul le maire de la Commune d’Ambongamarina, en l’occurrence Manitrahasinarivo Andrianalinjato et un veuf éploré étaient venus à l’audience. L’édile d’Ambongamarina a espéré représenter les proches des victimes, les plaignants issus de cette localité devant la Justice, hier. Il est à noter que la majorité des passagers tués, 37 au total (contre 9 pour Ampaneva), sans oublier les 23 autres qui furent blessés, viennent tous d’Ambongamarina. « A l’explication, les dossiers seraient incomplets. L’obtention de certificat médical s’avérerait difficile », explique-t-il.
Lâchés par l’Etat et traumatisés
Au même maire d’ajouter encore que les personnes concernées éprouvent la plus grande difficulté à rejoindre la Capitale, en raison de problèmes pécuniaires. Il déplore surtout aussi le fait que ces pauvres villageois sont traumatisés ! « 7 d’entre eux paniquent vraiment à la simple vue d’un camion et jurent de ne plus jamais monter dans ce type de transport », se désole-t-il.Mais il y a une autre situation plus déplorable : le désintérêt de l’Etat malagasy à l’endroit  des survivants de l’accident. Pour les familles touchées et démunies, ce dernier a dû encore continuer à les soutenir, du moins pour les soins. Parfait, le jeune père de famille d’une trentaine d’années et qui a perdu sa femme et ses deux fillettes âgées de 2 ans et de 7 ans dans l’accident, n’a pas caché que l’Etat malagasy ne s’est plus manifesté après qu’il eut quitté l’hôpital. Or, il lui faut regagner la ville pour un contrôle médical prévu durer 6 mois.Ayant perdu un bras dans le drame, il est dans l’impossibilité de faire les travaux de champs, sa principale source de revenus. « J’ai confiance en mon avocat dans ma requête d’amendes. Pour le moment, je peine à trouver la somme nécessaire pour me rendre dans la Capitale car il me faut au minimum 10 000 ariary pour les frais et le contrôle », confie-t-il. Mais il n’est pas le seul à endurer ainsi le calvaire.Un autre chef de famille a par exemple vu les siens décimés : son épouse et ses quatre progénitures ont trouvé la mort dans le drame. De même, une mère de famille est désormais la seule à être restée en vie alors que les siens sont tous morts. Enfin, une jeune fille, aussi grièvement blessée, est maintenant orpheline.
Franck Roland

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Editorial

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