Publié dans Société

Traitement des cancers gynécologiques - Le tiers des patientes livrées à leur sort

Publié le mercredi, 21 juin 2017

Coûteux et compliqué. Le traitement du cancer du sein et celui du col de l’utérus, appelés communément cancers gynécologiques, est entièrement pris en charge par les patientes elles-mêmes, sans aucune aide de l’Etat. Pourtant, les dépenses engagées depuis les analyses jusqu’à l’hospitalisation, en passant par les divers médicaments et la chimiothérapie, coûtent dans les 2 à 3 millions d’ariary, à en croire le chef du service oncologie au sein de l’Hjra, le Dr Tovo Harivony.

« A cela s’ajoutent les 2 mois de séances de radiothérapie pour garantir la guérison, tant pour le cancer du sein que celui du col de l’utérus, dont les frais s’élèvent jusqu’à 10 millions d’ariary », souligne ce responsable. Face à ces coûts exorbitants, seules 60 à 70% des patientes de ces cancers peuvent suivre convenablement le traitement. Certaines n’arrivent même pas à le faire jusqu’au bout faute de moyens. Autrement dit, le tiers des cancéreuses, voire plus, sont perdues de vue et livrées à leur sort, sans une prise en charge « abordable ». Jusqu’à maintenant, seule une clinique privée de la Capitale dispose de l’appareil pour la radiothérapie. Pourtant, 90% des cas reviennent et s’aggravent sans cet ultime traitement.

500 à 600 nouveaux cas par an

Plus de la moitié des cas détectés auprès des centres hospitaliers concernent les cancers gynécologiques. « Depuis 2010, l’on enregistre 1 000 à 1 200 nouveaux cas de cancers par an, dont plus de 50% des patients sont des femmes atteintes du cancer du sein ou du col de l’utérus. Environ 600 patients suivent actuellement des traitements auprès de notre service », fait part le Dr Tovo Harivony. Pour le cancer du sein, la patiente doit effectuer une chirurgie, 6 à 8 séances  de chimiothérapie et un traitement de radiothérapie pour se rétablir. Une intervention chirurgicale fera pourtant l’affaire pour une patiente d’un cancer du col de l’utérus de moins de 3cm, sinon la radiothérapie s’avère indispensable pour le reste. « Le fait est que la plupart des patients ne consultent les centres de santé qu’une fois les cancers  sont au stade avancé. Cependant, la prise en charge serait facile et le coût du traitement moins onéreux s’ils y arrivent à temps », résume le Dr Willy Randriamarotia, directeur de cabinet du ministère de la Santé publique (Msp). Notons que la première consultation nationale sur les cancers gynécologiques se tient depuis hier et pendant 3 jours au Carlton Anosy. Une occasion entre les participants, y compris des experts internationaux, d’échanger leurs expériences et recommandations pour des actions coordonnées dans la lutte contre ces cancers des femmes.

Patricia Ramavonirina

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