Publié dans Société

Accident à Ankazobe - Quid de la responsabilité du drame ?

Publié le mercredi, 02 août 2017

La tragédie liée à l’accident d’autocar survenu lundi matin à Ankazobe (Rn4), alimente encore les conversations partout. Les victimes misent sur les compagnies d’assurance pour tenter d’obtenir gain de cause à la suite de la perte de leurs proches. Normalement, le conducteur devrait endosser la plus grosse part de responsabilité.
« Lors d’une courte entrevue avec lui, Elias nous a expliqué que les papiers du véhicule dont l’assurance et la visite technique, seraient en règle. Ce qui veut dire que le car est assuré », déclare Babar Milamina.

Pour le moment, on ne peut rien faire car le conducteur fait partie des personnes encore retenues à l’hôpital pour ses blessures. Cependant, l’information alléguant que son épouse et ses enfants figureraient aussi parmi les victimes, une situation qui aurait fait perdre la raison à M. Elias, n’a pas été encore confirmée. A notre interlocuteur d’ajouter que l’association scout qu’il dirige, le « Sampana Mpanazava sy Tily » serait également en règle au niveau de l’assurance.  « Pour le moment, intenter une poursuite judiciaire contre quiconque dans cette affaire, n’est pas encore à l’ordre du jour. Comme je l’ai indiqué, il faut laisser les compagnies d’assurance faire toutes les démarches nécessaires », poursuit-il.
En attendant, l’enquête afin de vérifier la véracité de ce problème de vitesse sur le « Boeing » et considéré comme ayant été à l’origine du drame, est encore en cours, l’état de santé du conducteur ne permettant pas d’entendre sa version des faits pour le moment. Des experts se sont quand même prononcés sur l’affaire. Ils redoutent une erreur humaine comme quoi le conducteur aurait agi au dernier moment pour enclencher le second rapport, alors que le moteur n’a plus suffisamment de puissance pour entraîner la masse du véhicule sur cette montée d’Ambohitromby.
A Imeritsiatosika, le « Boeing » a été confronté pour la première fois à ce problème de vitesse en gravissant une côte mais a pu encore passer. « Beaucoup de conducteurs de poids-lourds locaux ont cette fâcheuse habitude de traîner trop longtemps sur un même rapport de vitesse lors d’une montée, alors qu’il ne faudrait pas attendre que le régime du moteur montre des signes d’épuisement pour changer de vitesse ! A ce moment, il est souvent trop tard pour réagir. D’où la multiplication des drames sur nos routes », explique Liva, camionneur. Aux dernières nouvelles, quatre corps dont ceux de deux enfants, croupissent encore à la morgue de l’hôpital d’Ampefiloha. Hier, personne n’était encore venue les réclamer ou du moins les reconnaître.
Par ailleurs, 101 passagers blessés du « Boeing » ayant fait crash lundi soir sur la Rn4, ont pu désormais regagner leurs foyers respectifs après avoir reçu des soins dans ce même établissement hospitalier de la Capitale. Seuls 17 d’entre eux doivent y rester encore pour une période indéterminée et en fonction de la nature des soins. « Mardi, au moins 6 victimes ont dû passer au bloc opératoire. Parmi les concernés figurent des enfants », commente une source hospitalière. De même, la distribution de dons venant des autorités du pays et en faveur des victimes, s’est déroulée tardivement sur place, jusque dans la soirée du mardi.
Franck Roland

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