Publié dans Société

Industries - L’Etat joue au pyromane

Publié le mardi, 13 mars 2018

L’industrie poumon de l’économie. Ce leitmotiv des grands dirigeants occidentaux  et vulgarisé à outrance au temps de la révolution socialiste malagasy, est également celui du régime Rajaonarimampianina. Mais contrairement à ses prédécesseurs qui œuvraient pour la création des industries, l’Etat actuel semble faire le contraire.  Les vécus quotidiens de certaines grandes entreprises illustrent parfaitement cette manœuvre dangereuse effectuée par le régime en place. En quatre années de pouvoir, l’équipe de Rajaonarimampianina a fait plus de mal que du bien aux industries appartenant à des nationaux ou à des étrangers. La dernière en date est la misère que les responsables locaux font endurer à la société Bidco à Mahajanga.

Cette huilerie construite en 2015 et fonctionnelle deux ans plus tard appartiendrait à un investisseur indien et dans laquelle figure un de ses compatriotes « zanatany ». D’après les indiscrétions, cette société a bénéficié de l’appui financier d’une société financière internationale reconnue mondialement et fait partie du groupe Bidco Africa, représenté dans cinq pays du continent. Ce qui signifie que c’est du sérieux et que sa réalisation respecte les normes exigées au niveau mondial. Néanmoins, trois mois seulement après son ouverture, elle a été obligée par l’administration malagasy de fermer ses portes. La raison invoquée est que Bidco devrait régulariser sa situation vis-à-vis de celle-ci. Quelques mois après cette fermeture, elle était de nouveau fonctionnelle avant de connaître encore un second arrêt de production le mois de juillet 2017. Le motif est toujours le même. On se demande alors si les investisseurs sont loin d’être sérieux ou ils sont victimes de harcèlement. La question demeure toujours sans réponse mais la seule certitude c’est que Bidco est aujourd’hui contrainte de fermer ses portes, suite encore à une nouvelle décision de fermeture, décidée le mois dernier par le préfet de Mahajanga. C’est plus que certain que celui-ci ne fait qu’exécuter les ordres venus « de la Capitale » où sont basés les décideurs à savoir les ministres, le Premier ministre et le Président de la République. Qui de ces trois personnalités s’amuse à jouer sur les nerfs des investisseurs, des employés de Bidco et de la population majungaise ?... Les observateurs s’interrogent également sur la nature de cette régularisation à effectuer qui a causé cette 3ème fermeture en moins de deux ans d’existence. S’agit-il vraiment d’un problème administratif sans solution ou un autre arrangement afin de sauver les centaines d’emplois, directs et indirects, créés par Bidco dans la Région ? Les mauvaises langues parlent d’un racket à l’endroit du propriétaire ou d’un lobbying efficace perpétré par un concurrent auprès de l’Etat. Des rumeurs comme tant d’autres certes, mais quoiqu’il en soit, Bidco est en arrêt d’activité et ses employés risquent bientôt de grossir le rang des chômeurs de Mahajanga. Avant Bidco, l’industrie pharmaceutique Farmad, pour des raisons douanières, a été victime de l’administration malagasy. Pour cette dernière, les deux parties sont en pleine négociation pour trouver une solution…. Wait and see !
R.M.

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Editorial

  • Essai transformé !
    Les cent jours de la « période d’essai » de Ntsay Christian touchèrent à leur fin ce vendredi 14 septembre 2018. Nommé le 14 juin 2018, exactement trois mois et dix jours, le nouveau locataire de Mahazoarivo tenait d’une main de fer la barre du pays. Il est d’usage comme dans toute entreprise digne de l’être d’accorder un temps d’essai à un employé ou cadre nouvellement recruté au terme duquel la Direction se réserve le droit d’apprécier à sa juste valeur la nouvelle recrue pour une confirmation ou pour un simple rejet.

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