Publié dans Société

Commune urbaine d’Antananarivo - Etat chaotique de la ville et cession des biens

Publié le lundi, 13 août 2018

Déception totale. C’est le sentiment des habitants de la ville d’Antananarivo après les deux années de règne de Lalao Ravalomanana à la tête de la Mairie de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA). Ils se demandent si le « Tiako Iarivo » (J’aime Iarivo) prôné à son temps par son époux Marc Ravalomanana a été changé en « Ariako Iarivo « (J’abandonne Iarivo) par l’équipe dirigeante actuelle. « Je suis déçue et regrette amèrement d’avoir voté pour Neny à la dernière élection. Finalement, elle n’a rien fait ou peu dans l’embellissement et l’assainissement de la ville », avoue une sexagénaire, supportrice de la première heure des époux Ravalomanana. Elle révèle que son choix s’est porté sur Marc Ravalomanana en 1999 pour être le maire de la ville et sur sa femme en 2016 en espérant que celle-ci fera mieux que son mari dans tous les domaines. Elle n’est pas certainement la seule personne à avoir regretté son choix face à la situation chaotique de la Capitale de Madagascar.


A part l’Hôtel de ville et ses environs directs, tous les quartiers d’Antananarivo se trouvent dans un état lamentable. Les rues sont jonchées de nids de poule et dépourvues de marquage au sol, les charrettes à bœufs et les pousse-pousse circulent librement à toute heure, des « taxi-be » dictent leur loi de la jungle, les trottoirs sont accaparés par les marchands ou les voitures, des quartiers demeurent dans le noir absolu faute d’éclairage, sans parler des odeurs puantes, etc. En somme, le bordel règne dans les centaines de « Fokontany » qui composent la CUA. Chacun fait ce qui lui plait, et les dirigeants de la Commune restent amorphes. Pire, ils reculent dès la moindre résistance de la population en bottant en touche la continuité de l’Etat et les investissements du secteur privé. L’arrêt de l’expansion d’« Easy Park » en est la preuve, alors qu’il suffisait de trouver la solution idoine acceptée par tous et bénéfique pour les protagonistes. L’interdiction semble la meilleure solution pour les responsables à court d’idée. A part la gestion catastrophique de la ville, celle des patrimoines de la Commune laisse également dubitatifs certains. En effet, plus d’un s’interrogent sur ces terrains communaux qui du jour au lendemain sont clôturés par des particuliers. La vente en cachette du terrain où est construit le CEG d’Analamahitsy en 1998 revient à l’esprit. Certes, l’équipe de Lalao Ravalomanana n’a rien à voir avec les largesses douteuses accordées à une dame par le président du Conseil municipal de l’époque, mais plus d’un craignent que des cessions de terrains s’effectuent toujours en cachette. Sinon, comment expliquer ces clôtures en tôle et les coupures d’arbres dans ces zones qui semblent « privatisées » à Anosy et à Antaninarenina. Et dire qu’aucun avis de vente ou appel à manifestation d’intérêt, relatif à une quelconque vente de terrain de la Commune, n’a été lancé ces dernières années. Les doutes sont permis tant que ces procédures n’ont pas été respectées et que l’opacité entoure les transactions. « En principe, toute cession ou vente des biens de la Commune doit avoir l’aval du Conseil municipal, mais à ma connaissance aucun dossier de ce genre ne nous a été présenté »,  rétorque un membre du Conseil municipal qui, lui aussi, s’étonne de la transformation constatée tant à Anosy et à Antaninarenina. Mystère, mystère… Une explication venant de la CUA s’impose.
La Rédaction

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Editorial

  • Corporatisme et impunité
    Lors de la « Concertation nationale des grands responsables de la Police nationale tenue à Ivato (CCI) le 20 août 2019, le Premier ministre Ntsay Christian sort de ses gonds. D’habitude conciliant dans ses interventions publiques, le Chef du Gouvernement n’a pas pu retenir la colère face à la défense exclusive et parfois aveugle des intérêts professionnels constatée au sein de la Police nationale. Ntsay a tapé sur la table ! Il dénonce le comportement corporatiste qui frise l’impunité dans les rangs des Forces de l’ordre.Néanmoins, le scélérat geste le moins que l’on puisse dire de la Police nationale n’est seulement le fait de cette unité des Forces de l’Ordre, le regrettable comportement s’enregistre malheureusement aussi chez d’autres Corps de métier et qui s’apparente à une tendance généralisée à asseoir l’impunité en tant que système. De l’immunité parlementaire. Les largesses que la Loi fondamentale donne jouissance à un parlementaire préoccupent le citoyen…

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