Publié dans Société

Election et sécurité - Les forces de l’ordre mobilisées sur deux fronts

Publié le mercredi, 07 novembre 2018

La sécurité pendant l’élection présidentielle d’hier, était une question cruciale à une période où tous les risques de dérapage ou autres dangers liés à d’éventuelles émeutes n’étaient pas à minimiser. Il fut normal donc que les regards soient tournés sur les forces de l’ordre. Hier, elles ont dû monter sur deux fronts différents. Le premier consistait pour elles à voter, comme tous lescitoyens du pays donc ce devoir envers la nation tandis que le second, le plus important, était consacré à sécuriser le déroulement du scrutin proprement dit, y compris  dans les bureaux de vote. Ce qui fait que tous les policiers, tous les gendarmes et tous les militaires furent mobilisés selon une organisation interne respective au sein de chaque corps.

 

Pour la gendarmerie, et bien qu’aucune statistique officielle n’était sortie, quant aux effectifs de gendarmes mobilisés dans la capitale, gageons que les 15 000 gendarmes, que compte actuellement le pays, ont pu à la fois voter et assurer en même temps la sécurisation du suffrage dans les différentes circonscriptions, ou quartier. « Comme il n’y a pas de bureau de vote, ni urne dans les casernes, les gendarmes étaient allés voter soit en tenue réglementaire, soit en tenue civile dans les bureaux de vote du quartier où se trouve la caserne. Ceux qui sont consignés dans les camps se relaient pour voter. Seulement, ils ne peuvent pas s’y rendre avec une arme. Il existe déjà une organisation leur permettant de se relayer pour le service de sécurisation sur le terrain », confie le commandant Herilalatiana Andrianarijaona du service de renseignement du Toby Ratsimandrava.

Malgré donc l’obligation de chaque gendarme pour accomplir son devoir envers la nation, cela n’a pas empêché donc de constater un important déploiement  d’éléments, ou surtout de patrouilles (à pied ou motorisées) de gendarmerie à tous les coins de rue, ou encore dans les ruelles de la ville. 

 

En tenue civile

 

Même fébrilité du côté de la police nationale qui n’a pas voulu s’exprimer non plus sur les effectifs de ses éléments engagés sur le terrain, du moins dans la capitale. Tous les policiers ont pu à la fois aller voter, et ce, dans les différents quartiers correspondant aux emplacements de leurs casernes, commissariats ou autres postes, etc et surtout aussi participer activement à la sécurisation du scrutin, ou de la ville en général. A la différence de leurs homologues gendarmes, les policiers étaient  allés voter en tenue civile, hier. « Nous avons plutôt reçu la consigne d’abandonner notre tenue réglementaire pour la troquer  contre celle de civile », déclare sans ambages le commissaire Serge, du service de communication de la police nationale. La police fut particulièrement chargée de la sécurisation de tous les points de vote de la ville ainsi que du matériel. Elle a également assumé le transport des urnes et la surveillance de la ville pour bien assurer que la fermeture obligatoire  des salles de jeux ou autres débits de boisson.  Sur le plan organisationnel, une assez grande partie des 5000 policiers répartis dans quelque 100 départements différents existant dans le pays, travaillent dans la capitale. Hier, ces gardiens de la paix ont été mobilisés selon une stratégie de sécurisation commune et mixte de l’Emmo-sécurité, soit quelque 300 éléments. De plus, les 3 commissariats centraux d’Antananarivo ont leur propre stratégie pour travailler en synergie avec les unités d’intervention dont la force d’intervention (FIP), le service anti-gang (SAG), l’unité spéciale d’intervention (Usi), ou encore l’unité d’intervention rapide (UIR).

A part cette stratégie, la police a particulièrement renforcé la circulation de véhicules et de personnes dans l’agglomération tananarivienne. Idem pour  les patrouilles ou autres rondes pour accroître la vigilance.

Enfin, l’Armée a également pris part de façon non minimisante dans la sécurisation de l’élection d’hier. Généralement, les militaires ont composé les forces mixtes de l’Emmo. Mais on a pu les voir patrouiller ensemble à côté surtout des gendarmes, partout dans les rues de la capitale ou surtout devant les bureaux de vote, comme nous l’avions susmentionné. « Dans chaque caserne, il y a un système de rotation permettant à chaque soldat d’aller voter, même pour les consignés. Ils ont dû se rendre dans les bureaux de votre du quartier où se trouve leurs bases car ces dernières n’ont pas d’urnes en leur sein », assure le général Rarasoa du service de communication du ministère de la Défense nationale. Enfin, tous les soldats avaient été mobilisés, du moins dans la capitale.

Franck Roland

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Editorial

  • L’effet de domino !
    L’interception de Mbola Rajaonah, jugée rocambolesque pour certains, courageuse pour d’autres, déclencha, qu’on le veuille ou non, des ondes de choc dont les fortes vibrations vont secouer d’autres « éléments ». Bien avant, après une petite semaine de leurs installations, les nouveaux responsables mirent aux arrêts une grosse tête de l’ancien régime HVM, Hugues Ratsiferana, pris en flagrant délit de vol et un gros poisson des trafics illicites des richesses naturelles et endémiques du pays, Eddy bois de rose. Ce dernier et Mbola Rajaonah, jusque-là intouchables, mettent en péril la vie des 25 millions de Malagasy. Certes, des « criminels » de leur gabarit existent en quantité dans le pays. Il faut les traquer sans attendre ! Il y a urgence.

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