Publié dans Société

Hôpital des enfants de Tsaralalàna - Les garde-malades dorment dehors dans le froid

Publié le mardi, 04 décembre 2018

Les malades qui arrivent au Centre hospitalier universitaire (CHU) mère-enfant à Tsaralalàna sont de plus en plus nombreux. Une partie d’entre eux ne peuvent pas être reçus puisqu’apparemment, l’hôpital ne peut accueillir que peu de clients avec ses 54 lits disponibles dont 90 % sont déjà occupés. Ce problème de capacité d’accueil est causé par les travaux d’extension au sein de l’hôpital, lancés depuis 2016 et qui ne sont pas encore achevés actuellement. Ainsi, un pavillon du CHU est en pleine rénovation et ne peut pas recevoir des patients jusqu’à l’achèvement des travaux alors qu’auparavant, cet établissement hospitalier pouvait s’occuper jusqu’à 80 malades. De ce fait, qui dit beaucoup de malades dit aussi plusieurs garde-malades qui font des allers-retours à l’hôpital, jour et nuit. Pour ces derniers, les  conditions sont plus supportables dans la matinée que dans la soirée. Dès que la nuit tombe, ils devront faire face à de nombreux problèmes dont le plus grave est le fait de dormir en dehors de l’enceinte de l’hôpital. Et quand on dit

« dehors », ce n’est pas dans le couloir de la chambre où l’enfant est hospitalisé, mais c’est vraiment dehors au sens propre du terme. Selon les explications, seules les mères sont autorisées à y rester avec leurs enfants malades, ou bien les personnes qui sont en charge de ces derniers. Pour les mères de famille malades, seuls leurs maris sont autorisés à les assister. Autrement dit, une seule personne est autorisée à tenir le rôle de garde-malade. La plupart du temps, ce sont donc les pères ainsi que les autres membres de la famille qui restent dormir dehors durant la nuit.

Froid… d’heure

On peut donc observer des personnes dormant sous leurs couvertures dehors dans le froid, juste en face de l’hôpital à Tsaralalàna. Des Sdf ? Non, ils ne le sont pas… Ils viennent juste de loin, de très loin et doivent y rester dans le but de ne pas dépenser plus d’argent pour les frais de déplacement. « Ici, il n’existe aucune infrastructure destinée aux garde-malades. Ceux qui n’ont pas de voiture pour dormir doivent donc étaler leurs draps et dormir dehors avec le peu de couvertures qu’ils ont. C’est très dur mais l’on doit y faire face. On n’a pas les moyens de faire des va-et-vient car cela va encore engendrer des dépenses supplémentaires, alors que les traitements à l’hôpital coûtent déjà la peau des fesses », explique Rija, père de famille venant d’Alatsinainy Bakaro. Selon ses explications, la plupart du temps, ce sont les gens venus de loin qui rencontrent ce grave problème. « Des fois, il existe des voitures disponibles qui acceptent d’héberger les garde-malades à un prix de 25 000 ariary la nuitée. Ainsi, ceux qui ont assez d’argent font du sacrifice pour ne pas attraper froid », continue-t-il.

On imagine donc plus les malheurs qu’ils doivent subir en cette période des pluies, à part le froid et les moustiques. Des mesures devront être prises par le ministère de la Santé publique car le CHU mère-enfant à Tsaralalàna n’est pas le seul à être confronté à ce genre de problème. Les garde-malades du CHU-JRA à Ampefiloha doivent aussi dormir dans les couloirs si les jardins sont leur territoire dans la journée. La mise en place d’une infrastructure adéquate pouvant accueillir les garde-malades dans la nuit serait la meilleure prise de responsabilité, à part l’amélioration de la qualité des services à l’interne.

Tahiana Andrianiaina

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Editorial

  • Soixante-et-un ans !
    Ce jour du 14 octobre, la République Malagasy a soixante-et-un ans. En effet, le 14 octobre 1958, la République malgache est née. Une étape voulue par l'Elysée avant d'octroyer l'indépendance. Il fallait attendre deux années après (1960) pour que le Général de Gaule se décide à le faire. Le Congrès des Assemblées provinciales réuni au lycée Gallieni (Andohalo Antananarivo) approuva par 208 voix pour, zéro contre, 26 abstentions et 6 portés absents l'instauration de la République à Madagascar. Zafimahova, celui qui a présidé la séance, annonça solennellement dans un tonnerre d'applaudissements la « nouvelle » ce jour du 14 octobre 1958 à 10 h 50 tapante (source Wikipédia) tout en restant dans la grande famille de la Communauté française.  

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